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Investissement agricole : Oxfam préconise une réorganisation des partenaires techniques financiers

« Coordination et alignement de l’aide : mythe ou réalité ? L’exemple de la mise en œuvre de la politique agricole régionale de la Cedeao». C’est le titre de l’étude menée par l’Ong Oxfam et présentée vendredi, par sa Coordinatrice de campagne régionale Agriculture, Mme Samira Daoud.

Les 25 dernières années ont été marquées par un double désinvestissement dans le secteur agricole et alimentaire dans les pays de la Cedeao, relève l’étude réalisée par Oxfam international présentée avant-hier par la Coordinatrice de campagne régionale Agriculture, Mme Samira Daoud, en compagnie du responsable de campagne de cette Ong internationale, Eric Hazard.

Pour la présentatrice de cette étude, intitulée « Coordination et alignement de l’aide : mythe ou réalité ? L’exemple de la mise en œuvre de la politique agricole régionale de la Cedeao », il y a une dispersion des efforts et une multitude de projets qui nuisent à l’efficacité de l’aide. De plus, a-t-elle déclaré, une analyse détaillée de certains projets de développement rural au Niger, montre que les financements consacrés aux unités de gestion de projets (Ugp) représentent entre 15 et 60 % des financements totaux des projets. Et ces coûts de gestion importants sont autant de ressources qui n’arrivent pas sur le terrain et interrogent l’efficacité de l’aide. « L’aide publique au développement est une composante cruciale du financement du secteur rural au Niger, au Burkina Faso et au Ghana. Cependant, malgré les appels répétés de la Cedeao et de certains États membres pour faire évoluer les modalités de mise en œuvre de l’aide, la majorité des interventions des partenaires techniques et financiers (Ptf) reste le fait d’une multitude de projets à court terme, peu coordonnés entre eux et qui induisent des coûts de transaction et d’opportunité élevés pour les pays récipiendaires de l’aide », relève-t-on dans l’étude.

Elle met l’accent également sur le fait qu’entre 1995 et 2008, les donateurs n’ont fourni en moyenne que 4,7 % de leur aide publique au développement (Apd) au secteur agricole, pour l’ensemble des pays de la Cedeao.

Parmi les problèmes soulevés par l’étude, figurent le manque de consolidation des systèmes nationaux et la baisse du capital des ressources humaines compétentes recrutées dans les ministères, le souvent, par les Ptf, la prévalence d’une approche à court terme, une faible prévisibilité de financements et un déséquilibre territoriale.

Près d’une personne sur sept ne mange pas à sa faim

Par ailleurs, a assuré Mme Daoud, la flambée des prix des produits alimentaires de 2008 et son impact négatif sur les populations les plus vulnérables ont relancé la mise en œuvre de l’Ecowap, la politique agricole régionale de la Communauté économique et de développement de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). En effet, le processus Ecowap/Pddaa vise, entre autres, à permettre de répondre aux enjeux d’alignement de l’aide et à rompre avec l’approche projet.Pour les auteurs de cette étude d’Oxfam, ce processus requiert cependant une réorganisation des partenaires et de leur mode d’intervention et de collaboration, afin notamment qu’ils puissent intervenir à l’échelle régionale. Il nécessite aussi de mettre en place des mécanismes de financement qui permettraient de répondre aux besoins financiers de la politique agricole régionale. Or, les avancées dans ce domaine sont encore timides.

Le Programme pour l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale, créé suite aux annonces des pays du G8 à l’Aquila en juillet 2009 de consacrer 22 milliards de dollars à la sécurité alimentaire, demeure largement sous-financé, indique l’étude qui souligne qu’en avril 2011, seuls six pays avaient contribué au fonds, pour un montant total de 420,8 millions de dollars, soit bien moins de la moitié des attentes initiales estimées à un milliard, sur les 22 milliards promis lors de ce sommet.Concernant les engagements en matière d’alignement sur le programme d’investissement agricole de la Cedeao, le « Pacte régional de partenariat pour la mise en œuvre de l’Ecowap/Pddaa» soumis pour signature à l’ensemble des partie prenantes, engage les Ptf à « mettre en place un mécanisme de coordination et de gestion de l’aide, dans le cadre du dispositif institutionnel et financier de l’Ecowap/Pdda », ainsi qu’à aligner l’ensemble de leurs appuis régionaux sur les orientations, objectifs, programmes et actions de ce projet.

L’occasion a été donnée au responsable de campagne pour Oxfam International, Eric Hazard de revenir sur l’importance de la campagne internationale, dénommée « Cultivons la terre » lancée tout récemment par Oxfam.

Pour ce dernier, près d’une personne sur sept, dans le monde, ne mange pas régulièrement à sa faim. Selon lui, cette campagne vise « à transformer notre système alimentaire défaillant afin qu’il réponde aux besoins de toutes et tous, dès aujourd’hui ». Il estime que cette campagne vise dans les quatre années à venir à essayer d’améliorer les conditions de vie des populations les plus touchées par la faim, dont celles de l’Afrique de l’Ouest, à gérer l’accès à la terre, à l’eau, tout en gérant l’impact des changements climatiques sur les ressources naturelles, afin de garantir l’accès à l’alimentation pour tous et pour toutes et permettre aux citoyens de produire et d’acheter ce dont ils ont besoin pour se nourrir.

Le Soleil

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