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INTERDICTION DU KANKOURANG-LES VERITABLES RAISONS D’UN CLASH

Le Préfet a pris un arrêté interdisant toute sortie du Kankourang dans la commune de Mbour, car cela pourrait engendrer des troubles à l’ordre public. Depuis l’année dernière, la communauté mandingue est divisée à cause de la création d’une 6ième cellule. Malgré la médiation menée par le maire de la ville, la tension est encore vive.

Le Préfet du département de Mbour a interdit la sortie du Kankourang dans la commune, car il craint des troubles à l’ordre à l’ordre public. Une décision que beaucoup de Mbourois jugent courageuse à cause du climat délétère qui règne à dans la capitale de la Petite côte depuis l’approche du septembre Mandingue.

Pas de consensus, pas de sortie de Kankourang. Et le préfet Saèr Ndao est ferme làdessus. Un arrêté est sorti et la loi s’appliquera contre toute personne qui osera l’enfreindre. D’ailleurs, pour parer à toute éventualité, plus de 100 éléments du groupement mobile d’intervention mobile (Gmi) sont appelés en renfort. En alerte maximale depuis samedi, ces éléments veillent au grain et sont prêts à agir à tout moment. En face de la mairie et à quelques jets de pierre du commissariat central, une partie de la collectivité mandingue, composée de centaines de jeunes attendent un mot d’ordre. Cependant, ce clash au sein de la communauté mandingue s’explique par plusieurs raisons. Pour la plupart des interlocuteurs, c’est un business pour certaines personnes qui forment un cercle fermé et qui gèrent tous les deniers de la collectivité sans rendre compte à personne. Mais les sages jouent à l’apaisement.

Pour l’aile dure des 5 cellules de la collectivité, «Pa Cissé (le responsable de la 6ième cellule) ne sortira pas un Kankourang cette année. «Et c’est au prix de notre vie que nous faisons cette promesse. Il n’a qu’à venir se joindre à nous, c’est mieux pour lui», vocifèrent ces jeunes très en colère. Cependant, le collectif avait déjà jeté les dés lors du Cdd qui s’est tenu la semaine dernière en précisant que les 5 cellules que sont Woyinka, Tiocé est, Tiocé ouest, Diamaguène et Santéssou sont les seules cellules représentatives de la communauté mandingue.

Seulement, El hadj Ibrahima Cissé qui est le représentant de la collectivité mandingue dans l’association nationale des oulémas mandingue n’est pas «Pa Sokhna » (allusion au vieux Sokhna qui avait été attaqué par les membres de la collectivité après qu’il avait tenté de créer une cellule).

CISSE LE REDOUTABLE MYSTIQUE

El hadj Ibrahima Cissé est une véritable psychose pour les membres de la collectivité mandingue. En plus d’être mandingue et d’avoir le droit de jouir de sa culture comme l’y autorise la loi, ses pouvoirs mystiques sont craints. Il a la capacité à faire sortir des abeilles contre les fauteurs de troubles quand il le souhaite.
Dans les quartiers des Socés, certains vieux disent que Cissé s’est assagi avec l’âge. Car lorsqu’il était jeune quand un ami lui rendait visite, il lui proposait de lui montrer un Djinn et si celui ci est d’accord il le faisait. La preuve l’année dernière, certains notables, qui étaient allés lui demander de se plier à la décision de l’autre camp, sont tous tombés malades. Cissé qui est à la tête de la 6 ème cellule du quartier ONCAD est un érudit.

UNE AFFAIRE D E SOUS A L’ORIGINE

C’est devenu un secret de polichinelle. Dans l’administration et dans toute la ville, les gens accusent les membres de la collectivité mandingue de se sucrer avec l’argent du Kankourang. Selon un membre du collectif, chaque année l’Etat donne une subvention de 5 millions de francs et l’écrasante majorité des circoncis participent à hauteur 50.000 Fcfa par personne et chaque selbé donne 7.000 Fcfa. Pis, les bonnes volontés et les autorités y vont de leur poche sans tenir compte des repas apportés par les familles. En dépit de cet argent, aucun bilan n’est fait pour connaître les dépenses. Devant cette situation, de nombreuses personnes proposent la tenue d’un atelier de plusieurs jours regroupant toutes les composantes de la collectivité mandingue pour statuer sur le septembre Mandingue. Parce que c’est l’activité phare de la commune qui influe beaucoup sur l’économie de la ville. Durant cette période, Mbour est la destination principale de personnes venant de divers horizons.

L’As

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REUTERS/ Thierry Gouegnon

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