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Inquiet de la situation économique du Sénégal, le Fmi envoie une importante mission à Dakar

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) négocie jusqu’au 26 juillet un important programme avec le Sénégal, à la recherche d’un nouveau souffle après un sévère « trou d’air » en 2006, la croissance économique étant brutalement passée de 5,5% à 2,1%.
Cette mission, qui débute jeudi, « est importante car le Sénégal pourrait être le premier pays francophone à signer le programme ISPE qui donne un signal fort de bonne gestion macro-économique », a indiqué à l’AFP le représentant à Dakar du FMI Alex Segura.
L’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) est un programme sans aide financière qui doit notamment permettre la diffusion régulière de bilans de la politique économique du pays signataire et donner des signaux clairs sur l’efficacité de ces politiques.

La signature d’un tel programme permettrait au Sénégal d’attirer davantage d’investissements étrangers et d’aides internationales en fournissant un « brevet » de bonne gestion. Seuls trois pays ont déjà signé ce type de programme avec le FMI, depuis son lancement en 2005: Nigeria, Ouganda et Cap Vert. « Si on signe le programme, on dira alors que l’année 2006 a été un accident et que le gouvernement s’est engagé à redresser la situation », notamment pour une plus grande efficacité et transparence ainsi qu’un environnement des affaires plus attractif, a souligné le responsable du FMI.

En juin 2006, une mission du FMI avait déjà séjourné au Sénégal pour négocier ce programme, sans toutefois trouver un terrain d’entente avec le gouvernement. Le Sénégal, qui faisait jusqu’alors figure de vitrine de la démocratie en Afrique, a vu sa réputation quelque peu altérée ces derniers mois à la suite du boycottage des élections législatives de juin par les principaux partis de l’opposition. Ces derniers ont demandé en vain des garanties de transparence après le scrutin présidentiel du 25 février, remporté dès le premier tour par Abdoulaye Wade, 81 ans, au pouvoir depuis 2000. Cette réélection avait été vivement contestée par l’opposition qui a dénoncé des fraudes.

Depuis lors, le pouvoir et l’opposition ne dialoguent pas, malgré les appels de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne.

Un éventuel échec de la mission du FMI enverrait alors un nouveau signal négatif aux bailleurs de fonds, particulièrement mal venu après une croissance en berne en 2006. Selon les chiffres du FMI, le déficit budgétaire a presque doublé, passant de 3% du PIB en 2005 à quasiment 6% en 2006. Et en 2007, sans mesures d’ajustement, il pourrait atteindre les 8%. L’objectif du Fonds est d’arriver à moyen terme à 4% du PIB.

Ces contre-performances sont la conséquence d’une augmentation de la masse salariale, passée de 5,1% du PIB en 2004 à 6% en 2006 et qui pourrait atteindre 6,5% en 2007. Entre 2003 et 2006, 15.000 nouveaux agents ont été recrutés, faisant passer le nombre de fonctionnaires à 81.000.

Le « trou d’air » de 2006 s’explique également par des subventions au secteur de l’énergie, qui sont passées de 3,5% du PIB dans les années 2003-5 à 6,5% en 2006, et une forte augmentation des dépenses d’investissement sur ressources internes (7% du PIB en 2006 contre 4,8% en 2003).

Mais le FMI est relativement optimiste pour 2007, tablant sur une croissance de 5,1%, en raison notamment de la reprise de l’activité des Industries chimiques du Sénégal (ICS), dont l’arrêt pendant huit mois en 2006 a coûté entre 1 point et 1,5 point de croissance au pays. L’endettement des ICS, importante société de produits azotés et d’engrais et un des principaux employeurs du pays, dépassait fin 2006 plus de 200 milliards de FCFA (304 millions d’euros). Elle attend d’être recapitalisée par une société indienne.


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