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« J’irai au procès Habré pour comprendre et pour l’entendre »

  • Date: 18 juillet 2015

Lundi 20 juillet s’ouvre le procès d’Hissène Habré pour crimes contre l’humanité, crimes de torture et crimes de guerre à Dakar. En 1987, Abdourahamane Gueye a passé huit mois dans les geôles tchadiennes. Premier témoignage de la série que Jeune Afrique consacre aux victimes d’Habré.

Qui mieux que ce Sénégalais, un simple vendeur de bijoux qui croyait pouvoir faire fortune en Centrafrique, peut raconter la folie des années Habré, la paranoïa du despote et la machine à broyer des innocents qu’il a mise en place durant son règne ?

Son voyage en enfer, Abdourahamane Gueye, 68 ans aujourd’hui, l’a commencé avec son compère lui aussi venu du Sénégal, Demba Gaye. Tous deux avaient migré en Centrafrique au début des années 1980. Ils faisaient commerce d’or et de diamants avec les militaires français de passage à Bangui. De bons clients, friands de ce genre de « souvenirs ». Au début de l’année 1987, ils reçoivent une commande importante : une quarantaine de bijoux. Mais peu de temps après, les Français sont envoyés en urgence au Tchad pour stopper l’avancée des forces libyennes. L’opération Epervier vient d’être lancée.

Les co-détenus qui s’éteignent les uns après les autres, et dont on ramasse les corps

Pour livrer la marchandise (et récupérer leur argent), Gueye et Gaye se rendent donc au Tchad, un pays qu’ils ne connaissent pas, avec l’aide des Français. Départ le 21 ou le 22 mars – Abdourahamane ne sait plus -, à minuit, à bord d’un Transall de l’armée française. Atterrissage dans la nuit à N’Djamena. « On devait passer la nuit à l’hôtel, raconte-t-il. On a commencé à marcher sur le tarmac pour rejoindre le hall de l’aéroport, quand une 504 nous a barré la route. Face à nous, deux soldats et un civil en turban. Ils parlent arabe. On ne comprend pas. Ils nous font monter dans la voiture. On arrive à la présidence. On ne s’est plus jamais revu. »

Abdourahamane ne sait pas ce qui est arrivé à son camarade, sauf qu’il est mort en détention. À partir de cet instant, il ne peut donc raconter que son histoire. L’interrogatoire mené par un homme en boubou blanc, les questions (« Pourquoi voyagez-vous avec des militaires français de nuit ? »), les insinuations (« Les Français jouent un double jeu ici »), les accusations (« Vous êtes des espions de Khadafi »), l’incompréhension et finalement la mise au secret et la détention dans une cellule de deux mètres sur trois où s’entasse une dizaine d’hommes, tous des Hadjaraï (nous sommes alors en pleine répression de cette communauté). La torture ? Non, pas pour lui. Mais la mort qui rode tout autour pendant huit mois, oui. Les co-détenus qui s’éteignent les uns après les autres, et dont on ramasse les corps en putréfaction à la nuit tombée.

Fierté et impatience de voir sons pays juger son bourreau

Abdourahamane décrit aussi les démarches longtemps vaines des militaires français et des diplomates sénégalais pour le faire sortir. Paris apporte pourtant, avec Washington, un soutien militaire vital à Habré. Et Abdou Diouf, le président sénégalais, est un de ses plus fidèles amis sur le continent. Il se souvient aussi de sa libération au bout de huit mois, de son état pitoyable à sa sortie, et des excuses, timides, du ministre de l’Intérieur, autour d’un verre de thé.

Il est rentré au Sénégal depuis. Il vit « de pas grand-chose » dans la banlieue de Dakar. Son « business » centrafricain est tombé à l’eau quand il a foulé le sol tchadien. Il dit sa fierté et son impatience, plus de 25 ans après, de voir son pays juger son bourreau. « Je n’ai jamais rencontré Habré. Ce n’est pas lui qui m’a arrêté. Mais les gens qui m’ont arrêté l’ont fait sous ses ordres. J’irai au procès. Pour comprendre et pour l’entendre. »

Jeuneafrique.com

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