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INERTIE DE L’AFRIQUE FACE À UN DRAME L’émigration, un fonds de commerce pour les États

  • Date: 5 décembre 2015

L’émigration, un fonds de commerce pour les États
Le Sénégal vient encore de perdre certains de ses fils partis faire fortune et qui malheureusement seront de retour dans des cercueils après un incendie dans un centre de détention en Algérie censé être un lieu de haute sécurité.
Malheureusement, nous sommes loin de l’émotion suscitée par la mort de Samba Lampsar Sarr en Russie il y a de cela quelques années tellement le fait est devenu banal. Les jours passent et nous apprenons presque quotidiennement la mort d’un ou des compatriotes dans des conditions plus que nébuleuses en Afrique et partout dans le monde.
Pendant ce temps, des centaines d’autres essaient de traverser la Méditerranée souvent dans des conditions très précaires comme les bateaux de fortune. La Mauritanie, le Maroc, la Libye, entre autres, sont des points de transit pour nombre d’Africains et surtout de Sénégalais peu fortunés mais surtout déterminés à aller en Europe. Ils passent même par la Turquie ou la Grèce, un État presque en banqueroute.
En avril dernier, ils étaient 800 à perdre la vie en mer dont un nombre important de Sénégalais dont personne ne connait le chiffre exact tellement la communication de l’État était insignifiante face à ce drame. Curieusement, les drapeaux n’avaient pas été mis en berne et aucun chef d’État africain n’a daigné réagir promptement pour des rencontres au niveau régional et africain afin d’obvier au phénomène. L’Union africaine (Ua), la Cedeao, entre autres, sont restées muettes comme si la situation était normale.
La réaction est venue de l’Union européenne (Ue) où des mesures urgentes avaient été prises comme le renforcement du contrôle en mer mais surtout la tenue de ce sommet à Malte où des mesures importantes ont été prises comme l’aide au retour des immigrés mais surtout la mise en place d’un fonds fudiciaire de 1,8 milliard d’Euros pour aider à financer des projets dans les pays de départ comme le nôtre. Ce sommet avait regroupé une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement avec une participation remarquée de la Cedeao dont le président Macky Sall assure la présidence.
Comme quoi, il a fallu que l’Europe qui n’a perdu aucun de ses fils réagisse pour qu’il y ait des échanges et des concertations sur l’immigration clandestine. D’où une interrogation qui s’impose. Les dirigeants africains ont-ils un quelconque intérêt à ce que l’immigration perdure ?
La réponse à cette question coule de source quand on connait les mannes financières énormes que les émigrés envoient dans leurs pays d’origine. Les émigrés font vivre des milliers de familles contribuant ainsi d’une manière substantielle à lutter contre la pauvreté et partant à amortir les tensions sociales et politiques. Par exemple, les émigrés sénégalais ont envoyé 643 milliards en 2011. C’est dire que, le départ de cette masse de jeunes soulage des dirigeants politiques souvent incapables de respecter leurs promesses de campagne à savoir donner de l’emploi à la jeunesse. Le président Macky Sall parlait de 500 mille emplois de la campagne, on sait ce qu’il en est aujourd’hui. Or, comme cette jeunesse est très contestataire, nombre de dirigeants africains ferment les yeux et espèrent en retour récolter les dividendes du sacrifice de ces derniers pour lesquels tous les moyens sont bons pour partir. Du coup, il y a le risque que la mort de ces centaines de candidats au départ soit perçue comme de simples effets collatéraux d’une entreprise rentable socialement, économiquement et politiquement. Au demeurant, le fond annoncé par l’Union européenne (Ue) et la satisfaction non dissimulée de nos dirigeants nous réconfortent dans cette conviction. Tout se passe comme si dans les pays de départ, souvent anciennes colonies, on pense effectivement que c’est la faute de l’Occident : pour s’être enrichi sur le dos de l’Afrique avec le commerce des esclaves et la colonisation, pour ne pas permettre la libre circulation des biens et des personnes, pour avoir permis la détérioration des termes de l’échange, pour être trop égoïstes dans le commerce mondiale, pour son arrogance avec ses richesses et ses moyens de communication qui submergent le monde entier, pour les services de la dette, etc.
À titre d’exemple, on a vu le président Abdoulaye Wade au pouvoir négocier avec l’Espagne le retour d’immigrés sénégalais à coût de milliards lesquels débarquaient à Saint-Louis avec seulement 10 mille F Cfa en poche.
L’inertie de nos dirigeants cache mal une inique stratégie qui a le double avantage de se débarrasser de bombes sociales encombrantes et d’amener le Nord à nourrir une culpabilité qui pourrait le pousser à mettre la main à la poche, comme c’est le cas à Malte.
Ce qui ne veut pas dire pour autant que rien ne se fait. Au Sénégal, le Fonds d’appui aux émigrés (Faise) a été mis en place depuis 2008 sous le magistère du même Wade. L’objectif visé est de permettre de financer les projets des émigrés qui sont de retour et dont la plupart l’ont été dans des conditions de violence physique ou morale.
Toutefois, en dehors du Frontex financé par l’Espagne, rien n’a été fondamentalement fait pour décourager les départs. Encore moins pour assurer aux Sénégalais l’assistance judiciaire dont ils ont besoin comme le recommande la convention de Genève régissant les rapports consulaires. La preuve, ils sont plus de 600 Sénégalais en détention à travers le monde. Et les 30 qui le sont en Mauritanie ne cessent de crier au secours, en vain.
Pire, les parents de ces candidats sont dans la même longueur d’onde que l’État. Chacun encourage son enfant à faire de même que le fils du voisin pour ramener des millions et permettre à sa famille de sortir de la pauvreté. Dans nos sociétés, peu de gens sont contre l’émigration.
En somme, tout se passe comme si les jeunes sont aujourd’hui pris au piège de la société et de l’État qui ne leur offrent guère le choix. Et les milliards de Malte n’y pourront rien.

Abdoulaye Diop

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