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Karim, de quel peuple pretendrais-tu être le candidat ? (Par Madiambal Diagne)

Il faudrait que Karim Wade règle certains préalables dirimants avant de pouvoir être candidat au nom du Peuple sénégalais – Le premier sera certainement de régler ses dettes vis-à-vis du contribuable sénégalais –

Il convient de souligner d’emblée que l’emploi du pluriel nous intrigue, car il n’y aura qu’une seule et unique élection présidentielle au Sénégal en 2019 et qu’en France, autre pays de Karim Wade, l’élection présidentielle n’est prévue que pour l’année 2022. On peut donc présumer que Karim Wade voudrait parler de la Présidentielle au Sénégal pour laquelle, il faut le dire, il a déjà été déclaré candidat au nom du Parti démocratique sénégalais (Pds). Il prétendrait alors parler au nom du Peuple sénégalais. Qu’il peut bien être malheureux ce Peuple sénégalais pour qu’un Karim Wade, qui n’a daigné prendre la nationalité sénégalaise qu’en 2003, bien après l’accession de son père à la présidence de la République, se retrouve à se dévouer à parler au nom de ce Peuple sénégalais ! C’est un Karim Wade qui a esté en justice contre les autorités de l’Etat du Sénégal, en se prévalant de sa qualité de citoyen français qui s’autoproclame ainsi candidat du Peuple sénégalais. Il a déposé une plainte, avec constitution de partie civile, devant le juge français, Leche Bertezene, du Tribunal de grande instance de Paris, contre l’Etat du Sénégal.

Cette procédure est toujours pendante et la justice française n’a pu se reconnaître compétente du fait que Karim Wade a déposé plainte en invoquant sa qualité de victime française. C’est celui-là qui prétend se porter candidat du Peuple sénégalais pour le diriger. Comment Karim Wade peut-il prétendre être le candidat d’un Peuple dont il ne parle aucune des langues nationales ? Comment Karim Wade peut-il être le candidat d’un Peuple dont il ne voudrait même pas des femmes pour y choisir une épouse ou même être vu avec l’une d’elles ? Comment Karim Wade peut-il être le candidat d’un Peuple dont il ignore jusqu’aux conditions de vie ? Qui a jamais vu Karim Wade tâter la réalité de la vie quotidienne du Peuple sénégalais en séjournant par exemple dans ses cases et chaumières, ou en buvant son eau ou même en partageant ses mets ? De ce point de vue, Karim Wade aurait peut-être pu être un candidat légitime à une élection présidentielle française, mais le hic est qu’il semble fuir la France. Allez chercher à savoir pourquoi, depuis plus de deux ans qu’il est sorti de prison, Karim Wade n’a pas daigné poser les pieds en France ou même dans un quelconque autre pays européen ?

Pourtant, c’est en France que vivent ses parents et ses enfants. Pour pouvoir rencontrer sa famille, il fait déplacer chaque fois ses vieux père et mère et ses jeunes enfants jusqu’à Doha. La France est un pays si sérieux que pour pouvoir prétendre y être candidat à une élection nationale, il faudrait daigner s’y rendre et y vivre. De même, peut-on demander à Karim Wade ce qui l’empêcherait de venir au Sénégal, en dépit des multiples annonces faites par lui-même, son père Abdoulaye Wade ou les différents responsables du Pds ?

Il faudrait alors que Karim Wade règle certains préalables dirimants avant de pouvoir être candidat au nom du Peuple sénégalais. Le premier sera certainement de régler ses dettes vis-à-vis du contribuable sénégalais, en s’acquittant de ses condamnations en amendes, dommages et intérêts. Autrement, il encourt l’exécution d’une contrainte par corps prononcée par la justice dans des décisions devenues définitives. Il ne devrait pas douter que les autorités sénégalaises se montreront intransigeantes à ce propos. Il n’en demeure pas moins que Karim Wade ne saurait ignorer qu’il ne peut pas être candidat à une élection nationale sénégalaise dès l’instant qu’il n’est plus électeur du fait d’une condamnation à plus de cinq ans d’emprisonnement ferme. Karim Wade a perdu sa qualité d’électeur pour pouvoir être éligible. C’est sans doute pourquoi il s’était bien gardé de déposer sa candidature pour diriger la liste du Pds lors des dernières élections législatives de 2017.

En conséquence, il ne pourra disposer d’un casier judiciaire qui pourrait l’autoriser à se porter candidat. Pour pouvoir être candidat, il devrait bénéficier d’une amnistie et ce ne serait pas le seul obstacle, Karim Wade aura encore besoin de renoncer à sa nationalité française pour pouvoir briguer la Magistrature suprême au Sénégal. Ces préalables réglés, il pourra affronter ses adversaires politiques qui lui rappelleront sa gabegie dans la gestion des affaires publiques.

Personne n’a encore oublié les affres du Plan takkal avec des milliards engloutis qui n’avaient jamais réussi à régler les problèmes de fourniture d’électricité au Sénégal. Personne n’a encore oublié les conditions dans lesquelles l’autoroute à péage a été réalisée sur un tronçon d’une trentaine de kilomètres de Dakar à Diamniadio. Personne n’a encore oublié les frasques de la préparation du Sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci). Personne n’a non plus oublié les péripéties de la privatisation de la Sonacos au profit de Abbas Jaber.

Les Sénégalais n’ont pas non plus oublié les péripéties de la recapitalisation des Industries chimiques du Sénégal (Ics). Personne n’a par ailleurs oublié les multiplies avenants du contrat passé avec la compagnie Saudi Bin Laden dans le cadre du chantier de construction de l’aéroport Blaise Diagne. Personne n’a encore oublié les dépenses folles de la réparation de l’avion présidentiel, la «Pointe de Sangomar». Ce serait assurément de l’outrecuidance de la part de Karim Wade que de prétendre parler au nom de ce bon petit Peuple du Sénégal !

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