JEU DE POKER, PARI SPORTIF ET AUTRES DÉRIVES- La « drogue » ravage le lycée de Mbao

L’image est intenable. De voir ces potaches à huit heures squatter ces salles de jeu. A l’heure des cours. Mais, il y a plus grave encore.

Dans ce paisible coin du quartier de grand Mbao, pullulent ces salles de jeu qui se sont invitées au décor des habitations. Changeant complètement le décor d’un quartier jadis peuplé de pêcheur mais qui aujourd’hui vit les agressions d’une sauvage urbanisation qui a ravalé les hameaux en de luxueuses habitations. Dans ces salles de jeu, le décor renvoie aux couleurs de l’arc en ciel. Peintes en vert foncé, cette couleur côtoie le gris et le rose, couleurs de blouses des élèves du lycée de Mbao. A l’intérieur, l’ambiance est bon enfant. On discute de tout et de rien. Inconsciemment, chacun rivalise d’ardeur sur le montant de son pari et de son manque de chance sur le dernier pari. Avec cinq cents francs Cfa, l’élève s’offre une panoplie de jeux. Et le plus cocasse, comme si les jeux étaient truffés d’avance, ils ne gagnent jamais, ou rarement avec de modiques sommes. La gérante, sagement assise derrière le barreau qui la sépare de ses clients, scrute le moindre geste d’énervement des parieurs. Et pendant toute la demi-journée, les salles de jeu ne désemplissent pas. Les habitants, quant à eux, vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était, alors qu’à l’intérieur, leurs enfants prennent une direction de tous les dangers. Du côté des enseignants et de la direction du lycée, on ne se soucie guère de ces salles de jeu. Tout le monde semble s’en désintéresser. Le tollé qu’avait soulevé  l’ouverture de ces salles de jeu s’est vite estompé. Et la saignée continue, au grand dam de cette jeunesse sénégalaise, détournée vers le gain facile. Du côté de l’Etat, on feint de voir le fléau. Comme ou pire que la drogue et le vent de criminalité qui souffle au Sénégal, les dégâts de ces salles de « déperdition » tuent à petit feu.

Les filles aussi dans le « fumoir »

On s’achemine tout droit vers une désintégration de la jeunesse devenue accro à une pratique qui crée les conditions d’une démission de l’école par l’élève. Cependant, même si les garçons sont les plus visibles, une inquiétude grandissante demeurent. Les filles se mêlent à ces jeux et optent pour le jeu du poker. A l’intérieur de ces salles comme dans les abords de l’école, le jeu de poker fait ravage. C’est dire que les conséquences sont transversales. L’Etat du Sénégal est interpellé par ces salles de jeu qui appartiennent à des lobbies nigérianes et libanaises. Comme un cancer, la jeunesse se tue à une pratique qui ne cesse de s’installer comme des champignons. Après avoir ceinturé la capitale et sa proche banlieue, ces mafiosi, comme la stratégie de la liane, progressent vers l’intérieur du pays. Leur agenda est clair. Se faire de l’argent en détruisant toute une jeunesse. Et s’ils ont cette liberté, c’est qu’ils ont de solides attaches derrière. Le Sénégal est-il un Etat ?

Pape Amadou Gaye

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One comment

  1. Merci d’avoir tiré sur la sonnette d’alarme. Nous sommes tous interpellés et les autorités devraient prendre leurs repsonsabiltés.