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Industries chimiques du Sénégal : Karim Wade au coeur de la crise

Le cadre était empreint d’une ‘forte’ dose d’espoir. Un soleil nouveau s’est levé, depuis hier, avec la signature de l’accord de recapitalisation des Ics, après plus de deux ans de crise sans précédent. Une crise qui a fini de révéler le rôle joué par le fils du président de la République, Karim Wade.

Source : Walfadjri
Les travailleurs n’y croyaient plus, surtout avec la crise que les Ics venaient de traverser. Une crise provoquée en grande partie par le blocage des comptes de la société, suite aux saisies effectuées par l’homme d’affaires français Jérôme Godart, dont l’ombre a plané, hier, à l’occasion du point de presse sanctionnant l’accord entre l’Etat sénégalais et Iffco. Avec le sentiment du devoir accompli, le ministre des Mines et de l’Industrie a révélé que ‘l’ami’ de Godart a mis les bouchées doubles pour que les Ics sortent de cette crise. ‘Aujourd’hui, c’est un jour de vérité. Toutes les énergies ont été mobilisées pour le règlement de cette crise. Et Karim Wade y a joué un rôle, en participant à toutes les réunions afin qu’on aboutisse à des résultats probants. En tant que financier, il n’a ménagé aucun effort pour qu’une solution durable soit trouvée’, selon Me Madické Niang.

Des propos de Me Madické Niang corroborés par le président du Conseil d’administration des Ics, l’Indien U. S. Awasthi et le directeur général interpellés en marge du point de presse. Karim Wade a joué un rôle ‘extraordinaire’ et ‘positif’ dans la recherche de solution, reconnaissent-ils. Chaque fois que c’est nécessaire, il a su trouver des solutions pour débloquer la situation. ‘Il s’est battu pour que l’entreprise soit sauvée’, déclarent Awasthi et A. Diallo.

Ils ne pensent pas que c’est après avoir reconnu sa part de responsabilité dans cette crise que Karim Wade a décidé d’apporter sa pierre pour la reconstruction de la société. ‘Lors d’un Conseil d’administration lié au déblocage des comptes, mon directeur de cabinet, qui était administrateur, m’avait rendu compte du rôle joué par Karim Wade dans ce cadre. Je lui ai transmis un message par le biais du Dg Alassane Diallo afin de le remercier de tout ce qu’il a fait pour trouver une solution pour les Ics’, souligne l’ancienne ministre de l’Industrie et de l’Artisanat, Mme Bineta Samba Bâ.

L’implication du conseil spécial du président Wade, par ailleurs président de l’Anoci dans le dossier des Ics, n’était pas un secret de polichinelle. ‘Nous savons que Karim était impliqué dans le dossier, notamment dans le contrat avec Godart. En tant que Sénégalais soucieux de l’intérêt de son pays, s’il s’engage maintenant à trouver une solution de sortie de crise, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous voulons désormais un partenariat clair et transparent avec tout le monde. Que toute initiative entreprise par Karim Wade dans le processus de sauvetage des Ics soit faite de concert avec les travailleurs. Aujourd’hui (hier) un grand pas vient d’être franchi. Il faudrait maintenant poursuivre le processus. Les travailleurs sont prêts pour cela’, soutient Cheikh Ousmane Diop, coordonnateur de l’Intersyndicale des travailleurs des Ics.

Le secrétaire général du Syndicat national des industries extractives et prospection minière des Ics n’y était pas allé avec le dos de la cuillère pour accuser le régime de l’alternance. Selon Mamadou Mbodj, la vérité des faits est toute simple : ‘C’est le gouvernement de l’alternance qui a mis les Ics à genoux. En signant avec Jérôme Godart et ses sociétés Apfc et Offnor, le régime de Me Wade a contribué à paralyser le fonctionnement normal de l’industrie. Le véritable problème des Ics est ce contrat avec Godart qui fait que nous sommes paralysés depuis un an, car nous ne parvenons pas à rentrer dans nos recettes. Jérôme Godart n’est pas tombé du ciel. Ce sont les autorités qui l’ont invité ici et lui ont fait signer le contrat avec Ousmane Ndiaye (l’ancien Dg des Ics, Ndlr) qui a été dépité par le comportement de ces autorités-là. C’est Godart qui a gelé nos recettes et paralysé le fonctionnement de l’entreprise. Voilà ce que les gens ne veulent pas qu’on dise’, pestait Mamadou Mbodj.

Jérôme Godart n’étant pas sorti de la forêt de Mbao (localité où se trouve la direction générale des Ics), il a fallu l’intermédiation des plus hautes autorités de l’Etat pour que l’homme d’affaires français entre en contact avec les Ics. En fait, tout était parti d’une des déclarations de l’Intersyndicale des travailleurs. Réunie le 16 janvier 2006, elle avait dénoncé les ‘bandes’ organisées de ‘dealers’ qui veulent aujourd’hui mettre à genoux les Ics pour leurs propres intérêts. Elle avait, par la même occasion, ‘exigé des autorités une attitude diligente en accord avec les partenaires indiens consommateurs de l’essentiel de la production des Ics, en vue d’une levée immédiate des comptes de la société bloqués par Jérôme Godart et ses acolytes’.

L’homme d’affaires français, mandataire de la société chypriote Offnor, avait réagi à cette sortie de l’Intersyndicale dont nous avions fait écho, pour rappeler que ‘c’est l’Etat sénégalais qui m’avait contacté en décembre 2004 pour aider les Ics. Après des discussions à Dakar, j’ai obtenu sur le marché financier international plus de 30 millions de dollars (près de 16 milliards 800 millions de francs Cfa) de lettres de crédits ouvertes en faveur des Ics. En retour, les contrats signés n’ont jamais été respectés par la direction des Ics. J’avais été invité pour apporter des solutions qui étaient les bonnes.

Mais aujourd’hui, tout le monde est en train de mettre la tête dans le sable pour refuser de reconnaître la réalité’. Et celui qui avait mis le loup dans la bergerie, ce n’était personne d’autre que Karim Wade lui-même.

C’est pourquoi pointé de l’index par l’Intersyndicale des travailleurs des Ics qui l’accusait d’être à l’origine du blocage des comptes de la société à Paris et New York, Jérôme Godart dégageait en touche. L’homme d’affaires français qui se présentait plutôt en victime des agissements de la direction générale des Ics, menacera même de faire un déballage.

Le conseiller spécial du président Wade s’est donc toujours mouillé pour ce dossier. N’avait-il pas effectué des déplacements en Inde pour proposer à Iffco un plan de sortie de crise. ‘Il s’est toujours battu pour que les Ics sortent de cette crise. Nous ne cessions d’entrer en contact pour qu’une solution durable soit trouvée’, a confié Dr. U. S. Awasthi qui a quitté, hier, Dakar dans la soirée.

En tout cas, la diligence dont ont fait montre les autorités a fini par payer. ‘Nous avons aujourd’hui le soutien de tout le monde, notamment du président Wade et du Premier ministre. Pour éviter que les Ics ne ferment, l’Etat a mis une garantie de 63 milliards de francs’, rappelle Me Madické Niang dont la mine était joviale hier.


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