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Interview : Ce que doit faire Tyson s’il veut que sa sanction soit levée

De grands champions de lutte comme Mor Fadam, Moustapha Guèye, Bombardier et autres ont été sanctionnés lourdement par le passé. Ils ont accepté la sentence avec sportivité et ont eu la démarche qu’il fallait. C’est-à-dire reconnaître leur faute et demander ensuite une révision de leur peine. Et ils ont eu gain de cause. C’est cela que Mohamed Ndao ‘Tyson’ doit faire s’il veut que la sanction qui le frappe soit levée, clarifie le président du Cng de lutte. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le Dr Alioune Sarr est revenu largement sur la 11e édition du Drapeau du chef de l’Etat prévue pour se tenir à Kaolack du 3 au 5 mai au stade Lamine Guèye, sur ses innovations… Entretien.

Source : Walfadjri
Wal Fadjri : Le cas Mohamed Ndao ‘Tyson’ est revenu au-devant de la scène. Quelle appréciation en faites-vous concernant sa suspension ?

Dr Alioune Sarr : Nous n’avons pas de problèmes particuliers avec Mohamed Ndao ‘Tyson’. Il faut que cela soit clair, pour certains qui veulent fausser le débat, qui est purement sportif, avec ses règles. Il n’est pas aisé de singulariser le problème Mohamed Ndao ‘Tyson’ qui est un grand champion. Nous avons cheminé ensemble, nous nous sommes accompagnés en équipe nationale de lutte olympique à Tunis, et plusieurs fois nous avons eu à échanger, lui ‘Tyson’, Alioune Gning et moi, sur les questions de la lutte, que nous aimons tous. Malheureusement, ce qui est arrivé est arrivé, et quand vous dirigez, il ne faut pas avoir des états d’âme. Il faut savoir sanctionner positivement comme négativement. Nous n’avons pas sanctionné quelqu’un parce qu’il appartient à un groupe religieux auquel nos parents et grands-parents s’identifient puisque nous sommes Saloum-Saloum de souche. Moi le président du Cng, Dr Alioune Sarr, je suis originaire de Djilor et descendant de Diaraf Coly Sarr. Ce n’est ni par rapport à un groupe ou à un Saloum-Saloum, que la sanction a été prise mais contre un sportif qui a épousé nos règles, et qui est allé au-delà de ce que ces règles lui permettent. Et quand quelqu’un transgresse, il ne faut pas être surpris qu’il soit puni ! Cependant, le rôle de toute structure n’est pas de détruire, mais de construire. Et les sanctions n’ont pour objectif que de construire. De faire en sorte qu’un homme, quoi qu’il puisse lui arriver, parvienne à garder sa dignité, son calme et son humilité, pour faire face à la situation, surtout lorsqu’il s’agit d’un grand sportif. De grands champions ont été sanctionnés lourdement. Ils ont accepté la sentence avec sportivité. Et ont fait la démarche qu’il fallait. C’est-à-dire reconnaître leur faute et demander ensuite une révision de leur peine. Mor Fadam, Moustapha Guèye, Bombardier et d’autres grands champions avaient fauté par le passé, mais ils ont reconnu cela et demandé pardon au Cng ainsi qu’une remise de leur peine. Dans la plus pure sportivité. Et à partir de cet instant, tout est possible.

Wal Fadjri : Tyson ou son camp n’ont-ils pas encore introduit une requête allant dans ce sens ?

Dr Alioune Sarr : Je n’étais pas à Kaolack, mais j’ai été représenté au Crd tenu pour les besoins de la 11e édition du Drapeau du chef de l’Etat, par le 1er vice-président Chekh Tidiane Ndiaye. Et le gouverneur de région, M. Sall, aurait demandé à ce que la sanction soit levée. Il est vrai que le Crd était organisé pour le Drapeau du chef de l’Etat, mais il est difficile, présentement, de parler de lutte dans le bassin arachidier sans penser au cas Mohmed Ndao ‘Tyson’. Nous sommes réceptifs et sensibles à la demande du gouverneur, mais il faut tout simplement qu’elle suive les procédures normales. ‘Tyson’ connaît le circuit pour que sa sanction soit levée.

Wal Fadjri : La ville de Kaolack va abriter la 11e édition du Drapeau du chef de l’Etat. Quelle est la symbolique du choix de la capitale du bassin arachidier ?

