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Khalifa, dos au mur

Le Maire de Dakar, Khalifa Sall, n’a plus le choix face à Ousmane Tanor Dieng (OTD), le leader du Parti socialiste (Ps) auquel il appartient. Si ce dernier persiste à vouloir poursuivre les jeunes casseurs du parti, il devra lui faire face en se radicalisant.

En effet, le Maire de Dakar ne veut pas et ne peut pas laisser ces jeunes se faire broyer par la machine judiciaire. Or, c’est ce qui risque de se passer. Les actes de vandalisme posés par ces jeunes sont des flagrants délits qui peuvent les valoir des poursuites et même des peines d’emprisonnement.

Au demeurant,  Khalifa l’a  lui-même reconnu. Ces jeunes revendiquent leur appartenance à son « camp ». Une manière, pour le Maire de Dakar, de reconnaitre sa complicité ne serait-ce passive dans cette affaire. C’est pourquoi, il n’a pas hésité à demander aux poursuivants de ces jeunes de le convoquer.

C’est dire que sur le plan strictement judiciaire, Khalifa entend se mouiller et ne veut laisser couler les acteurs qui étaient sur le terrain. Donc, si les poursuites judiciaires ne sont pas abandonnées, ses répercussions sur le plan politique seront très graves pour le parti. Celui-ci risque une implosion qui couve depuis de nombreux mois.

Certes, Khalifa a jusqu’ici manqué de courage politique  pour faire face à Tanor, mais cela peut cesser, aujourd’hui. La perspective de ces condamnations le met dos au mur. Il n’a plus le choix.

Par contre, ce n’est pas le cas de Tanor. Ce dernier peut faire machine arrière pour sauver le parti et sa cohésion. S’il s’entête, ce sera la fin d’une stabilité très précaire, jusqu’ici. Khalifa et nombre de cadres et militants du parti ne pourront jamais laisser sacrifier ces jeunes casseurs sans prendre leur responsabilité.

Mieux, ce sera l’occasion de solder pas mal de comptes liés notamment à la candidature du Ps et à la reconsidération de la collaboration avec le président Macky Sall.

À ce propos, le problème n’est pas Khalifa mais Tanor lui-même. Il ne faut pas confondre cause et effet. Le nom de Khalifa Sall n’est agité que parce qu’il incarne, au sein du parti, un courant qui aspire sinon au changement de leadership dans le parti du moins une réorientation de la direction prise par son principal responsable. De nombreux socialistes souhaitent que leur parti ait un candidat à la prochaine présidentielle. Or, Tanor est dans une dynamique contraire. Sa position est floue pour ne pas dire attentiste. Sa situation au sein de Benno Bokk Yakaar (BBY) lui convient, parfaitement. Or, tout le monde sait que cet entrisme et cet attentisme oblitèrent les chances du parti de reconquérir le pouvoir.

Au demeurant, jusqu’ici personne ne peut savoir lequel des camps est majoritaire ; celui incarné par Khalifa ou celui incarné par Tanor.

En tout cas, le risque est grand pour le Ps de s’aventurer à laisser Khalifa et son camp se radicaliser. Il est déjà bien dommage que le dialogue soit ainsi rompu au sein du parti depuis presque deux ans. La crise est latente, insidieuse, dangereuse.

C’est pourquoi, la solution se trouve dans ce qu’a dit Khalifa lui-même  à savoir en interne. Pour le Maire de Dakar, il faut une solution politique à cette situation par un débat en interne. Il faut que les sages s’investissent en osant dire la vérité aux fautifs.

Il reste évident que toute autre démarche exposerait ce parti à une mort programmée par des leaders qui n’auront pas su préserver ce précieux héritage de Senghor.

Assane Samb

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