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Le Président Mbagnick Diop, prononce son mot de bienvenue

Infrastructures- Les propositions du MEDS pour une croissance rapide

Le patronat sénégalais, bref le secteur privé national, sous la houlette du Mouvement des Entreprises du Sénégal, s’est réuni hier pour se pencher sur les problématiques de l’émergence inscrites dans le PSE. ‘’Les infrastructures comme levier de développement pour le Sénégal’’ ont été au cœur des débats, à l’occasion de la 17e Session des Assises économiques du MEDS.

A la suite du ministre du Commerce, Alioune Sarr, qui a présidé les Assises économiques du Meds, Cuvée 17, le Président Mbagnick Diop, s’est félicité du choix du thème, affirmant que le gouvernement du Sénégal a fait des infrastructures, à travers le PSE, une de ses priorités et cela, à la fois dans le domaine de l’énergie, des routes, ou encore des infrastructures ferroviaires. Cependant, le président du MEDS a indiqué que la faiblesse des infrastructures dans les pays africains constitue un des principaux freins à la croissance. Pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), Mbagnick Diop exhorte les pays les plus pauvres à consacrer au moins 9% de leur PIB aux dépenses de construction, d’entretien et d’amélioration de leurs infrastructures. Citant une étude de la Banque mondiale, le président du MEDS révèle que le mauvais état des infrastructures fait perdre à l’Afrique chaque année 2% de sa croissance économique. Avec comme conséquence, dit-il, une réduction de près de 40% de sa productivité.

Toujours est-il que, selon M. Diop, les infrastructures ou équipements publics sont un facteur déterminant du développement économique national ou régional. Ce faisant, les investissements publics en infrastructures exercent un effet positif sur la croissance économique, a-t-il déclaré. Non sans souligner qu’ils contribuent à accroitre la productivité dans les secteurs d’activités marchandes, et sont économiquement rentables. Par ailleurs, nonobstant le potentiel commercial de l’Afrique de l’Ouest, celui-ci est très peu valorisé, a-t-il déploré. Pourtant, explique-t-il, trois cent millions de personnes habitent cette région riche en ressources du sol et du sous-sol, capables de soutenir l’industrialisation et le commerce. ‘’Si rien n’est fait pour lever ces contraintes, elles risquent d’affecter durablement les affaires dans la région ouest-africaine où le transport routier représente encore près de 90% des mouvements de frets et de personnes’’, avise M. Diop. Et à l’en croire, un constat s’impose: ‘’les pays qui parviennent à se doter d’infrastructures de qualité enregistrent une croissance plus rapide, plus durable et parfois même plus inclusive.’’

Ce n’est pas tout. ‘’L’essor des infrastructures est un moyen efficace de réduction des écarts d’opportunités entre les villes et les campagnes.’’ Pour preuve, a noté M. Diop, les infrastructures assument un rôle proéminent dans le processus de transformation structurelle de nos économies. En témoigne, dit-il, le Plan Sénégal Emergent, si cher au Chef de l’Etat. En termes plus clairs, les infrastructures sont au nombre des avantages comparatifs dont jouit un pays pour se positionner dans l’âpre bataille d’attractivité des investissements, étrangers notamment, a-t-il fait savoir. Et pour résorber le déficit d’infrastructures, le MEDS préconise des investissements structurants dans ce secteur en favorisant les interconnexions devant relier les capitales à l’hinterland et les pays côtiers aux pays sans littoral. Ainsi, va-t-on vers un modèle dans lequel la croissance est tirée par les infrastructures. Toutefois, reconnait M. Diop, le Sénégal, sans conteste, sous l’impulsion du Président Macky Sall, s’ouvre à l’émergence par un agrégat de facteurs.

Quid des financements, le délai d’exécution ?

Mais pour construire des infrastructures, il faut trouver des financements qui, selon le président du MEDS, demeurent ‘’un enjeu majeur pour des pays comme le Sénégal où d’un côté les besoins en infrastructures grandissent au rythme de l’augmentation rapide de la population, notamment citadine, et de l’autre côté, les budgets des Etats font face à la taille réduite des assiettes fiscales. Quid des contraintes imposées par le FMI, ou encore les fortes ressources allouées aux dépenses au détriment des investissements ? Une fois ces infrastructures financées, le Sénégal fait face à un autre défi. Il s’agit selon le patron du MEDS, ‘’le délai d’exécution.’’ ‘’Ce critère est crucial car il permet les retours sur investissements attendus de se matérialiser rapidement, mais aussi il a un impact très important sur le coût final des projets, qui peut aller du simple au double selon la durée réelle des projets’’, a-t-il soutenu. A ce défi s’ajoute l’implication du privé dans les projets d’infrastructures.

L’implication du Privé dans les projets d’infrastructures

Comment faire participer le tissu local aux projets d’infrastructures structurants du Sénégal, tout en offrant des garanties au niveau de la qualité du service rendu ? Le président du Meds invite l’Etat et le secteur privé à trouver des plages de convergence afin de lever les obstacles au financement et à la réalisation de ces infrastructures indispensables à l’émergence du Sénégal. ‘’L’extension des infrastructures aux régions périphériques démontre le souci des pouvoirs publics d’uniformiser les étapes de progression économique vers plus de convergence’’, constate-t-il. Et cela ne peut réussir qu’avec la participation du secteur privé, a-t-il fait savoir, avant de s’interroger sur la répartition des effets de richesse de la croissance économique au sein du secteur privé national, c’est-à-dire entre les acteurs privés locaux et les acteurs privés étrangers. Ainsi constate-t-il, pour le déplorer, la grande faiblesse des revenus au niveau du secteur privé local. ‘’Ce qui place nos entrepreneurs locaux en déphasage avec leurs homologues de l’extérieur’’, a souligné M Diop. Dès lors, il invite l’Etat du Sénégal à combler ce le gap, compte tenu des énormes opportunités offertes actuellement par notre économie au privé sénégalais.

Le Livre blanc du Meds publié le 05 octobre et remis aujourd’hui officiellement au PM

La 17e Session des Assises a servi de tribune à M Mbagnick Diop d’annoncer la publication officielle du Livre blanc du Mouvement des Entreprises du Sénégal. Ce livre intitulé « Pour une nouvelle trajectoire du Secteur privé national », sera publié le 5 octobre 2017. Le Livre sera remis aujourd’hui officiellement au PM, à 12 heures à la Primature, a annoncé M Diop. Dans ce livre, les entrepreneurs tentent de rapprocher la stratégie du secteur privé sénégalais au Programme économique et social du gouvernement. Le président du Meds a également rendu un hommage appuyé, sincère et profond à un grand homme, un grand bâtisseur, un capitaine d’entreprise … Aliou Ardo Sadio SOW, dont la disparition a plongé le Sénégal, toute la communauté africaine, dans une profonde tristesse et singulièrement le Secteur Privé National.

Mouhamadou BA

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