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INQUIETUDE SUR LE PROCESSUS ELECTORAL L’opposition est-elle paranoïaque ou réaliste ?

L’opposition réunie au sein de Manko Wattu Senegaal, ne cesse de le dire et de le répéter, il faut dessaisir Abdoulaye Daouda Diallo de l’organisation des élections au nom de l’exigence de consensus  entre pouvoir et majorité.

Dans la lettre envoyée au Chef de l’Etat ce mercredi, elle se dit convaincue que « Dans un système où les soupçons de fraude sont permanents et le consensus fragile, entraînant l’instauration d’organes de régulation, de supervision ou de contrôle avec la participation d’observateurs étrangers, il ne fait aucun doute que l’organisation des élections par une personnalité consensuelle peut constituer une garantie assurant davantage de transparence pour rassurer et éviter les tensions ».
En clair, Abdoulaye Daouda Diallo dérange en sa qualité de Monsieur-Elections. Il l’est d’autant plus qu’il est l’artisan de la répression de la marche de l’opposition de ces derniers jours après un désaccord sur l’itinéraire à prendre.
L’opposition reste convaincue que le Ministre de l’Intérieur est un « Goebbels » de Macky, pour faire allusion à ce collaborateur de Hitler qui aurait dit qu’il n’avait pas de conscience et que c’est son leader qui est sa conscience.

Manko ne doute pas du fait que le Ministre fera tout ce que lui demandera le Président et que pis, il serait prêt à tout faire pour que son mentor ne perde pas le scrutin.

C’est pourquoi, une suspicion longtemps entretenue pèse sur lui comme du temps de Ousmane Ngom qui, lui aussi, n’inspirait guère confiance à l’opposition d’alors qui est au pouvoir aujourd’hui.
Comme quoi, la bataille sur la fiabilité du fichier et du processus électoral dans son ensemble a été une vieille doléance de toutes les oppositions au Sénégal.

L’argumentaire est resté le même : Il s’agit d’alerter l’opinion et la communauté internationale sur la possibilité qu’il y ait des fraudes. A ce propos, non seulement le mode de révision est souvent indexé, mais la personnalité de celui qui est en charge du processus est le plus souvent sujette à caution.

Malgré ces appréhensions, il y a eu deux alternances, même si la première, sous Diouf, l’a été avec un Ministre de l’Intérieur neutre.

Sans nier la possibilité qu’il y ait des fraudes et que même certains individus soient enclins à y recourir, nous estimons avoir un fichier électoral assez fiable et un processus bien rôdé et qui, déjà, a permis la défaite de la coalition au pouvoir lors du référendum dans des localités clefs comme Dakar, Thiès, Touba, etc.

Bien sûr, le problème découle davantage de la carte d’identité biométrique Cedeao et surtout du moment choisi pour le processus de mise en œuvre.

A ce propos, l’Etat doit davantage faire des efforts pour permettre aux citoyens d’acquérir gratuitement cette carte avant la date échue.

Il faudrait également que le calendrier électoral soit respecté comme l’Etat l’a promis devant les représentants de l’Union européenne, entre autres doléances de l’opposition, comme l’accessibilité à la Rts qui est un droit.
Mais, tout cela ne signifie nullement que le processus a été biaisé.

Au demeurant, le Président Sall peut décider de nommer un Ministre neutre chargé des élections, comme le président Wade l’avait une fois fait, mais le cas Ousmane Ngom a suffisamment montré que l’on peut organiser des élections et les perdre même si l’on est très attaché à son leader.

Le président de la République peut, toutefois, dans un souci de consensus, décider de laisser Abdoulaye Daouda Diallo ne s’occuper que de l’Intérieur où il a fort à faire.

Il est en effet toujours préférable de lever toute équivoque quant à la transparence qui s’attache au processus électoral. Car, en Afrique, la plupart des conflits naissent au lendemain des élections.
En tout état de cause, il sera difficile, au Sénégal de procéder à des fraudes compte tenu de la présence des représentants des partis, de la Cena et des observateurs étrangers dans les bureaux de vote. Mieux, la presse qui participe à la transmission des résultats joue souvent sa partition pour rendre le scrutin transparent, aidée en cela par une administration très expérimentée.

Assane Samb

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