Dr Alioune Sarr : Organiser le Drapeau du chef de l’Etat à Kaolack, c’est plus qu’un symbole. C’est restituer la lutte traditionnelle à son fief naturel, la région naturelle du Sine-Saloum. On ne peut pas parler de lutte traditionnelle sans parler de Kaolack, qui en est le berceau. Kaolack a été un grand centre de la lutte où l’on retrouve de grands champions dans toutes les formes de notre discipline. Nous sommes allés deux fois à Fatick, à Thiès (Joal), Dakar et, l’année dernière, nous étions à Ziguinchor, mais voilà que la capitale du bassin arachidier accueille la plus grande manifestation de lutte traditionnelle du Sénégal

Wal Fadjri : Y aura-t-il des innovations cette année et lesquelles ?

Dr Alioune Sarr : Nous tentons de faire un peu plus à chaque édition. Ziguinchor a été au-dessus de la moyenne, surtout au plan de l’animation, et j’espère que Kaolack fera mieux. Je connais le président du Crg de Kaolack qui est un homme d’action, et j’ai beaucoup d’espoir sur ce plan. Concernant les innovations, pour la première fois, le Comité national de gestion de la lutte a soutenu financièrement toutes les régions, pour la tenue des phases éliminatoires. Parce que nous avions remarqué, lors des présentes éditions, que des régions avaient sélectionné des lutteurs qui n’y avaient aucune attache, pour les représenter au Drapeau du chef de l’Etat. C’était trop facile. Pour y remédier, nous avons dégagé à temps une enveloppe pour permettre à toutes les régions de faire des éliminatoires directes à l’issue desquelles sont sélectionnés les cinq lutteurs devant les représenter dans les cinq catégories retenues. Trois chez les poids légers et deux chez les lourds. Le Drapeau du chef de l’Etat, c’est une fête de la jeunesse, de la région, des lutteurs, d’une manière générale des sportifs. Durant ces deux dernières années, nous avions constaté que gagner était le seul objectif de certains et c’est pourquoi ils n’hésitaient à aller prendre ailleurs des lutteurs qui n’habitaient pas leur localité. Pour ne pas dénaturer l’esprit même de la compétition, dont la quintessence c’est le brassage dans la sportivité, nous avons pris les devants cette année, pour mettre les régions devant leur responsabilité. Il s’y ajoute que, depuis l’année dernière, nous avons multiplié les récompenses, ce qui constitue la seconde innovation de taille. Le vainqueur aura 2 millions, plus le drapeau ainsi qu’une coupe qui a une plus grande durée de vie qu’un fanion. Au niveau de toutes les autres catégories, les prix et primes ont été également multipliés par deux, pour motiver davantage. Nous avons aussi priviligié le volet culturel, c’est-à-dire l’animation aussi bien à l’ouverture qu’à la clôture de cette manifestation, qui va durer trois jours, du 3 au 5 mai au stade Lamine Guèye de Kaolack. Cet aspect est important pour la revalorisation de notre culture. Parce que la lutte traditionnelle qui est un patrimoine national, nous avons demandé aux responsables de Kaolak, d’inviter les anciennes gloires de la lutte de la région, à participer pleinement à la manifestation.

Wal Fadjri : Vous allez signer un partenariat lundi avec l’agence marketing Pamodzi. Quel sera le contenu de cet accord ?

Dr Alioune Sarr : Une bonne question. Au Sénégal, nous avons diverses formes de lutte. La lutte avec frappe qui nous est propre, celle dite traditionnelle, la lutte olympique et celle gréco-romaine que nous ne pratiquons plus depuis quelques années. Et une nouvelle forme de lutte est en train de se pratiquer et qui s’appelle le ‘Beach-Wrisling’ (c’est-à-dire la lutte à la plage), très prisée maintenant à travers nos plans d’eau et ailleurs. La lutte avec frappe est en train de se professionnaliser à travers notre partenariat avec les promoteurs et les grands sponsors. A force de réfléchir et de voir que c’est cette forme de lutte avec frappe qui soutient tant soit peu au plan financier les autres formes de lutte, nous sommes arrivés à un pratenariat que nous allons matérialiser lundi à 16 h avec Pamodzi. Pour trouver les moyens de notre politique et faire aimer davantage la lutte traditionnelle sans frappe. Mais également pour trouver les moyens de soutenir la lutte olympique, dont nous avons l’intime conviction qu’elle peut nous apporter beaucoup de satisfaction, si nous mettons nos sportifs dans de bonnes conditions. D’ailleurs, sachez que Pamodzi est déjà à Kaolack pour nous accompagner dans l’organisation du Drapeau du chef de l’Etat.


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