Confidences

 Jets de pierres sur le cortège du président de la République- Les  » quatre étudiants de Macky Sall »

  • Date: 13 août 2015

AMINATA DIOUF

La pacifiste

Abdourahim Barry (Stagiaire)

« Je suis pauvre ! Je n’ai rien fait et on m’emmène en prison ! On dirait que Dieu n’existe pas…». Ce sont les propos d’Aminata Diouf, avant-hier au tribunal de Dakar, après son inculpation. Selon les témoins, elle a beaucoup pleuré en invoquant les noms de nombreux marabouts. Inculpée pour association de malfaiteurs et atteinte à la sûreté de l’Etat, elle est pourtant décrite comme une pacifiste par ses camarades de chambre et même ses adversaires des autres listes qui sont en campagne pour le contrôle de l’amicale de sa faculté. Loin de la célébrité de certains syndicalistes ou jeunes politiciens, elle est méconnue des étudiants de l’Ucad. Etudiante en licence 2 en Droit privé, Aminata prône la non-violence.

Les locataires du pavillon Q sont unanimes pour dire qu’elle invitait ses camarades à manifester pacifiquement. La veille de la visite du Chef de l’Etat Macky Sall à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, elle avait fait le tour des chambres de son pavillon pour demander à ses condisciples de porter des brassards, des tee-shirts, et tout objet ayant la couleur rouge pour manifester et réclamer justice, dans l’affaire Bassirou Faye. « Elle est même l’initiatrice des débats sur la non-violence à la faculté de Droit », révèle une adversaire de la liste Ethique. Elle soutient fermement qu’Ami n’est dans aucun parti politique.

A la chambre 70 du pavillon Q où elle loge, ses camarades refusent catégoriquement de se prononcer sur son arrestation. Ici toute personne qui entre est suspectée d’appartenir aux services de renseignement. Membre de la liste Lumière à la faculté de Droit, elle n’avait comme préoccupation que ses études et la lutte contre l’injustice et le mieux-être des étudiants, dit-on. « Ami Diouf n’a pas été arrêtée sur les lieux où le cortège présidentiel a été attaqué à coup de pierres. On l’a interpelée devant le pavillon Q, avant même la venue de Macky Sall. Ensuite, on l’a relaxée. Puis, on l’a rappelée pour la retenir », explique un témoin qui requiert l’anonymat.

ABDOURAHMANE NDIAYE

Le plumitif

Abdourahim Barry (Stagiaire)

Abdourahmane Ndiaye a été arrêté et inculpé pour les mêmes raisons qu’El hadj Diaw Secrétaire adjoint du Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel), Bara Ndiaye de Rewmi et Aminata Diouf. A l’instar de la dernière nommée, il est considéré comme un partisan de  la non-violence. Selon ses camarades, il n’a jamais participé à une manifestation. L’étudiant en 2éme année au département de Philosophie a une méthode bien à lui considérée comme originale. Pour revendiquer, il écrit des textes qu’il distribue et affiche partout dans le campus. Selon ses amis, il est très connu des services du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) et même du Directeur. « Il a été arrêté à cause de la dernière lettre ouverte qu’il avait écrite au Directeur du Coud », révèle son ami Pape Ibrahima Seck.

Dans le document, Abdourahmane Ndiaye accuse Cheikh Oumar Anne de détruire toutes les bonnes choses que son prédécesseur Abdoulaye Diouf Sarr avait mises en place pour améliorer la condition de vie des étudiants dans le campus social. « Le constat fait sur le terrain est que l’organisation de l’espace du campus qui, avant votre arrivée Monsieur le Directeur, était à la normale retourne aujourd’hui dans l’anarchie, du fait que vous avez transformé l’espace, dès votre arrivée, en une arène politique où règne le népotisme et le favoritisme, sources de frustrations et de tensions. Vous avez fini de distribuer les lits des étudiants à vos bandes d’amis et camarades de parti, causant ainsi la situation désastreuse au niveau du pavillon A, voire même dans les autres pavillons où les étudiants sont obligés de squatter les couloirs 24h/24. (…) Encore que, la Direction du COUD est loin d’être la Municipalité de Ndioum», peut-on lire sur la lettre dont EnQuête détient une copie.

Ainsi, ses camarades considèrent qu’il a été ciblé et arrêté, à cause de ce texte. Même le coordonnateur du Mouvement des élèves et étudiants républicains de Saint Louis, Baye Matar Niang, soutient que logiquement, il n’aurait pas dû être interpelé, car, il n’est pas membre d’un parti Politique. Abdourahmane a toujours privilégié la plume aux pierres, selon Pape Ibrahima Seck. Ancien coordonnateur des nouveaux bacheliers en 2013, le natif du quartier Ndillofène de St-Louis est « calme et socialble ». Ses proches soutiennent qu’il a été interpelé trois jours, après les évènements du 31 juillet dernier, donc il n’était pas sur les lieux. L’ancien candidat malheureux à l’élection du président de l’Union des élèves et étudiant St-Louisiens est désormais en prison, depuis lundi.

