Karim Wade 1

Et si on en parlait… Karim : un mince homme politique qui a du chemin à faire ?

Pour un homme politique, la prison, surtout dans des conditions controversées, est un terreau fertile à partir duquel se raffermit l’image d’un héros. Les plus grands hommes politiques, en Afrique, ont eu à passer par les geôles ou à subir une épopée infernale. Mais Karim Wade ne l’a pas compris.
Mis en prison pour enrichissement supposé illicite, soutenu aussi bien par ses frères et sœurs de parti que par des personnalités religieuses, il n’a pas su mettre à profit cet atout. En posant un lapin à ses militants et en prenant un jet privé, moyen de transport ombrageux et suspicieux, pour sortir de l’Afrique et se rendre sur une terre asiatique où pue l’enrichissement, ce pauvre homme commet une bourde fatale !
Il n’est vraiment pas un grand homme politique. Favorisé par le hasard mais stagné par la réalité historique, il n’a pas su se donner tous les attributs nécessaires et tous les atouts politiques qui s’offraient à lui pour s’imposer comme le principal challenger de Macky Sall.
Il est devenu un ennemi public Numéro 1, étant surtout l’adversaire de toute la classe politique, celle qui tient le pouvoir comme celle qui s’oppose à elle. La seule chose qui lui est reprochée est ce qu’il fut et ce qu’il fit auprès de son père dont les dérapages faisaient surgir sur le sol africain des décombres d’une imparfaite monarchie.
Et puis, comment un homme politique, candidat déclaré à la Présidentielle, considéré par ses militants comme une victime, peut-il, après trois années passées en prison, quitter les lieux de la détention en snobant ses militants sous prétexte de conditions particulières de libération ?
Un grand homme politique ambitieux et déterminé aurait déjà un agenda politique à exécuter immédiatement d’abord par un bain de foule qui attiserait davantage le choix porté sur lui par ses militants, renforcerait son charisme et l’installerait au panthéon des hommes politiques et des candidats sur qui compter, ensuite par une bataille politique de terrain intrépide.
Mais Karim Wade n’en a pas eu la présence d’esprit. Et au-delà du Français, pourrait-il tenir un discours politique harangueur de plusieurs minutes en Wolof, langue vernaculaire au Sénégal pour expliquer ses ambitions pour le Sénégal ? Cet aspect est rarement pris en compte par les observateurs. Et pourtant, dans un pays nationaliste comme le Sénégal, il pèse lourdement dans l’orientation des destinées politiques.
Ce qui est certain, toutefois, est que les conditions dans lesquelles Karim Wade a été libéré, la présence d’un jet privé qatari et surtout du Procureur du Qatar et son « exil » dans ce Pétrodollar est l’expression absolue d’une négociation secrète menée à l’insu des auxiliaires de l’Autorité d’État qui, par impéritie et par loyauté militante, défendent sa pertinence et sa transparence. Mais le dialogue et la tractation sont réels. C’est ce qu’on appelle « deal ».
Le Sénégal est un Quartier Latin. C’est considéré que les Sénégalais ont un esprit obtus que de vouloir leur faire admettre que cette libération de Karim Wade, seule cible de la CREI, n’est pas un « deal ». C’est bien un « deal ».
Seulement, ce « deal » dessert Karim Wade. Il l’a mal joué. Et on découvre en lui un piètre homme politique qui a encore du chemin à faire.

Le Piroguier/rewmi quotidien

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4 comments

  1. Le piroguier j’ai toujours apprécié vos chroniques mais là vous n’êtes pas objectif.
    KARIM ON LUI A DONNE LA GRACE DE FORCE ET FOUTU DANS L’AVION

    • Tout à fait!

    • Non, Le Piroguier a bien vu, si Karim était intelligent, aujourd’hui il serait le point focal de toute la Nation.Il a raté une bonne occasion pour montrer sa force. Le Piroguier a parfaitement raison.

  2. KArim a un avenir sur la Politique SENEGALAISE