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Karim, qui m’aime me suive ! (Par Momar Seyni Ndiaye)

En jouant sur plusieurs tableaux, Karim Wade se présente comme le maestro et chef d’un d’orchestre en mal de partition – Vers quelle direction entend-il mener les opposants

Ces dernières semaines ont été riches en signaux  politiques les uns aussi embrouillés que les autres : les missives de Karim sur un ton martial et messianique, les sorties fracassantes de Idrissa Seck visiblement en confiance retrouvée. La dernière en date, celle par laquelle, ses alliés ont annoncé ce fameux coup de fil de Karim  dont le président du Rewmi se gargarise avec délectation. Ainsi donc, Karim Wade a appelé Idrissa Seck pour discuter de l’avenir du Sénégal. Et dans la même foulée, le rabibocher avec son père Me Abdoulaye Wade. Cette tentative de rapprochement n’est pas en soi nouvelle. Les deux hommes se sont déjà rencontrés à Versailles et avaient décidé d’enterrer la hache de guerre.

Depuis, d’autres péripéties sont venues assombrir le climat de ces retrouvailles. En effet, lors des dernières législatives, le président du Rewmi, Idrissa Seck avait troqué, une alliance  avec Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, Malick Gakou et autres,  contre une jonction de sa famille naturelle de Watu Sénégal sous la houlette du PDS. Cette option, pour le moins contre nature, n’était pas du goût de Wade. Elle surtout a sapé la fragile réconciliation entre l’ex fils putatif et l’ex mentor.

Dans l’entourage du président de Rewmi, on s’obstinait à croire que malgré cette mauvaise passe, les relations sociales entre Idy et Wade étaient restées intactes. Et pour cela que Karim n’aurait pas eu beaucoup de peine pour rétablir leurs relations politiques comme semble le démontrer ce coup de fil magique.

Le prestidigitateur Karim aurait-t-il réussi l’impossible : ramener Idrissa Seck au bercail et le placer à la tête de la coalition. Et du coup, en faire le chef virtuel de l’opposition  qu’aucun des Wade ne peut assumer?  Le président de Rewni en pleine euphorie, ne pouvait mieux espérer à un moment où la coalition de Taxawu Sénégal se débat dans la double incertitude de la candidature effective de Khalifa Sall lourdement condamné, et éventuellement d’un choix de report de voix sur Idy, Gakou, Bamba Dièye dans en cas de confirmer de la condamnation à cinq ans..

Un grand dilemme, aux allures cornéliennes à laquelle vient se greffer la confuse posture de Karim qui continue d’entretenir l’illusion d’une candidature pour l’heure, fantasmagorique et virtuelle. A moins d’utiliser comme Mélenchon un hologramme ou un sosie, on voit mal comment Karim pourrait battre campagne au Sénégal. Résultat des courses, la confusion ne fait qu’enfler dans le camp de l’opposition, même si Idrissa Seck est probablement le seul à bénéficier d’une vraie embellie et d’un retour en grâce encore en pointillés, il est vrai.

Cependant, le président du Rewmi devrait tempérer son ardeur annonciatrice, car dans le camp des libéraux, certains  crient et haut et fort que cette communication Wade-Idy suite à l’intermédiation de Karim, ne signifie nullement, un ralliement encore moins, une consécration  du Président Seck comme candidat libéral de la coalition. Karim Wade comme un distributeur de brevets de légitimité, a, en réalité, conversé avec tous les leaders crédibles de l’opposition dans la perspective, sans doute, improbable de la constitution d’un vaste rassemblement anti- Macky. Il brouille les cartes, pour montrer qu’il existe et qu’il a de la valeur ajoutée dans la situation actuelle.

Pour autant personne ne peut présager d’une possible matérialisation de cette sainte alliance. Cette incertitude permet à Karim de maintenir le flou artistique pour faire pression sur la majorité. Et nourrir la psychose d’une unité d’action avec comme objectif, contraindre le président sortant à un second tour.

C’est la logique de Qui m’aime me suive, une posture de guide que l’ex-ministre exfiltré en exil doré à Doha ne peut assumer entièrement. Et pour cause ! En jouant sur plusieurs tableaux, Karim Wade se présente comme le maestro et chef d’un d’orchestre en mal de partition. Vers quelle direction entend-il mener les opposants ? Quel est son vrai calendrier ? En a–t-il les moyens ? N’apparaît-il pas comme un titre en papier, une sorte d’épouvantail, qui fait plus de peur que de mal. Combien de temps durera ce jeu de yoyo et de chaises musicales ?

La bataille de légitimité est déjà engagée au sein des deux principales forces de l’opposition, entre idrissa Seck et Malick Gakou. Incontestablement, la voix du Président de Rewmi est plus audible, lui qui a pris une bonne longueur d’avance sur l’opinion et la presse. Par ses flèches assassines décochées à intervalles réguliers sur le programme et le bilan de Macky Sall, Idrissa Seck tire profit des effets du procès de Khalifa Sall et leurs conséquences sur l’opinion urbaine, des résultats mitigés de la campagne arachidière, du climat social en lente décélération et du climat  politique tendu, pour tenter de se positionner comme le vrai challenger du Président sortant.

Les confrontations politiques grosses de violences et de perturbations sociales dans la perspective du vote de la nouvelle loi sur les parrainages, pourraient  lui bien profiter par ricochet. Et la condamnation probable de Barthélémy Dias, serait pour lui, un pain béni pour fustiger le régime, qu’il accuse invariablement de mal gouvernance démocratique.  De quoi confirmer ce retour en grâce. Pour combien de temps ? Le Président du Rewmi présentera son projet de programme électoral. Il commencera ainsi, une nouvelle étape d’une pré-campagne qui montre des signes d’essoufflement. A force de chercher à occuper vaille que vaille le terrain de l’opinion, Idy pourra bien user ses argumentaires électoraux avant terme.

mndiaye@seneplus.com

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