Accueil / SOCIETE / INCULPÉ POUR AVOIR ASSISTÉ UN VOLEUR DANS SES FAITS Le chauffeur de taxi écope 8 ans de travaux forcés

INCULPÉ POUR AVOIR ASSISTÉ UN VOLEUR DANS SES FAITS Le chauffeur de taxi écope 8 ans de travaux forcés

La quatrième affaire jugée hier par la Cour d’assises de Dakar, était un fait de vol commis la nuit avec violences et usage d’arme et de véhicule. L’auteur du vol non identifié, son présumé complice Malick Ngom (le crime s’est déroulé dans son taxi), a été condamné à 8 ans de travaux forcés, malgré ses dénégations.

Source l’Observateur

Dans la nuit du 3 septembre 2003, vers 22H, Lo Ngana Mbaye, en compagnie de son amie Ngounda Sarr, s’est rendu à la police de Dieupeul pour y déposer une plainte pour agression. Elle leur a expliqué qu’une heure auparavant, elle a été victime d’une attaque à main armée à bord d’un taxi d’où elle a réussi à s’échapper avec l’intervention de sa copine. A l’appui de sa plainte, elle donne le numéro de la plaque d’immatriculation du taxi qu’elle avait réussi à relever. Ce qui a permis l’arrestation de deux individu Ibrahima Ly et Malick Ngom. Le premier nommé se trouve être le chauffeur suppléant du taxi et le deuxième en est le titulaire. Ibrahima Ly, le premier interpellé, était à bord du véhicule. Toutefois, il rejette toute participation à une quelconque agression. D’ailleurs, il a affirmé qu’à l’heure où la victime a déclaré avoir été agressé, il n’était pas encore entré en possession du véhicule qui était à ce moment avec Malick. Celui-ci, interrogé à son tour, affirme ne pas se souvenir de l’heure à laquelle il a remis le véhicule à son suppléant, mais qu’il était rentré tôt chez lui, parce qu’il avait, ce soir-là, des maux de ventre. Malgré leurs dénégations, ils ont été inculpés puis placés sous mandat de dépôt. Ibrahima va bénéficier du non-lieu devant le magistrat instructeur tandis que son coinculpé, lui, sera renvoyé devant la Cour d’assises pour jugement. Jugé hier, il a réitéré ses dénégations à la barre. Le chauffeur de taxi a admis avoir été condamné 8 fois dans sa jeunesse pour recel et précise que ce n’est pas pour autant qu’il est à l’origine de ce vol. Il achetait et revendait du matériel de voiture sans savoir qu’ils étaient volés. Et cela, il le faisait pour subvenir aux besoins de sa famille dont il était l’aîné. Si à l’enquête préliminaire, il avait déclaré ne pas se souvenir de l’heure où il a remis le taxi au suppléant, à la barre il a soutenu que c’était aux environs de 21 h. Par ailleurs, il a affirmé que c’était la première fois qu’il confiait sa voiture à Ibrahima bien qu’il le lui ait demandé à maintes reprises. À chaque fois, il refusait, car la propriétaire du taxi le lui interdisait. Mais, dit-il, «comme mon ventre me faisais extrêmement mal, j’ai décidé de lui remettre le véhicule. Tout en lui précisant de le ramener le lendemain matin à 7H et de me remettre au moins 2000 F pour la dépense car je n’avais plus d’argent. J’avais déjà versé la recette journalière». La victime, Lô Ngana Mbaye, présente à la barre, a expliqué dans les détails les circonstances de son agression. Dans ses propos, elle revenait de chez son amie, témoin des faits, Ngounda Sarr. Celle-ci lui a proposé de la raccompagner. Ainsi elles ont hêlé et marchandé un taxi à bord duquel elles se sont installées, Ngounda à l’avant, elle à l’arrière. Au même moment, un homme qui était accroupi, tapis dans l’ombre sous le siège du taxi, a surgi. L’inconnu, armé d’un couteau, l’a insulté avant de la tenir en respect en la menaçant avec un couteau. Puis, il la somme de lui remettre tout ce qu’elle avait. Elle lui remet son portable et sa pochette. Son amie, qui ne perdait rien de la scène, est sortie du véhicule avant d’ouvrir la porte arrière où était son amie. C’est alors là que l’assaillant l’a bousculé hors de la voiture qui a démarré en trombe et sa copine a relevé le numéro de la plaque. La victime, qui soutient avoir eu la peur de sa vie, a réclamé 500.000 à titre de dommages et intérêts L’avocat Général lui a requis 15 ans de travaux forcés, après avoir démontré que les faits reprochés à l’accusé sont constants. L’un des conseils de la défense, Me Etienne Dione, a posé le problème d’imputabilité des faits. Selon lui, il n’y a aucune preuve qui laisse supposer que son client ait pu commettre ce délit, le témoin aurait pu se tromper et donner un faux numéro de plaque si tenté est qu’elle l’ai relevé puisqu’à l’enquête, elle a affirmé que c’est Lo Ngana qui l’a relevé. Me Dione a, par ailleurs, notifié à la Cour qu’il ne pouvait pas condamner son client seulement sur la base d’un numéro. En plus, la victime ne l’a pas identifié. C’est seulement à cause de son passé pénal qu’il a été inculpé et risque d’être condamné. Une condamnation à laquelle il n’a pas échappé. Il a écopé de 8 ans de travaux forcés et devra payer 250.000 F de dommages et intérêts à la plaignante.


À voir aussi

Nécrologie : Sadio Mané en deuil !

L’information a été partagée par un des amis du joueur sur Facebook. Sadio Mané et …

Kolda : Une mystérieuse maladie décime le cheptel

Après les fortes intempéries de juin dernier qui ont décimé une partie du cheptel à Linguère, …