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Jean-Marie Biagui dénonce la guerre contre Salif Sadio

Jean-Marie Biagui, le secrétaire général du mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc) a, dans une déclaration, lue devant un parterre de journalistes, en marge d’une rencontre inter-Mfdc qui se tenait dans le domicile de Bertrand Diamacoune ce dimanche à Ziguinchor, violemment critiqué les responsables de la faction de ce mouvement qui combattent Salif Sadio, depuis plus d’un an.

«Nous assistons, depuis quelques semaines, à une nouvelle escalade des violences verbales et de menaces, suivies immédiatement d’attaques armées de la part de César Atoute Badiate, Antoine Diamacoune et leurs alliés, contre ceux qu’ils considèrent comme frères ennemis, en l’occurrence Salif Sadio et ses hommes de troupe », a fustigé Jean-Marie Biagui qui indique : « Ce sont là, une fois de plus, des actes irresponsables qui peuvent avoir pour effet, non seulement d’aggraver la situation d’insécurité qui prévaut en Casamance, avec notamment son cortège de réfugiés en Gambie et de déplacés à l’intérieur du pays, mais d’annihiler tout le travail que nous abattons au quotidien en vue de la réconciliation inter-Mfdc ».

C’est à croire que le banditisme a fini de succéder à l’expédition dite punitive, opérée contre Salif Sadio par César Atoute Badiate et Ismaïla Diémé, au nom d’un prétendu dialogue fraternel ou d’une prétendue mouvance de la paix, s’est-il offusqué, indiquant que « sinon comment comprendre cette obsession malsaine dont se nourrissent certains des nôtres, qui consiste à vouloir coûte que coûte liquider Salif Sadio et ses hommes de troupe, quand, au même moment, tous les efforts déployés par les forces vives de la Casamance et par les responsables politiques du Mfdc que nous sommes sont exclusivement consacrés à la recherche de voies et moyens nécessaires pour la réconciliation inter-Mfdc ? ».

Et de condamner : « Mars 2006-mai 2007, plus d’un an déjà, depuis que César Atoute Badiate et Ismaïla Magne Diémé ont pris la lourde responsabilité historique coupable d’agresser militairement leurs frères d’armes, prétendument au motif que ces derniers ne seraient pas favorables au dialogue et à la mouvance de la paix. D’aucuns se souviennent certainement, que, à la faveur de cette dynamique d’autodestruction du Mfdc, initié par César Atoute Badiate et Ismaïla et Magne Diémé, l’armée bissau-guinéenne avait ouvert le feu, plusieurs semaines durant, contre les positions de Salif Sadio, à l’intérieur même de la Casamance ».

Selon lui, l’armée sénégalaise, pour sa part, avait tenté de rivaliser avec son homologue bissau-guinéen dès le 16 août 2006, provoquant alors la peur, la désolation et surtout la fuite des populations vers la Gambie ou le reste de la Casamance, et ce, en pleine saison des pluies et donc en pleine saison des cultures. « Tout cela étant entendu, de la responsabilité coupable de nos frères César Atoute Badiate et Ismaïla Magne Diémé et aujourd’hui avec eux, de Antoine Diamacoune. Il faut que cela cesse. La Casamance est fatiguée d’assister, impuissante, à ce drame ; la Casamance est fatiguée d’assister, impuissante, aux ravages de cette malédiction où des frères combattants s’arrogent le droit de tuer leurs frères d’armes », martèle-t-il.

César Badiate et Antoine Diamacoune

S’adressant particulièrement à César Badiate et Antoine Diamacoune, il dira : « Je voudrais admettre, avec vous, que le fait que vous êtes des neveux de feu l’abbé Augustin Diamacoune Senghor puisse être, pour vous, un honneur voire une bénédiction. Mais, cela ne vous confère aucun droit. Pas même le droit de jouer les censeurs ou les justiciers au nom de je ne sais quel héritage, encore moins le droit de tuer vos frères.

Pas plus, d’ailleurs, que la culpabilité présumée de Salif Sadio, pour crimes dont il se serait rendu coupable avec ses hommes de troupe, ne vous autorise à les liquider purement et simplement. Vous n’êtes pas la Casamance , vous n’êtes pas le peuple casamançais ; vous ne pouvez pas et, de façon, vous n’avez pas le droit de vous substituer au peuple casamançais ». Jean-Marie Biagui se demande de qui se moquent ses frères qu’il incrimine. « De qui vous moquez-vous, lorsque vous prétendez être de la mouvance de la paix, alors que, au même moment, vous vous plaisez à vous laisser instrumentaliser par ceux-là mêmes qui, depuis Paris, Bissau ou d’autres capitales ou métropoles étrangères, se déclarent radicalement opposés au processus de paix en Casamance ?

De qui vous moquez-vous ? De la Casamance et du peuple casamançais ? Ressaisissez-vous et sachez raison garder ». Dans la même foulée, il les accuse d’avoir pris, en son temps, la lourde responsabilité coupable d’inviter directement l’armée bissau-guinéenne, puis indirectement l’armée nationale dans le cadre de leur fameuse expédition dite punitive contre Salif Sadio, à l’intérieur même de la Casamance , au nom de ce qu’ils appelaient la justice, et, en même temps, curieusement, ils déniaient à Salif Sadio le droit de prétendre aux mêmes droits qu’eux. « Si vous êtes intellectuellement honnêtes, alors convenez, avec moi, que vous êtes très mal placés, aujourd’hui, pour donner des leçons, aux autorités gambiennes qui se sont autorisées, en tant que pays souverain, et pour notre malheur, nous Mfdc, à arrêter certains responsables du mouvement, non pas en Casamance mais sur leur propre territoire, c’est-à-dire en Gambie, pour des raisons occultes à ce jour ».


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