téléchargement

JOURNEE AFRICAINE DE LA DECENTRALISATION Une journée engloutie par la polémique sur le HCCT !

Hier 10 août a été célébrée la Journée africaine de la décentralisation et du développement local. Le thème retenu cette année par l’Union Africaine est : «l’équité, la promotion du genre et l’autonomisation des femmes pour une meilleure réalisation de l’Agenda 2063 et l’atteinte des objectifs de développement durable».  Mais ladite Journée semble être noyée par le Haut conseil des collectivités locales.

Au moment où on s’attend à une réflexion profonde sur la deuxième phase de la réforme pour sauver les collectivités locales plongées dans de sérieuses difficultés tout le débat tourne autour de la mise en place du Haut Conseil des collectivités territoriales. Pour des calculs politiciens, cette chambre consultative est décriée par les opposants au régime du Président Macky Sall et très bien appréciée par les souteneurs du Président. Et dans tous les deux camps aucune lecture ou analyse n’est faite sur la pertinence ou non de cette institution. La préoccupation des collectivités locales, des citoyens n’est également pas prise en compte dans ce débat, de très bas étage. Oui la pertinence ou non de cette institution importe peu aux politiciens. Tous ceux qui les intéressent, c’est de faire passer leurs intérêts « politiques ». Dire que le Sénégal n’a pas besoin d’organe qui soutient la politique de décentralisation c’est ne pas comprendre le sens même de la territorialisation des politiques publiques. Dans ce contexte de mise en œuvre de l’Acte 3, le Sénégal a besoin de toutes les synergies pour assurer aux collectivités locales leur envol après plusieurs années de tâtonnements. Cet organe qui existe déjà au Mali, comme au Maroc, est une Institution qui peut faire un bon travail de conseil et d’orientation pour la politique de décentralisation, si les membres du Haut conseil sont conscients des enjeux qui s’attachent à leur fonction, si la désignation des membres ne répond pas à la prise en charge d’une clientèle politique.

Le Sénégal, laboratoire de la décentralisation en Afrique de l’Ouest, malgré les nombreux actes posés depuis l’indépendance, n’arrive toujours pas à asseoir une véritable politique de décentralisation. La loi de 1996 qui devait augurer un véritable envol des collectivités avait fini de montrer ses limites. Les régions, en tant que collectivités locales, n’existaient que de nom. Aujourd’hui, avec l’Acte 3, l’autorité se cherche encore, cherche encore la voie pour une réelle autonomisation des collectivités locales. Celles-ci restent confrontées à de nombreuses difficultés surtout les nouvelles communes issues de la communalisation intégrale. Elles sont nombreuses les communes sans aucune source de revenus. Des mairies qui, parfois ne disposant même de siège fonctionnel encore moins de la logistique nécessaire pour un bon fonctionnement de l’institution. Pourtant beaucoup d’acteurs avaient de l’espoir sur cette nouvelle réforme territoriale, malheureusement sa mise en œuvre fait encore défaut. A son arrivée à la tête du Ministère de la Gouvernance Locale, du Développement et de l’aménagement du Territoire, Monsieur Abdoulaye Diouf Sarr avait annoncé l’évaluation de la première phase, cependant les acteurs attendent toujours les résultats.

M BA

Voir aussi

telechargement-2

FINANCEMENTS DES FEMMES DE L’ÉMERGENCE L’Assemblée nationale adoube Moustapha Diop

  La démarche charrie beaucoup de commentaires de la part de ceux qui y voient …