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Indice Mo Ibrahim 2018: Le Sénégal à la 10e place

Le Sénégal figure parmi les 10 premiers sur le classement de l’Indice Mo Ibrahim de la Gouvernance africaine (IIAG), pour l’année 2018, publié hier à Londres. Ce rapport annuel, qui classe les pays en fonction de leur développement, porte sur dix ans, de 2008 à 2017.

 Sur les 40 pays en progression en matière de Gouvernance globale au cours des dix dernières années, le rapport souligne que 18 ont pris de la vitesse ces cinq dernières années, au cours desquelles la tendance moyenne annuelle a été supérieure à celle des dix dernières années. Seulement quatre des dix pays en tête du classement en matière de Gouvernance globale en 2016 sont concernés : les Seychelles (2e), la Namibie (5e), la Tunisie (7e) et le Sénégal (10e). Ainsi les progrès enregistrés par le Sénégal relèvent majoritairement de la catégorie « développement humain ». Selon l’Indice Mo Ibrahim, le  Sénégal a gagné des points en matière de lutte contre la pauvreté, mais aussi dans le domaine de la santé. Ce dernier est, avec le Burkina Faso, l’un des deux seuls pays dont les progrès dans le domaine de la santé ont été constants durant la dernière décennie.  Le pays de la Teranga fait aussi partie, avec l’Ouganda, le Zimbabwe, le Cap-Vert et le Tchad, des cinq pays qui ont le plus progressé en matière d’accès à l’électricité.

Le bilan des dix dernières années (2007 – 2016) montre que le score moyen du continent a augmenté de +1,4 point, passant de 49,4 (sur 100,0) à 50,8, atteignant en 2016 le score le plus élevé depuis la première année de l’IIAG (2000). Cependant, si le score en matière de Gouvernance globale a progressé à une cadence annuelle moyenne de +0,16 point au cours des dix dernières années, sur la dernière partie de cette période (les cinq dernières années, 2012-2016), le rythme de progression a ralenti, avec une cadence annuelle moyenne de seulement +0,10 point. L’Indice Mo Ibrahim a été élaboré, à partir d’une centaine d’indicateurs répartis sur quatre grandes familles, à savoir sécurité et état de droit ; participation et droits de l’homme ; développement économique durable ; développement humain. En effet, il a noté la faible place du développement économique durable qui ne progresse que de 0,2% en dix ans alors que le PIB du continent est à 40%. D’après la note, les performances réalisées en matière d’environnement des entreprises à l’échelle du continent restent très limitées. L’indicateur a connu une détérioration de presque 5 points au cours de la décennie écoulée. Le Cap Vert et les Seychelles, qui sont respectivement les 6e et 5e plus petites économies d’Afrique, sont en haut de la liste en matière de Développement économique durable. Pour ce qui est de la dimension Participation et droits humains, elle  a en moyenne progressé au cours de la décennie écoulée et presque 80% des citoyens du continent vivent dans un pays où la situation s’est améliorée dans ce domaine. De façon préoccupante, l’indice  indique que l’espace civique et politique enregistre en moyenne sur le continent un rétrécissement, avec une détérioration moyenne des indicateurs mesurant la participation de la société civile, les libertés d’association et de réunion, les droits et libertés individuels et la liberté d’expression.

 

Zachari  BADJI

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