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Jeux de Niamey :  »La loi du cauri » de Nafissatou Dia Diouf dans le recueil des six meilleures nouvelles

 »La loi du cauri », fruit de la participation de la Sénégalaise Nafissatou Dia Diouf aux 5-ème Jeux de la Francophonie, qui se sont tenus en décembre 2005 à Niamey (Niger), a été récemment publiée parmi les six nouvelles primées dans l’épreuve  »littérature » desdites joutes.
La nouvelle de Nafissatou Dia Diouf, qui traite du surnaturel par l’évocation du destin singulier de statuettes pygmées, constitue  »un peu un défi » littéraire, explique l’auteur qui se présente comme  »quelqu’un de très cartésien » et une Africaine qui croit  »d’ordinaire peu au surnaturel ».

 »La loi du cauri » traite, en effet, de deux figurines en bois qui emprisonnent, loin du bois sacré, les âmes en peine de deux pygmées qui seront finalement délivrés de l’enfer de leur existence dans un musée belge, puis renvoyé dans leur pays d’origine, grâce à la curiosité et à l’appui de deux innocents enfants, venus visiter le musée avec leur école.

A travers la présence improbable en Belgique de statuettes pygmées, acquises par l’intermédiaire de  »camelots qui ne connaissaient rien » de leur valeur et  »qui se disaient brocanteurs », on peut lire une critique fine du trafic d’art et du pillage du patrimoine historique africain.

Bien souvent, des statues et des objets d’art, représentatifs d’un univers symbolique précis et exclusivement africain, se retrouvent dans des musées occidentaux, l’âme en peine et à la merci d’une curiosité ou d’une contemplation trop laïques, matérielles, pour signifier grand-chose.

Quel occidental peut, en effet, croire que de telles statues enferment des âmes en peine de personnes réelles dans  »un carcan de bois, à observer défiler des inconnus à longueur de temps », qui les regardent tantôt distraitement, tantôt sans (les) voir », jusqu’à un  »jour béni » qui les a gratifiés de la visite de deux enfants caractérisés par une  »candeur » et une  »générosité » qui se lisent dans leurs yeux?

Un message simple est aussi délivré par cette nouvelle :  »la richesse est un couteau à double tranchant ». Une vérité à mettre en rapport avec le fait que si ces deux statuettes se sont retrouvées en Belgique, c’est du fait de la cupidité de pillards à la recherche d’un cauri sacré transmis depuis des siècles de génération en génération par les pygmées.

Cet objet rituel et magique  »garantissait une vie d’abondance et de facilité que rien ne venait troubler », en même temps qu’il donnait la  »faculté d’entrer en contact profond avec l’essence des humains et des animaux, la sève des plantes, le minerai de chaque montagne ».

Intitulées,  »D’un continent, l’autre », les six nouvelles francophones réunies dans un volume sont l’œuvre d’auteurs âgés entre 22 et 35 ans. Certains d’entre eux  »ont déjà écrit, d’autres démarrent à peine », souligne dans la préface Michèle Rakotoson, écrivain et présidente du jury  »littérature » aux Jeux de Niamey.

De la Libanaise Ritta Baddoura (médaille d’or) au Québécois Eric Valiquette (mention spéciale du jury), en passant par le Français Jean-Baptiste Navlet (médaille d’argent), Fatou Ghislaine Sanou (Burkina Faso, médaille de bronze), Nicolas Ancion (Belgique, mention spéciale du jury), Nafissatou Dia Diouf (Sénégal, mention spéciale du jury), cette génération  »est magnifique de promesses », écrit Mme Rakotoson.

Selon elle,  »il y avait là toute une génération et aussi le portrait de toute une génération, celle de la précarité qui se généralise, du monde qui se ferme, des discours auxquels on ne croit plus, mais aussi de la décision de l’altérité, du mot juste et à bon escient, de l’Internet et de l’image qui fait mouche ».

Ces auteurs  »n’ont plus de théories, ne donnent plus de leçons, n’ont plus de slogans mais, en parlant d’eux-mêmes, savent qu’ils parlent des autres, aux autres », ajoute-t-elle.

 »Ils nous offrent, par la magie du Verbe, leur perception d’un monde en mutation, plus que jamais confronté au défi d’un développement durable et solidaire », estime, pour sa part, Abdou Diouf, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), dans une postface consacrée au recueil de nouvelles.

L’ouvrage  »est une véritable symphonie à l’honneur de du génie créateur francophone, au service de la diversité culturelle et linguistique et de la construction d’un monde de justice, de solidarité et de la paix », selon Abdou Diouf.


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