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Jamais princes …au Sénégal

Malgré les surprises dues à la défection de matériaux, absence de main d’œuvre qualifiées, les entreprises sénégalaises engagées dans ce projet ont relevé le défi. On n’est jamais prince chez soi. Une chose bizarre si l’on sait ce qui se passe actuellement au Sénégal.
Les chantiers poussent partout (Aéroport Blaise, élargissement de la corniche, amélioration de la mobilité urbaine) mais ne profitent pas aux entreprises sénégalaises. Les entreprises étrangères font main basse sur tous les marchés publics. Les autorités sénégalaises tentent de donner des explications en arguant l’ « incapacité » des entreprises locales à réaliser des « infrastructures de troisième génération ou de classe mondiale ».

Du verbiage qui au fond n’a aucun sens. On est alors tenté d’emprunter le slogan que le président Wade a utilisé lors de la présidentielle passée : « Wedy guiss bokoussi ». La qualité de l’infrastructure qui vient d’être réalisée à Bissau et tant d’autres dans la sous-région, ballaie d’un revers cette image d’entreprises « incompétentes » que l’on veut coller aux acteurs nationaux. Selon les responsables du projet de la Bceao à Bissau, au début du projet de construction, l’entreprise sénégalaise était obligée de se constituer en groupement avec des chinois pour l’appel d’offres. « Normalement au départ, ce sont des chinois qui devaient aller diriger ce projet mais quand les travaux ont démarré, les gens ont compris que la partie sénégalaise n’a pas besoin d’expertise étrangère ».

Au Sénégal, actuellement dans les grands chantiers, soit on y retrouve des chinois, des français ou autres entreprises étrangères. Au moment où l’expertise technique nationale assurée par de nombreux techniciens formés localement notamment à l’école polytechnique de Thiès et autres instituts privés, est très prisée dans la sous-région. Aujourd’hui, la part du lion revient aux entreprises françaises, chinoises, koweïtiennes, arabes ou autres étrangers dans les chantiers. Même les entreprises sénégalaises qui y participent sont obligées d’y aller en groupement avec un homologue ou partenaire étranger. C’est le cas de Jean Lefèvre pour l’extension de l’autoroute.

Il faut que les autorités fassent entièrement confiance aux entreprises sénégalaises. Il l’a d’ailleurs reconnu. Il, c’est le président Abdoulaye Wade qui a co-présidé l’inauguration de l’agence nationale de la Bceao de Bissau. Postulant, sur l’élimination de l’amateurisme dans la construction, Me Abdoulaye a avancé : « Laissons libre court à l’imagination de nos cadres et techniciens africains ». Une invite noble certes mais qui ne devrait pas se limiter aux effets d’annonce. Il est temps d’assimiler la parole à l’acte. En attendant de voir le bout du tunnel, les entreprises de construction qui peuvent capter une bonne partie de la jeunesse qui cherche désespérément emploi, ne doit pas baisser les bras. Elles n’ont également pas à se détourner du marché local en s’expatriant totalement vers les pays étrangèrs si l’on sait que certaines des entreprises ayant participé à la construction de l’agence de Bissau ont désormais installé une antenne dans ce pays. Elles doivent continuer à lutter pour pouvoir faire face à cette main-mise des entreprises étrangères favorisée par les pouvoirs publics. On peut parler d’un complexe nourri envers les entreprises étrangères. Sur ce sujet, les entrepreneurs sénégalaises ne cachent pas leur inquiétude face à la floraison de banques étrangères qui, souvent, imposent des entreprises de leur pays d’origine dans la mise en œuvre de projets dans lesquels elles interviennent.

L’aéroport Aidb, en est une illustration, avec une banque et une entreprise arabe. Même dans le cadre de la sous-traitance, il faut s’attendre à ce que les entreprises arabes soient prioritaires.


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