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J15- Procès Habré : « C’est Habré en personne qui a égorgé mon mari » (témoin)

  • Date: 29 septembre 2015

Le procès de l’ancien Président de la République du Tchad, Hissein Habré est à son 15eme jour depuis sa reprise. Ce mardi 29 septembre, l’audience a démarré à 9 heures 20 minutes (T.U). A la barre, Madame Mariam Hassan Abacar, témoin dont le mari aurait été égorgé par Hissein Habré lui-même.

Le premier témoignage de ce jour est terrible. Madame Abacar a chargé l’accusé sans sourciller.  » C’est Habré en personne qui a égorgé mon mari « . Cette dame, épouse de Michel Saïd Nanga a indiqué que son mari était un grand commerçant (vendeur de véhicules) qui n’a jamais fait de la politique. Michel Nanga a été arrêté, le 29 mai 1987, nuitamment parce qu’on procédait à l’arrestation de tous les Ajaraïs. Toujours dans son témoignage, la dame raconte : « les militaires sont revenus à la maison après l’arrestation de mon mari pour passer la nuit avec nous à deux reprises ».   » Cependant depuis son arrestation en 1987 personne ne l’a revu » renseigne t-elle. Selon elle, « c’est Hissein Habré en personne qui a égorgé mon mari ».

Procureur : « On a tendance à oublier Habré »

Des rumeurs disent que le mari du témoin est mort par décapitation. Ainsi, le Procureur général Mbacké Fall a demandé à l’accusé d’éclairer la lanterne de la chambre à cet effet. « Monsieur Hissein Habré, que répondez-vous à ces rumeurs », a lancé le procureur à l’accusé qui, faut-il le rappeler garde toujours le silence. Mais, le maître des poursuites sera très vite arrêté par le Président Gustave Gberdao Kam qui a déclaré : « Monsieur le Procureur, on interroge actuellement le témoin ». « On a tendance à oublier l’accusé, Hissein Habré. Il faut qu’il soit parfois interpellé », a rétorqué le parquetier. Toutefois, l’audition du témoin se poursuit et ce sont les représentants de la partie civile qui posent leurs questions au témoin. Selon le témoin la cause de l’arrestation de son mari est qu’il était très riche. Il y’avait des craintes que son mari constitue un fond de guerre pour l’ethnie Ajaraï.

Agboudja khamis : « J’ai vu les 12 cadavres, nous les avons enterrés »

Madame Abacar n’a pas été le seul témoin de la journée. Le défilé des Ajaraïs s’est poursuivi à la barre. Agboudja khamis, 55 ans a été aussi entendu, en qualité de témoin. Il a confirmé les propos de Mahamat Maki Outman qui a déclaré, hier, lundi, que 12 Ajaraïs avaient été tués au pied d’une montagne à Mongo. « J’ai vu les 12 cadavres nous les avons enterrés. Nous les mettions dans des fosses communes », a confirmé le sieur Khamis selon qui, c’était une période de peur. S’agissant des cadavres, Khamis a soutenu que c’est le chef de village qui leur a demandé d’enterrer les corps. Il n’y avait pas de femmes parmi les victimes mais, dit-il, ils ont noté des jeunes et des vieux mais aussi des militaires dont certains étaient en uniforme. Il y avait Daboubou Gogolmo, un ancien combattant de l’armée française, un enseignant. Par ailleurs, indique le témoin, ils étaient au nombre de 20 dans la prison et 16 d’entre eux ont été exécutés. Si je connaissais Salem Garba. Je leur ai dit que j’étais son cousin. Il était journaliste. Dans les centres de détentions, les détenus avaient des pertes de cheveux, baisse de la vision et on leur permettait de se laver une fois par semaine.

Cheikh Moussa Sarr

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