EL HADJ DIAW

A l’épreuve du droit

Fatou SY

‘’Je rêve un jour de porter la toge car je veux devenir avocat pour pouvoir défendre les intérêts de la population’’. Ce bout de phrase, El Hadj Diaw le ressassait presque à chacune de ses discussions avec Mouhamadou Dane Ndiaye, plus connu sous le nom de Dane. C’est l’un des clercs du cabinet de Me Abdou Dialy Kane, où El Hadj Diaw a commencé un stage depuis deux mois. Selon les témoignages du clerc, le secrétaire général adjoint du Mouvement des élèves et étudiants libéraux (MEEL) lui confiait qu’il était fasciné par son patron et voyait en lui une référence. C’est pourquoi, il veut devenir avocat. Mais le destin vient de porter un coup de frein au rêve de l’étudiant stagiaire. En fait, l’ancien pensionnaire du Lycée Charles de Gaulle de Saint-Louis est en prison depuis lundi passé. Il a été écroué avec trois autres de ses camarades étudiants pour association de malfaiteurs et atteinte à la sûreté de l’Etat.

Venu s’enquérir de la situation de quelques camarades détenus, le destin a voulu qu’il les rejoigne ce vendredi 31 juillet. Pour autant, son séjour carcéral n’altère en rien sa détermination et son ambition à réussir dans les études. La preuve, a confié Me Abdou Dialy Kane : ‘’Ce qui m’a le plus fasciné chez lui, lorsqu’il a été arrêté, la seule chose qu’il m’a demandée, c’est de lui prêter des manuels de droit sur les procédures civiles et les droits des sociétés.’’ Ce goût pour le savoir fait que le juriste stagiaire ne se limitait pas dans les salles d’audience, mais El Hadj Diaw aimait aussi fréquenter la bibliothèque de la Cour d’appel de Dakar pour des recherches. Seulement il ne se contentait pas de fouiller dans les livres et autres manuels de droit, mais le garçon, décrit comme quelqu’un de ‘’très bien éduqué, très poli et à la limite timide’’, aime poser des questions. ‘’Il est très curieux car il pose énormément de questions sur le droit’’, renseigne son patron. Qui salue le côté ‘’jovial et ouvert’’ de son ex-stagiaire.

L’obéissance est également une autre qualité d’El Hadj Diaw, selon sa mère. D’une voix calme, Mme Diaw confie au bout du fil que son fils, qui est leur seul soutien, ‘’est très obéissant, respectueux et généreux’’ envers eux. ‘’Le peu qu’il a, il nous l’envoie’’, indique la dame qui impute au destin l’incarcération de son fils aîné, entré dans sa 30ème année pour être venu au monde un jour de l’année 1985.

BARA NDIAYE

Un publiciste ‘‘sérieux’’ dans la mouise

Il n’a pas fait que des études de Droit. Ce ‘‘brillant étudiant’’, militant de la première heure de Rewmi, faisait également son chemin dans l’enseignement. Mais pour le moment, il est pris dans le rouage implacable de la mécanique judiciaire.

Une rengaine, bien connue des camarades du désormais détenu Bara Ndiaye, est celle-ci : ‘’Je connais l’Etat pour avoir fait le droit. Je ne verserai jamais dans une opposition de violence’’, aimait-il se gausser, raconte un de ses camarades.  Le mot qui revient le plus à son propos est ‘‘sérieux’’. Que ce soit le porte-parole de Rewmi, Thierno Bocoum, ou son camarade Doudou Diallo, en compagnie duquel il était ce vendredi 31 juillet après les événements, Bara est clean. Le natif de Séo-Tine (Khombole) incarne une  responsabilité dans ses propos et dans ses actes pour oser commettre le sacrilège de caillasser le cortège présidentiel, selon eux. Ce coordonnateur des étudiants du parti Rewmi fait pourtant partie des quatre individus soupçonnés d’avoir jeté des pierres sur la voiture de Macky Sall, en visite au campus social de l’université. Son entourage se dit ‘‘surpris’’ par son placement sous mandat de dépôt. Pour eux, le sort qui s’abat sur ce publiciste, en master II d’administration publique des recettes, est injuste.

 ‘’Ce sont des accusations absurdes car Bara n’est mêlé ni de près ni de loin à ce qui s’est passé à l’université’’, déclare Thierno Bocoum au bout du téléphone.

Membre fondateur de ce parti, avec le mouvement de soutien à Idrissa Seck (MSIS) en 2004, il décroche  un bac L deux ans plus tard. ‘’Il prônait tout le temps la retenue, le sens de la responsabilité, et la justice ; il n’a pas pu faire partie de ça’’, lance son camarade Doudou Diallo. Ce dernier raconte que le jour des faits, Bara était rentré à l’université à 17 heures en provenance de Rufisque où il suit une formation d’instituteur (il a réussi au concours EFI de recrutement des élèves-maîtres (CREM) l’an passé). ‘’Il a été à la chambre 110 D où il loge. Au vu du désordre et de la foule, je l’ai appelé pour lui demander de sortir de l’université car si jamais il arrivait quelque chose, on allait l’imputer à l’opposition’’, poursuit-il. Après avoir désobéi aux consignes de son ami, Bara s’est finalement ravisé pour le rejoindre à la Gueule-Tapée. Qu’a-t-il fait durant ce laps de temps ? Doudou Diallo l’ignore, mais est péremptoire sur un point : ‘’Il n’était pas dans ces événements.’’

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