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Justice : une réforme difforme

Les Magistrats regroupés dans l’UMS contestent. C’est rare et très rare que ces soldats de la Loi, au fait du droit et de la justice appelée à être juste, fulminent contre une réforme qui foule aux pieds le bon sens et l’équité.

Le Samedi 26 Novembre de cette année, ils ont décidé de manifester leur refus. Le litige qui les oppose au Chef de l’Etat et à son Ministre de la Justice est simple : pour des questions dont les raisons données sont impertinentes, l’Etat a décidé de rallonger la retraite de certains Magistrats triés subtilement de 65 à 68 ans. Certains Magistrats seulement et non tous.

L’Union des Magistrats du Sénégal y voit à raison une discrimination. Pourquoi cette ségrégation ? Est-ce une volonté d’avoir aux bouts des cordes de marionnettes des bras armés au service exclusif de Pouvoir Exécutif ?

L’article du Projet de Loi organique portant Statut des Magistrats concernant l’âge de la retraite, a été exclusivement modifié pour le compte du Premier Président, du Procureur général, des Présidents de Chambre de la Cour Suprême, les Premiers Présidents et Procureurs Généraux près les Cours d’Appel. Et les autres, contrairement à ceux-là, dégagent des Temples de Thémis dès que sonne leur retraite !

Les faveurs sélectives opérées par le Gouvernement sont graves. Elles attisent des tensions et alimentent une colère dans une corporation sensible qui a toujours été unie et homogène. En décidant de forcer la barre et imposer sa volonté suspecte, le Gouvernement fait fi du principe de la séparation des Pouvoirs, refusant tout dialogue pour aboutir sagement à un consensus, à un retour aux normes orthodoxes.

Le problème du Sénégal est que le Président de la République est partisan et politicien, étant Chef de l’Etat et Chef de Parti. Or, pour une démocratie civilisée, il ne doit point assumer les deux responsabilités qui font de lui Juge et Partie.

Il faut surtout et surtout qu’il cesse d’être Président du Conseil Supérieur de la Magistrature en raison de son statut de partisan. A tour de rôle, les plus hautes autorités judiciaires seraient les mieux indiquées à présider le Conseil Supérieur de la Magistrature. Mais tant que le Président- Chef de parti le dirige, la Justice ne serait jamais indépendante au Sénégal et des problèmes ne manquent jamais devant une réforme difforme initiée par des hommes d’Etats drapés de manteau de politiciens.

Domou rewmi

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