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Investissements en Afrique : Le Conseil français des investisseurs distribue de bons et de mauvais points au Sénégal

L’environnement des affaires au Sénégal est mitigé. C’est le constat que l’on peut tirer du rapport 2008 du Conseil français des investisseurs en Afrique. Cet organisme français distribue des points positifs et négatifs au Sénégal.

source : Walfajri
(Correspondant permanent à Paris) – En conférence de presse, avant-hier, au Centre d’accueil de la presse étrangère, le Conseil français des investisseurs en Afrique a rendu public son rapport 2008 sur les entreprises françaises et l’Afrique. Dans ce rapport, le Conseil supérieur des investisseurs français a diagnostiqué l’environnement des affaires dans les pays d’Afrique où il intervient. Et le Sénégal en fait partie. Le rapport évalue l’environnement des affaires du Sénégal à ‘2,54 sur 5’. ‘Au même niveau que la Côte d’Ivoire’, compare le Conseil français des investisseurs. C’est-à-dire tout juste la moyenne. Dans ce diagnostic, les investisseurs français notent certains points forts du Sénégal. Il s’agit des ‘infrastructures portuaires et aériennes, les télécommunications les mieux cotées de la zone avec 4,12 sur 5’. Le secteur bancaire sénégalais est aussi bien apprécié par le Conseil français. Il se situe à ‘4,2 sur 5’. Il y a également ‘le régime fiscal, la qualité du personnel de maîtrise, la formation, le coût des transports maritimes et la sécurité’ qui font partie des points positifs notés par les partenaires français du Sénégal.
En revanche, le Sénégal présente, aux yeux du Conseil français des investisseurs en Afrique, des points négatifs de l’environnement des affaires. C’est le cas du ‘mauvais état du réseau ferroviaire’. Quand on sait l’importance du transport dans la prise de décision d’investir, cela n’est pas à négliger si l’on veut attirer davantage des promoteurs économiques. Il en est de même de ‘la fraude douanière et fiscale, les jugements arbitraires, les délais de procédures et de paiement’. Pourtant, il est aujourd’hui possible de créer une entreprise au Sénégal en 48 heures, avec le Bureau de la création d’entreprises logé à l’Apix ouvert en juillet 2007. Apparemment, la machine de simplification des procédures n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. D’autres points qui concernent l’environnement des affaires au Sénégal ont été soulignés. Pour le Conseil français des investisseurs, les coûts de l’énergie restent encore ‘élevés’ ainsi que ‘l’impact du secteur informel’. Tous ces points sont considérés comme étant ‘des sujets de préoccupation des entreprises (françaises)’. Celles-ci estiment que ‘les créances de l’Etat élevées sont, par ailleurs, plus nombreuses : 58 % (en 2007) contre 33 % l’année précédente’.

Malgré tout, la situation économique du pays donne espoir aux entreprises françaises. Pour elles, ‘après la baisse du régime de 2006, le Sénégal a renoué avec la croissance’. Elles notent également ‘la progression du produit intérieur brut (qui) devrait s’élever à 5,8 % en 2007, contre 2,1 % l’année précédente’. Autre chose remarquée par le rapport, c’est le démarrage de l’exploitation du phosphate après plusieurs mois d’arrêt. Il y a également que ‘la crise énergétique aiguë, observée en 2006, en raison de graves difficultés financières de la Société nationale de l’électricité et de la société africaine de raffinage, a été, en partie, enrayée’.

Les entreprises françaises fondent un espoir sur les travaux de l’Anoci qui ‘dopent le boom du bâtiment et des travaux publics’. Mais le rapport estime, toutefois, que ‘l’horizon n’est pas totalement dégagé’ dans le ciel de la situation économique du pays. Pour cause, ‘malgré la résorption d’une partie des difficultés d’approvisionnement en énergie, la société nationale d’électricité nécessite une véritable remise sur les rails’. Il y a également que ‘la situation sociale est délicate, les ménages devant faire face à un net renchérissement des prix des denrées de première nécessité, de l’électricité et des carburants’. Autre chose qui n’arrange pas la situation économique du Sénégal, selon le rapport, c’est ‘après le dérapage du déficit budgétaire, hors dons, passé en 2006 à 6,5 % du Pib, le pays doit poursuivre son effort de redressement de ses finances publiques (d’autant plus que) selon les prévisions, le déficit devrait être ramené à 4 % du Pib au cours des trois prochaines années’. Le Conseil français des investisseurs en Afrique signale qu’en début octobre, ‘les principaux bailleurs de fonds du pays ont mis en sourdine leurs critiques sur la gouvernance du Sénégal’ pour ‘accompagner son développement économique à hauteur de 4 milliards de dollars pour les trois prochaines années’.

Rappelant leurs chiffres d’affaires, le rapport informe que les entreprises françaises sont à ‘un niveau stable en 2006 et 2007 (7 sociétés sur 10)’. Ce chiffre devait ‘connaître, selon les prévisions, une augmentation à 9 sociétés sur 10 en 2008’. Pour ce qui est des résultats bénéficiaires des entreprises françaises, ils sont en ‘croissance régulière de 7, puis 8, puis 9 sociétés sur 10 au cours des trois années 2006 à 2008 (prévisions)’, note le rapport. Mais ce même rapport annonce que ‘les investissements sont en régulière baisse au cours de cette période : 7 sociétés sur 10 ont déclaré investir en 2006, elles n’étaient plus que 5 sur 10 en 2007 et ne devraient être plus que 4 sur 10 en 2008’.

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