Accueil / ACTUALITES / Karim Wade bloque la surveillance des comptes de l’Anooci

Karim Wade bloque la surveillance des comptes de l’Anooci

Il n’y a pas eu de difficultés, pour les membres du Conseil de surveillance de l’Anoci, de disposer des éléments relatifs à la conception du projet des travaux. Mais, pour l’accès aux comptes, c’est la croix et la bannière. C’est pourquoi, le Forum civil, représenté dans cette instance par Jean Charles Tall, durcit le ton et fixe un ultimatum. Au-delà de leur date butoir, les amis de Mouhamadou Mbodji jurent de quitter le Conseil de surveillance, si les comptes ne leur sont pas communiqués.

Source : Le Quotidien
Pour une transparence aussi bien dans la conception de ses travaux bien que dans le contrôle des finances, un Conseil de surveillance avait été mis en place par l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique (Anoci). Mais, depuis son installation, le Conseil de surveillance éprouve des difficultés à accéder aux comptes de l’agence, dirigée par Karim Wade. La confidence est faite par le coordonnateur du Forum civil, Mouhamadou Mbodji, dont l’organisation siège au Conseil de surveillance.

M. Mbodji que nous avons joint au téléphone, hier, se désole que «le Forum civil n’ait aucun élément sur les comptes de l’Anoci». Cela, malgré maintes interpellations. Devant cette situation, M. Mbodji rapporte : «Le Forum civil a rappelé à l’Anoci qu’il était dans l’attente de l’ouverture des comptes. Les comptes comprennent les financements, leur utilisation et tout.» Mais, l’attente étant longue, «nous leur avons donné un rappel pour donner un dead-line afin de leur dire que si nous avons du retard par rapport à ces questions, nous serions obligés de le constater, quitte à quitter le Conseil de surveillance de l’Anoci». Cette position radicale exprimée par le Forum civile s’explique, selon son coordonnateur, par sa conviction : «Notre mandat, c’était d’exercer ce contrôle sur les travaux et sur l’argent. Si on ne peut pas le matérialiser, nous serons obligés de quitter l’Anoci. Le Forum est indépendant et, nous sommes capables d’évaluer et de quitter. On ne discute pas de ces questions.» Et de rabâcher : «L’enjeu est qu’on nous a mis dans le Conseil de surveillance pour qu’on regarde les comptes et nous allons voir s’ils (les responsables de l’Anoci) vont aller jusqu’au bout. Nous serons accompagnés par des experts dans ce travail. On a un dead-line, si on n’a pas tout, on part.»

Quid de la date limite fixée par le Forum civil ? Mouhamadou Mbodji se garde de l’évoquer pour, argumente-t-il, «ne pas donner à faire penser à un chantage». Mais, il jure que la dernière demande des comptes adressée à l’Anoci sera l’ultime. «Si cette demande n’est pas satisfaite, nous en tirerons toutes les conséquences», avertit-il.

Toutefois, il se réjouit de la lettre que l’Anoci leur a adressée, «il y a deux à trois semaines, pour nous dire qu’on allait mettre à notre disposition tous les éléments liés à ces comptes». Selon M. Mbodji, les demandes d’éléments relatifs à la conception du projet ont été satisfaites. «Les gens sont en train de fureter tout cela et nous allons être plus critiques. Mais, nous ne nous limitons pas aux critiques, nous allons formuler des recommandations», prévient-il.

La mise en place de ce Conseil de surveillance des activités de l’Anoci s’explique par les difficultés, pour les corps de contrôle de l’Etat, de produire un travail crédible, sans soupçons. Mouhamadou Mbodji explique les raisons : «Karim Wade étant le fils du Président, il serait difficile qu’on le soumette au contrôle de l’Inspection générale d’Etat. Les gens auraient dit qu’il s’agit d’une inspection de complaisance, même si ce n’est pas le cas.» Il s’y ajoute : «Tant que l’exercice n’est pas bouclé, la Cour des comptes ne pouvait pas intervenir. Pour ces raisons, on ne pouvait pas rester pendant deux ou trois ans sans qu’il n’y ait aucun contrôle sur des travaux qui vont mobiliser beaucoup de milliards. A notre niveau, nous avons dit qu’il nous faut exercer le contrôle citoyen.»

Sur la production d’un rapport sur les chantiers par le Syndicat des architectes (Synas), M. Mbodji raisonne, «le Forum civil avait fait noter, au sein du Conseil de surveillance, un certain nombre de distorsions au niveau des travaux et nous n’avions pas manqué de les soulever. L’Ordre des architectes a fait le même constat et produit un document pour faire les mêmes remarques. Il y avait une sorte de convergence sur les mêmes critiques et le Syndicat des architectes a fait le même travail. Ce qui avait occasionné la réunion de tous ces gens. L’Anoci a fait preuve de bonne foi en reconnaissant ses erreurs. Il fallait poursuivre cette logique jusqu’à se rendre compte que l’Anoci n’est pas sincère. L’Anoci a reconnu ses erreurs et a accepté de corriger».

À voir aussi

Les invalides de guerre assiègent le Palais

Restés 6 mois sans pension, les invalides de guerre ont assiégé hier le Palais. Ils …

Amadou Ba et Mary Teuw font la paix

Les ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Economie, des Finances et du Plan, respectivement Mary …