Accueil / ACTUALITES / Justice : Les longues détentions préventives sur le banc des accusés 

Justice : Les longues détentions préventives sur le banc des accusés 

Le renvoi du procès de Cheikh Bethio Thioune et ses talibés remet au goût du jour la lancinante question des détentions préventives ou provisoires.

En effet, si le Cheikh a été remis en liberté depuis longtemps, certains de ses compagnons épinglés dans ce dossier du double meurtre de Medinatoul Salam sont en détention depuis plus de 6 ans et n’ont jamais été jugés. Et apparemment ce n’est pas demain la veille.

Car, le renvoi semble avoir été fait sine die.

Et ce fait est loin d’être isolé. Beaucoup de Sénégalais et même d’ étrangers croupissent dans nos prisons et attendent leurs jugements sans savoir ce qui bloque l’instruction de leurs dossiers.

Hormis les cas de flagrance qui sont jugés rapidement, les affaires dont les enquêtes  sont soumises à instruction traînent souvent. Les prévenus ou accusés selon qu’il s’ agit de délit ou de meurtre restent en détention parfois obligatoirement du fait de la loi, en violation du principe de présomption d’innocence. Ce principe, une fiction juridique, ne se traduit dans la réalité que par la charge de la preuve qui incombe à l’accusation.

Pour le reste, l’individu est traité comme un présumé coupable et devra patiemment attendre que la Justice, le plus souvent très lente, en finisse avec son dossier. Si celui-ci a des soubassements politiques ou religieux comme c’est le cas avec l’affaire Medinatoul Salam, elle risque de ne jamais atterrir entre les mains des juridictions de jugement.

Ainsi, des centaines de personnes sont dans ce cas. Elles sont parfois jugées et voient que la peine qui leur est infligé est inférieure à celle passée réellement en détention.

Dans ce cas, elles devront se contenter de recouvrer la liberté.

Si elles sont innocentes, bien sûr la loi prévoit actuellement un système de dédommagement.

En tout état de cause, le mal est déjà fait. Il n’est pas rare d’assister, dans notre système judiciaire, à des detentions préventives systématiques. L’option de la prison est souvent prise et il n’est pas certain que l’objectif de réinsertion sociale soit plus facilement atteint.

On semble opter, bien sûr en porte à faux avec les textes, pour la peine-rétribution, la peine-punition, la dette à payer à la société, etc.

C’est pourquoi, comme l’a suggéré Me Cire Cledor Ly, il faudra désormais penser à limiter la délai de détention préventive.

Les 6 mois renouvelable une fois c’est à dire 12 mois sont acceptables pour tout travail d’instruction digne de ce nom.

On ne peut en effet détenir les gens indéfiniment. Les paramètres de liberté individuelle sont importants à détenir en compte même les crimes ne saurait rester impunis.

Au demeurant, il est important que la réflexion se poursuive à ce niveau et surtout que des peines alternatives de substitution soit trouvées.

L’option carcérale ne soit être réservées qu’aux cas graves d’intention criminelle avérée ou de négligence coupable.

Pour les autres, les travaux d’intérêt public seraient plus adaptés. Cela permettra de désengorger les prisons et de permettre aux coupables une réinsertion plus rapidité, ce qui est loin d’être une impunité.

Assane Samb

 

À voir aussi

Béthio et Cie et jugés ce lundi: Un « fake news »

L’information selon laquelle le guide des « Thiantacounes », Cheikh Bethio Thioune et 16 de ses disciples …

LD: Nicolas Ndiaye reste en poste

Le 8e congrès de la Ligue démocratique tenu ce weekend a confirmé Nicolas Ndiaye au …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *