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Jérusalem: le Saint-Sépulcre fermé en protestation contre des mesures fiscales

L’église du Saint-Sépulcre, site du tombeau du Christ à Jérusalem selon la tradition, a fermé ses portes ce dimanche 25 février pour une durée indéterminée. Un geste symbolique et rare, décidé par 13 Eglises, soit la totalité de celles représentées dans la Ville sainte. Un fait rarissime, qui tend à protester contre de nouvelles mesures fiscales israéliennes qui réclament désormais des impôts municipaux aux biens gérés par l’Eglise.

 

En tout, c’est un montant de 650 millions de shekels soit l’équivalent de 152 millions d’euros que la mairie de Jérusalem entend ainsi récupérer. Il s’agit, explique-t-on, d’arriérés d’impôts municipaux. Nir Barkat, le maire de Jérusalem ne voit pas là un changement de ligne politique.

« Le Saint-Sépulcre, tout comme toutes les autres églises, mosquées et synagogues à Jérusalem, sont exemptées d’impôts. Il n’y a là aucun changement et cela continuera. Mais cela vous semble-t-il logique que les hôtels, salles de réunion et commerces soient exonérés d’impôts simplement parce qu’elles appartiennent à l’Eglise ? », questionne le maire de Jérusalem. Une commission ministérielle israélienne devait examiner le projet, mais le débat a été reporté d’une semaine.

L’autre projet qui suscite la colère des responsables chrétiens est une proposition de loi qui permettrait à l’Etat israélien d’exproprier les acquéreurs d’une propriété achetée aux Eglises. Le projet vise à défendre les intérêts des locataires des Eglises dans le cadre d’une vente de leur logement, selon ces promoteurs. Mais les Eglises dénoncent un texte discriminant – aucun autre propriétaire foncier n’étant concerné – et qui porte atteinte à leur droit à disposer librement de leur bien, les acheteurs potentiels risquant de se faire plus rares si la loi est adoptée.

Sur le parvis de l’église du Saint-Sépulcre, des groupes de pèlerins déambulent, un peu perdus. En face d’eux, les portes du lieu saint restent désespérément closes.
[Reportage] Au Saint-Sépulcre, les touristes sont face à des portes closes 25/02/2018 – par Marine Vlahovic

Quoi qu’il en soit, selon les médias israéliens, le ministère des Affaires étrangères a critiqué la décision du maire de Jérusalem sur la taxation des églises. Des responsables ont estimé sous couvert d’anonymat que cette décision compromettait un statu quo qui prévalait depuis la période ottomane et qui avait été respecté depuis par les Britanniques, les Jordaniens et les Israéliens.

Les 13 Eglises dénoncent une violation du statu quo et des attaques répétées contre la présence chrétienne en Terre sainte. David Grenier, secrétaire de la custodie de Terre sainte, pointe des attaques ciblées visant une communauté chrétienne déjà affaiblie à Jérusalem : « C’est le fait que cela vise seulement les Eglises. Les autres citoyens ne sont pas touchés par cette loi-là. C’est un signe très clair d’une attaque envers les Eglises. »

Et les Eglises ont contre-attaqué, car ces mesures rappellent les lois anti-juives édictées en Europe au XXe siècle, écrivent les chefs religieux. Ce que conteste Itay Butler. Ce conseiller municipal de Jérusalem a ressorti, il y a quelques mois, ces dossiers contestés : « Ces mesures sont des règles d’équité pour la mairie en ce qui concerne les taxes municipales et de justice pour les résidents en ce qui concerne la loi sur les biens fonciers de l’Eglise. Ce n’est pas une attaque contre la chrétienté et selon moi cela n’a rien à voir avec les lois allemandes contre les Juifs. »

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