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KALTOUMA DAFFALAH, TEMOIN ET VICTIME : «On était des esclaves sexuels pour les militaires de Hissein Habré»

  • Date: 21 octobre 2015

Les dames entendues en qualité de témoins, depuis avant-hier, à la barre des Chambres africaines extraordinaires reviennent sur les abus sexuels dont elles auraient été victimes sous le régime de Habré. Kaltouma Daffalah, témoin et par ailleurs victimes, a indiqué, hier, à la barre qu’elles étaient des « esclaves sexuels pour les militaires de Habré ».

 

Les avocats commis d’office pour défendre Hissein Habré ont pris la parole, hier, pour poser leurs questions au témoin Kadija Hassan Zidane. C’est pour revenir sur les déclarations du témoin disant que le président Habré l’avait violé à 4 reprises. « Après mon arrestation, j’ai été amenée à la Présidence par Saleh Younouss et Mahamad Djibrine dit El Djonto. Dans les locaux de la présidence, Hissein Habré m’a violé à 4 reprises », disait, avant-hier, le témoin. Prenant la parole, hier, les avocats de la défense estiment que Kadija Hassan Zidane raconte des contrevérités. Selon Me Abdou Ngingue, le témoin a déclaré que c’est Saleh Younouss et Mouhamad Djibrine dit El Djonto qui l’ont amenée à la Présidence où elle aurait été abusée par le président Habré. Mais, explique-t-il, Saleh Younouss a quitté la Dds en 1987 et El Djonto est arrivé en septembre 1988. « Comment des gens qui ne se sont pas retrouvés à la Dds puissent faire une telle chose. Sur ce point, le témoin a menti », a assené la robe noire. « Non je n’ai pas menti et je ne mentirai jamais », rétorque le témoin.

Le président de la Chambre intervient et c’est pour dire à l’avocat de respecter le témoin. « Il faut également respecter l’accusé qui est là. Depuis hier, on est en train de dire des choses sur lui », a encore lancé Me Ngingue. L’attitude de la robe noire a obligé le juge à montrer son autorité pour lui demander de s’assoir. « Je ne peux pas m’assoir parce que j’ai toujours la parole », a insisté l’avocat. Il s’en est suivi un échange de propos au cours duquel les autres avocats commis d’office ont demandé à leur confrère de s’assoir. Sur ces entrefaites, le président de la Chambre a suspendu l’audience avant de convoquer toutes les parties à la salle de délibération.

Les parties semblent trouver un terrain d’entente puisque l’audience a repris, une heure après, avec la suite de l’audition de Kadija Hassan Zidane.

 

Victime : « Hissein Habré a déstabilisé ma vie »

 

A la suite de Kadija Hassan Zidane, une autre femme témoin et victime a été aussi entendue, hier, par les juges de la Chambre africaine extraordinaire. Il s’agit de Kaltouma Daffalah, à l’époque hôtesse de l’air à Air Afrique. Revenant sur son arrestation, elle a indiqué avoir été cueillie par les membres de la Dds lorsque leur avion a atterri à N’Djamena. Elle a été conduite par la suite dans un centre de détention où on l’aurait délestée de tous ses avoirs.

« Arrivée à la Dds, j’ai été déshabillée. On m’a pris mes chaussures, mon sac et mon argent. J’avais seulement ma tenue Air Afrique », a-t-elle renseigné. En effet, elle séjournera dans cette prison jusqu’à ce qu’un jour Abba Moussa vienne l’extraire de sa cellule. « Quand on m’a sorti de la cellule, on nous a conduit à bord d’un véhicule pour nous amener à un endroit où 3 camions militaires nous attendaient. On a été conduit par la suite à Wazindoung. Sur place, le commandant de la zone nous a mis dans des containers laissés par les Libyens. On était 9 femmes », a-t-elle renseigné. A l’en croire, à Wazindoung, le jour elles transportaient de l’eau pour les militaires et lavaient leurs habits. Le soir, les militaires les prenaient deux à deux et à tour de rôle pour faire d’elles « des esclaves sexuels ».

« Seules les femmes âgées étaient épargnées. Avant les rapports sexuels, on nous donnait des médicaments. C’est après qu’on nous a dit que ces médicaments nous permettaient de ne pas tomber enceinte », a dit Kaltouma Daffalah.

Le représentant du Parquet a voulu savoir d’avantage sur les abus sexuels dont ces femmes ont été victimes. Mais, sa curiosité ne sera pas satisfaite par le témoin.

« N’insistez pas. Je ne peux pas entrer dans les détails parce qu’on nous interdit au Tchad de parler de sexe devant les télévisions. C’est un mauvais souvenir pour ».

Ces femmes ont passé plusieurs jours avec les militaires avant leur libération le 12 mars 1989. « C’est suite à des coupures d’articles publiés dans le journal « Africa » localisé à Dakar que le président Habré a ordonné notre libération.  Il a reçu des coupures arguant que Mme Kaltouma a été détenue dans un des centres de détention de la Dds », a dit le témoin, selon qui, on leur a fait prêter serment de dire qu’elles n’ont rien vu ni rien entendu.

« Donc le président Habré était au courant », a lancé Me Mounir Balal, avocat commis d’office. Hissein Habré était au courant parce que, explique-t-elle, c’est lui-même qui a envoyé un avion spécial de N’Djamena à Wazindoung pour venir nous chercher. Elle a profité de sa déposition pour s’adresser à l’accusé. « Hissein Habré a déstabilisé ma vie, celle de ma fille et celle de mes parents. Alors que je  faisais le contrôle annuel, le docteur m’a déclaré inapte à cause des blessures que j’ai eues à la tête à la Dds. Je ne sais pas pourquoi cette haine contre ces pauvres femmes. Habré, un homme puissant s’est rabaissé pour s’en prendre à de pauvres cultivateurs, des paysans », a déclaré la dame.

 

Cheikh Moussa SARR

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