SOCIETE

INSÉCURITÉ PERMANENTE DANS LA BANLIEUE DAKAROISE- Les populations crient leur ras-le-bol

  • Date: 16 novembre 2015

La recrudescence des agressions et des meurtres soulève l’ire des populations. Il est impossible de rester une semaine sans enregistrer des cas d’agression, de meurtre au niveau des localités comme Keur Massar, Thiaroye, Yeumbeul, Gadaye, Wakhinan Nimzath, Tivaoune Peulh, Gounass et Bagdad. Une situation qui inquiète de plus en plus les habitants de ces différentes localités. Pourtant, des appels au secours sont lancés à l’endroit des

autorités pour solutionner le problème, en vain. Au cours de notre reportage, certaines personnes rencontrées n’ont pas manqué de lancer des cris de cœur face à la recrudescence de la violence qui sévit dans ces zones de la banlieue dakaroise.

Malgré les efforts des forces de sécurité pour circonscrire le phénomène avec des opérations de patrouille pour traquer ces délinquants et autres malfrats, le fléau demeure toujours préoccupant. « Les maisons abandonnées par leurs propriétaires à cause des inondations sont à l’origine des agressions multiples dont les populations sont victimes. Les malfrats squattent ces bâtiments abandonnés qui leur servent de refuge », souligne ce délégué de quartier. Pour rappel, une marche a été organisée, il y a quelque temps,  par les habitants de Bagdad, pour dénoncer  l’insécurité qui règne dans la banlieue, marquée ces derniers jours par des tueries sauvages. Selon toujours le délégué de quartier, « la marche qui avait été organisée, il y a près d’un mois, vise à demander aux autorités de prendre des dispositions pour assurer la sécurité des populations ».

Interrogée sur l’insécurité qui règne dans la banlieue, Néné Dieng une dame rencontrée à Keur Massar se confie : « Les populations veulent plus de sécurité. Keur Massar a peur. Ici, ce sont les femmes qui sont tabassées vers 5 heures du
matin lorsqu’elles se rendent au travail. Leur argent et leurs
portables sont chipés par des malfrats ». Et de poursuivre : « L’installation des commissariats et des brigades au  niveau des localités les plus reculées, peut diminuer la recrudescence des agressions et des vols dont les paisibles citoyens innocents sont victimes, surtout en banlieue où l’accès dans certains endroits par les forces de l’ordre est difficile à cause de l’étroitesse des rues ».

Moussa Sy habite à Guédiawaye, plus précisément à Wakinan Nimzath où un jeune garçon a été mortellement poignardé il y a quelques jours. Selon lui, « les personnes sont tuées comme des mouches. Et personne ne dit rien face à cette situation. Le dernier cas date de la semaine dernière où un jeune, répondant au nom de J. Mendy avait été poignardé à mort par un jeune délinquant qui se trouve actuellement entre les mains de la justice. C’était au cours d’une bagarre. Des agressions du genre, sont monnaie courante dans la banlieue ».

Même les taximen  ne sont pas épargnés. Khaly Niang qui est un conducteur de taxi, témoigne qu’il  a croisé un jour des agresseurs, armés et qui l’ont trouvé dans sa voiture après l’avoir arrêté. Ils lui ont vidé les poches emportant avec eux toute sa recette journalière. Il n’a pas daigné riposter de peur de perdre sa vie. Une situation qui témoigne que la sécurité fait partie de la
demande sociale.

À Gadaye, les agresseurs disparaissent dans les filaos, après leurs forfaits. À Yeumbeul Nord et Sud, ce sont des boutiques qui sont dévalisées en pleine nuit. Les portes des maisons sont également défoncées. Des matériels électroniques emportés. Les victimes qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, déposent toujours des plaintes contre x, qui sont sans suite pour certaines. À Gounass, personne ne sort à partir de 20 heures pour aller à la boutique ou pour vaguer à ses occupations au risque de croiser des agresseurs. Iba Sow, habitant de « Jaxaay », souligne que, « la persistance des tueries, des vols et des agressions, hante le sommeil des habitants de la banlieue depuis des mois. Cette insécurité est liée à l’insuffisance de l’éclairage public dans les quartiers enclavés comme Tivaoune Peul et Gounass ».

Il faut souligner que ce débat sur les agressions et les
tueries qui avaient été constatés de part et d’autre, ces derniers
temps à Dakar et sa banlieue, étaient à l’origine de la sortie de
beaucoup de personnes qui réclamaient le retour de la loi sur la peine de mort. D’après un commissaire de police que nous avons
interrogé par apport aux doléances des populations sur l’insécurité, « des efforts sont en train d’être faits au niveau local, en vue de sécuriser les personnes et leurs biens. Il se trouve que personne ne peut tout faire même dans les pays les plus développés dans le monde, il existe encore des violences. La police est partout pour veiller au grain. Les populations doivent dormir comme il faut car les autorités ne sont là que pour les assister dans tous les domaines », déclare-t-il.

Un citoyen qui nous avons rencontré et qui a préféré garder l’anonymat donne son avis sur la question. « La prolifération des bars clandestins dans certaines zones de la banlieue contribue à l’insécurité dont les populations sont confrontées. Les bars peuvent également favoriser l’utilisation de la drogue  qui est le pire ennemi de la lucidité et dont la lutte demeure une priorité pour le Gouvernement du Sénégal. À cause des bars et du bruit  que font les consommateurs, les populations peinent à dormir tranquillement la nuit. L’alcool est un produit dont l’abus est dangereux pour la santé. Donc, il faut le consommer avec modération car ceci détourne la conscience de la personne qui la consomme et qui peut finir par devenir un agresseur ou un voleur », nous dit notre interlocuteur.

Malgré tous ces cas notés çà et là, les autorités sont à pied d’œuvre pour éradiquer le fléau à travers l’installation des postes de police de proximité, la création de l’Agence de sécurité de proximité, le renforcement des moyens des forces de sécurité pour veiller sur les personnes et leurs biens, particulièrement les habitants de la banlieue qui sont les principales victimes de l’insécurité.
Sada Mbodj

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