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IRRÉGULARITÉ DES CHAMBRES AFRICAINES EXTRAORDINAIRES- Les avocats de Habré exigent sa libération

Après la condamnation de Hissein Habré, à perpétuité, ses avocats sont montés au créneau, hier, pour dénoncer l’irrégularité manifeste des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Selon Me Diawara, dans la composition desdites Cae, figure M. Amady Diouf, désigné juge assesseur, alors que celui-ci ne remplit pas les conditions prévues par les dispositions.

Les avocats de Hissein Habré sont montés au créneau, hier, pour dénoncer l’illégalité des Chambres africaines extraordinaires (Cae). Aujourd’hui, plus que jamais, déclarent-ils, ce combat s’est renforcé avec un élément capital. Cet élément concerne la composition de la Cour d’Assises. La composition d’un tribunal fait partie des critères fondamentaux pour poser le socle d’un procès juste et équitable. Dans le statut des CAE, l’article 11 organise les conditions de désignation des magistrats au sein des CAE. Il prévoit en son point 5 : « Les juges sont choisis parmi des personnes jouissant d’une haute considération morale, connus pour leur impartialité et leur intégrité et ayant exercé les fonctions de juge pendant au moins dix (10) ans. » La défense tient à faire savoir que : « Le juge Amady Diouf ne remplit pas les conditions légales strictes énumérées par l’article 11. 5 du statut. En effet, ce magistrat n’a jamais exercé des fonctions de juge. Il ne pouvait pas être désigné comme juge. Il était Conseiller Technique au ministère de la Justice ».

À en croire Me Diawara et Cie, Amady Diouf sait qu’il ne pouvait pas être là où il est. N’ayant jamais exercé des fonctions de juge, alors que le statut exige une expérience de 10 ans. « On est choqué qu’une personne n’ayant pas la qualité, ni les compétences requises, ait été désignée en toute illégalité par le Ministre Sidiki Kaba qui a agi pour ses intérêts personnels. Ainsi donc, nous avons un tribunal composé de manière irrégulière et qui a rendu une décision. La conséquence d’une telle irrégularité, d’une violation extrêmement grave, c’est la nullité de cette décision », a dit Me Diawara. Face à cette situation, les avocats de Habré ont interpellé le président Macky Sall à prendre ses responsabilités. Ils ont également donné un délai de 48 heures, aux autorités en charge de cette affaire pour que leur client, en situation de détention arbitraire, soit immédiatement libéré. « Nous interpellons le président Macky Sall qui a pris l’engagement de tenir un procès juste et équitable. Aujourd’hui, la nullité de cette décision est avérée d’un bout à l’autre. Le président Habré est, aujourd’hui, dans une situation de détention arbitraire. Nous l’interpellons pour qu’il ne couvre pas les dérives de son Ministre. Et qu’il prenne ses responsabilités pour libérer immédiatement le président Habré », clame-t-il. Et de renchérir : « Les droits du président Habré n’ont cessé d’être piétinés dans cette procédure ». Toutefois, les avocats estiment que le Président Hissein Habré est, aujourd’hui, dans une situation de détention arbitraire. « Nous l’interpellons pour qu’il ne couvre pas les dérives de son Ministre et qu’il prenne ses responsabilités pour libérer immédiatement le Président Habré. Les droits du Président Habré n’ont cessé d’être piétinés dans cette procédure et le Président Macky Sall se doit, aujourd’hui, de prouver que le Sénégal est un État de droit en libérant le Président Habré. Il doit s’écarter de l’arbitraire qui guide le procès politique dans lequel l’a entraîné son ministre de la Justice, Sidiki Kaba », tonnent les avocats.

‘’Une polémique stérile’’, selon les Cae

 Après la sortie des avocats de Hissein Habré qualifiant la décision des Chambres africaines extraordinaires (CAE) de « nulle » pour avoir fait siéger un juge, en l’occurrence Amady Diouf, ne remplissant pas toutes les conditions, c’est le chargé de communication des CAE, marcel Mendy de s’inscrire en faux contre une telle allégation. « Les CAE s’inscrivent en faux contre cette allégation car ne reposant sur aucune preuve », se démarque Marcel Mendy avant de préciser : « le juge Amady Diouf a 25 ans d’expérience ». « C’est, donc, un combat d’arrière-garde », martèle   Marcel Mendy, chargé de communication des CAE. Il poursuit : « c’est une polémique stérile que nous refusons de nous inscrire ».

Cheikh Moussa SARR

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