Confidences

Kaffrine : Aïda Dièye, une femme dépouillée de tous ses biens par les inondations

  • Date: 14 juillet 2015

Après les 124 mm de pluie qui se sont abattus sur la ville de Kaffrine, le désastre est à son comble. Dans la capitale du Ndoucoumane, les sinistrés se comptent par centaines. L’Observateur s’est arrêté dans la concession de Aïda Dièye, qui a tout perdu dans ces inondations.

Elle est debout, les yeux exorbités d’étonnement, de détresse. Aïda Dièye (45 ans), gargotière domiciliée au quartier Diameguene centre (l’une des zones les plus touchées par les inondations à Kaffrine), cherche des réponses à ses questions. Sans succès. Elle continue toujours de se poser des questions sur le malheur qui vient de toquer à sa porte sans avertir. Taille moyenne, teint noir et de corpulence moyenne, cette femme de ménage qui ne retrouve même plus ses repères, est encore debout au milieu des décombres. Son domicile est désormais un champ de ruines, composé de ses nombreux bagages, qu’elle avait obtenus, avec beaucoup de fierté, pendant des années de dur labeur. Regard vide, assise à côté de son mari,  les pieds dans l’eau, Aïda s’efforce  de parler.  «Ici, sous mes pieds, se trouvent encore tous mes biens : frigos, armoire, coiffeuse, lits, vêtements, bijoux, les vivres de la famille, bref tout», pleure-t-elle.

A cause des inondations, elle vient de perdre le fruit de 30 ans de sacrifices. Son époux est un cultivateur qui ne peut plus exercer ce métier de la terre, car frappé par le poids de l’âge. Il est vieux et se déplace très difficilement sur sa chaise. Pour assurer la relève et entretenir la famille, elle tient une gargote à la gare routière de Mbeuleub. Mais comme ce petit métier avec lequel elle se débrouille pour assurer la dépense quotidienne et autres les charges familiales  n’est pas toujours fructueux. Elle a également décidé avec ses économies et autres tontines, d’acheter deux congélateurs pour permettre à ses enfants d’être à l’abri du besoin. Et voila que tout d’un coup, le destin la poignarde et la dépossède de tous ses biens. «A part les habits que nous portons, rien n’a pu être sauvé. La pluie nous a tout surpris. Nous étions loin de penser que ces premières pluies allaient occasionner autant de dégâts. D’habitude, pour protéger mes affaires, chaque hivernage, je déplaçais mes bagages, que je confiais aux voisins. Mais malheureusement, cette année, ces premières pluies ne m’ont même pas laissé cette opportunité. J’ai tout perdu. Les congélateurs, qui ont été envahis par les eaux ne fonctionnent plus. Et les vivres ont également été emportés par les eaux.  A part les voisins, je n’ai personne pour m’aider. Mes enfants sont encore tout petits. L’année dernière, si nous avons  pu sortir de la maison, c’est grâce aux voisins, qui ont mis mon mari sur une chaise et l’ont emmené chez eux», raconte-t-elle.

Aida Dièye, plongée malgré dans ce décor apocalyptique, trouve les moyens de penser à son mari.  «Cette année, son état de santé a empiré et je ne peux pas le laisser seul au milieu de ces eaux pour aller habiter ailleurs. Et il faut aussi avouer qu’il n’est pas du tout aisé, de se faire héberger chaque année par une autre famille. Nous avons décidé, avec les enfants, de rester ici auprès de lui et  de nous en remettre à Dieu. Avec son état, il est même gênant de l’emmener ailleurs. Car, il passe tout son temps à me demander ses affaires, qui sont irrécupérables (au même moment, le vieux Lamine Sarr rumine encore la perte de son chapelet et de sa montre, qui ont été emportés par les eaux). Nous passons toutes les nuits à veiller. C’est très dur, mais je n’ai aucune autre alternative. Nous faisons tous nos besoins dans ces eaux nauséabondes. Chaque année, les autorités font le tour des concessions inondées et nous promettent. Mais au finish, rien n’est fait. D’ailleurs cette année, à part les éléments de la Croix Rouge qui sont venus pour les fameux recensements, aucune autre autorité locale ne s’est présentée à nous. Même si elles (les autorités) ne nous donnent rien, au moins qu’elles nous aident à nous débarrasser de ces eaux, qui ont rempli toutes les chambres. Sans cela, ces centaines de sinistrés ne pourront jamais reprendre leurs activités pour nourrir les familles», lâche-t-elle, la gorge serrée.

En attendant, Aïda Dièye, comme les centaines de sinistrés, est d’avis que ce malheur qui frappe Kaffrine est la  volonté d’Allah. Pour autant, selon elle, c’est à l’Etat de trouver des solutions structurelles pour bon nombre de villes frappées de plein fouet par ce phénomène des  inondations.

L’OBS

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