29 août, 2014
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Insécurité dans la Banlieue- Chômage et pauvreté au banc des accusés

Insécurité dans la Banlieue- Chômage et pauvreté au banc des accusés

Le taux de chômage en banlieue atteint des proportions inquiétantes. Lesquelles ont pour nom vols et agressions. «Rewmi Quotidien» est descendu dans ce fatras fétide, histoire de tâter le pouls des populations. Reportage.

Le cas d’agression signalé dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, à Béne Baraque, pousse à fourrer le nez dans la plaie. Moussa Diop, boutiquier de son état, narre que des hommes armés ont dévalisé son magasin, il y a deux mois. Au moment des faits, il y était endormi, quand les bandits ont fait irruption, aux environs de 22 heures. «J’ai soudain été entouré d’hommes armés qui m’ont intimé l’ordre de rester couché. Ils eurent ainsi la latitude de prendre sacs de riz, bidons d’huile, paquets de sucre et autres vivres qu’ils ont chargés dans une camionnette, camouflée au dehors. Ils ont aussi emporté 2.500.000 francs soustraits de la caisse», confie, encore désemparé le sieur Diop qui dira avoir contacté ses voisins, sitôt les voleurs partis. Depuis, il dit avoir tout raconté à la police qui a entamé ses investigations, multipliant les efforts pour mettre la main sur les auteurs du forfait. Les autorités, interrogées par rapport à cette situation, ont déclaré que ces cas de vols, braquages et autres agressions qui font foison au Sénégal, particulièrement, en banlieue, sont liés à un fort taux de chômage. La population constitue donc une cible, quand elle porte ou stocke de grosses sommes d’argent dans des boutiques, magasins ou autres endroits de vente. Un officier de police, qui a requis l’anonymat, a même affirmé que les agressions sont devenues journalières.

Chiffres effarants

Il affirme que le nombre d’incidents a augmenté, ce qu’il lie directement au fort taux de chômage des jeunes. D’après les statistiques, mentionnées dans un rapport mis à notre disposition par un spécialiste, «38% de la population sénégalaise dont la majeure partie vit en banlieue, est sans emploi. Et que 70% sont sous-employés». Pis, une étude sur le chômage pour l’année 2012 et 2013, a fait état que «13% des jeunes de 15 à 35 ans étaient sans emplois, et plus de 70% de cette tranche d’âge en situation de sous-emploi, vivant au niveau de certaines localités comme Thiaroye, Gazon, Béne Baraque, Yeumbeul, Guédiawaye, Diamegueune, Sicap Mbao, Keur Massar, Malika et autres. Un professeur officiant au lycée Limamou Laye de Guédiawaye, précisera que «quand les conditions sociales se dégradent, la criminalité augmente». Aussi, les spécialistes de la criminalité urbaine au niveau de la police, rappellent-ils que les populations qui choisissent de garder leur argent sur eux, dans leurs boutiques ou dans leurs maisons constituent des cibles faciles pour les malfrats. Un banlieusard de témoigner : «Un homme d’affaires qui faisait des courses en compagnie de son chauffeur, avec, par devers lui, plus de 5 millions de francs, s’est vu pris pour cible sur la route par un groupe de malfrats qui l’a dépouillé et malmené. Cette scène cocasse et insolite s’est passée il y a moins de 6 mois». Une situation unanimement décriée par les autorités, notables et autres spécialistes, selon qui, vaincre la criminalité passe par l’éradication du chômage et de la pauvreté.

Sada MBODJ