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INTERPRETATION PARTISANE DE L’OBLIGATION DE DISCRETION Le fonctionnaire désormais « interdit » d’opposition

Le cas Ousmane Sonko pose le débat de l’engagement du fonctionnaire en politique. En sa qualité d’agent de l’Etat, et astreint à une obligation de discrétion comme le stipule l’article 14 de la loi 61-33 du 15 juin 1961, il lui sera désormais difficile voire impossible de porter les habits d’opposant. L’interprétation qui vient d’en faire les autorités s’inscrit dans cette logique.

C’est dire qu’il ne doit pas émettre une opinion ou évoquer des documents ou faits ayant trait à son travail. Et comme il est chimérique de dissocier l’homme de ses activités professionnelles, il sera difficile voire impossibles aux fonctionnaires surtout ceux qui détiennent un certain nombre de responsabilités de se livrer à une activité politique d’opposant. Car, c’est là où il y a le problème.

Car, tant que l’agent public est en phase avec l’Etat, même s’il fait preuve d’excès de zèle dans ses activités politiques, il ne sera point inquiété.

C’est dans l’opposition que ces agents courent le risque de subir la foudre de l’Etat comme c’est le cas d’Ousmane Sonko dont les sorties n’ont pas plus. Même s’il peut se targuer d’être un leader politique, cela n’y changera pas grand-chose.

A contrario, s’il s’ était mis à révéler des secrets professionnels avantageux à l’Etat et au régime en place, nous sommes presque sûr qu’il aurait même reçu des félicitations. S’il était un Directeur d’agence, de services publics engagés dans la défense de la ligne politique du Président de la République en fonction, ses allégations seraient accueillies avec joie.

Donc, c’est dire que l’obligation de discrétion n’est invoquée que si les autorités se sentent lésées par les révélations en questions. Or, le préjudicie, ici, n’est pas forcément attribué à l’Etat mais plutôt au leader politique qui l’incarne surtout dans la perspective de sa réélection. Si l’on sent que l’homme qui fait les attaques, fut-il un leader de parti est un agent de l’administration, c’est à ce moment que son statut commencera à poser problème.

C’est pourquoi nous pensons que la révocation de Sonko est un recul. Le grand public a rarement assisté à cette entreprise de liquidation d’hommes politiques en visant son statut. De part le passé, Landing Savané, l’un des plus grands détracteurs du Président Diouf travaillait pourtant en tant que haut fonctionnaire à la Direction de la Statistique. Et les exemples font légion.
Certes, ceux qui avaient étudié dans les pays de l’Est ont toujours eu du mal à s’insérer dans l’administration, mais les Sénégalais attendaient de vraies ruptures gages d’avancées démocratiques et non de recul.
Si le Macky peut se targuer d’être un président fruit de l’indépendance, d’être un pur produit de l’école sénégalaise, d’être l’un des Présidents le mieux élu du Sénégal, il n’avait pas le droit de décevoir.

Amnesty International a parlé de « dérives » analysant le cas Sonko et ce n’est pas à prendre avec légèreté.

L’histoire risque de retenir que sous le magistère du Président Sall, les medias publics étaient aux ordres, les manifestations interdites et des opposants cassés. Et ce serait dommage.
C’est dire qu’il est grand temps pour Macky de prendre de la hauteur et de se hisser au dessus de la mêlée. On l’attend dans la réflexion, les stratégies et les orientations pour sortir le Sénégal de la pauvreté, du mal être, de la mal gouvernance, des contre-performances sportives, etc.

On n’attend pas le Président sur le terrain de la guerre politique permanente mais dans les débats de fond, la générosité, la rigueur, la compétence, etc.

Malheureusement, les cas Abdoul Mbaye avec son dossier judiciaire, Sonko avec sa radiation et Idrissa Seck avec le dossier des chantiers de Thiès qui a failli être réactivé, nous nous rendons compte que ceux qui nous gouvernent ne sont pas prêts à accepter la contradiction, la critique, en somme, l’opposition.

Assane Samb

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