Accueil / ECONOMIE / Interdiction des sachets plastiques- Les femmes « gorgorlu » dans le désarroi

Interdiction des sachets plastiques- Les femmes « gorgorlu » dans le désarroi

 L’interdiction d’importer voire utiliser les sachets plastiques ne vient pas à son heure. Les commerçants sénégalais en ont profité pour faire flamber les prix. Les femmes «gorgorlu», ne sachant pas à quel saint se vouer, demandent aux autorités de surseoir à la mesure en attendant de trouver d’autres alternatives. En effet, ces dernières s’activent pleinement dans la vente de sachets d’eau, de crèmes glacées, entre autres.

Le Sénégal ne veut plus de sachets plastiques qui constituent une véritable menace pour l’environnement. Cette interdiction des autorités n’est pas tombée à la bonne heure. En effet, beaucoup, voire des millions de consommateurs utilisent les sachets noirs, jaunes, blancs, bref de tous les coloris pour de multiples raisons. Il y a des années, ce sont les rebus de journaux, les vieux cahiers et livres, les sachets de farine, de ciment, qui étaient les plus utilisés pour envelopper friandises, produits de consommation, couscous, etc. Les fameuses « belbastik » étaient vendues en bâtonnets, dans des bacs à glaçon, avec juste une palette. C’était une affaire de quelques minutes avant que cela ne fonde. Des bâtonnets que l’on taillait dans de vieilles caisses de fruits.

Mais le Sénégal a vite basculé à l’ère du plastique. Les vieilles et bonnes habitudes ont changé. Les Politiques d’ajustements structurels (Pas) sont intervenues, pour mettre dans le panier de la pauvreté, beaucoup de foyers. Le commerce de la glace et de crèmes glacées est devenu alors une aubaine pour certains ménages.

Dans les marchés, c’est la croix et la bannière. Les vendeuses de poissons installées dans différents marchés de la capitale ont trouvé la bonne astuce. Ce sont les clientes qui déboursent pour mettre les produits achetés dans des sachets. À défaut, elles demandent à ces dernières de venir faire leur marché, avec des seaux, calebasses ou paniers, sans état d’âme. Comme si le sachet était devenu à risque. Et les pauvres ménagères de se lamenter. Comme cette vendeuse de glace qui achète aujourd’hui le paquet à 450 francs pour revendre juste à 100 francs l’unité. Peut-on, aujourd’hui, du jour au lendemain, interdire les sachets. Et de confesser que beaucoup de commerçants ont profité de cet état de fait pour surenchérir la marchandise.

Au Sénégal, les femmes « gorgorlu » n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. Que faire si l’on doit trouver la dépense quotidienne. Les vendeuses de crèmes glacées sont dans la même galère. Les produits bien de chez nous, transformés en sirop et conditionnés ne seront pus rafraichissements pour les enfants à la sortie de l’école et pour les sportifs du dimanche qui n’ont pas les boissons isotoniques pour se désaltérer.  C’était le petit sachet de « bouye, bissap », menthe, lait bien agrémenté et vendu à  la sauvette, ou dans de grands plats. Des bénéfices substantiels pour des ménages souvent très éprouvés.

Il faut dire que certains gros commerçants avaient vite flairé l’affaire. Actifs dans la confiserie, les glaces de luxe, entre autres, la solution a été vite trouvée. Juste du papier doux pour les marchandises. Par ailleurs, les pharmacies, les boutiques comme Total ne se sont pas fait prier. Mais ceux-là, c’est la haute bourgeoisie. Qui dire alors du Sénégalais lambda qui avec la recette quotidienne, paie son « yabooy », son oseille pour un plat rapide, sans frais. Et il en est ainsi pour des millions de familles.

Ndèye Diaw

À voir aussi

Secteurs secondaire et tertiaire La concurrence déloyale en baisse de 15%

Les secteurs secondaire et tertiaire restent toujours confrontés à des difficultés, selon les industriels, malgré …

Réseau routier national Près de 1300 milliards de FCFA investis en 5 ans 

Le Premier ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, a fait savoir  qu’entre 2012 et 2017, plus …