Accueil / POLITIQUE / KHALIFA SALL A LA BARRE : « Je suis devant le tribunal parce que j’ai dit non à une offre politique »

KHALIFA SALL A LA BARRE : « Je suis devant le tribunal parce que j’ai dit non à une offre politique »

Tout de blanc vêtu, Khalifa Sall a pris la parole, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Dakar. C’est pour dire que ce procès est politique. La preuve, c’est parce qu’il a refusé une offre politique qu’il a été attrait devant ladite juridiction. Visiblement très calme, le maire de Dakar a indiqué qu’il n’a détourné aucun sou.

Le Maire de la ville de Dakar, poursuivi entre autres pour détournement de deniers publics portant sur 1 milliard 830 millions, a pris la parole pour la première fois, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Dakar. Avant même que le juge Malick Lamotte n’aborde le fond du dossier, Khalifa Sall a demandé la parole pour faire une déclaration. Et, c’est pour dire que cette affaire est éminemment politique. Pour étayer ses propos, l’édile de Dakar a renseigné qu’il a été attrait à la barre pour avoir refusé une offre politique. « Je suis ici devant le tribunal parce que j’ai dit non. J’ai dit non à une offre politique. J’ai dit non à une proposition politique qui m’a été faite en juin et en septembre 2012 », a-t-il déclaré. Les propos du maire de Dakar ont plongé la salle dans un silence total. Et Khalifa Sall de poursuivre : « on m’a proposé un marché que j’ai décliné. On a voulu me forcer à accepter et en 2014 encore ça n’a pas marché. C’est la raison pour laquelle, monsieur le président du tribunal, j’ai voulu intervenir pour vous dire que (…) ». Sans continuer sa phrase, Khalifa Sall a été interrompu par le maître des poursuites, Serigne Bassirou Guèye. Cependant, le juge Lamotte est intervenu pour demander à l’édile de Dakar de continuer sa déclaration. Avant de terminer sa phrase, Khalifa Sall a apporté une réponse au procureur qui disait lors de sa prise de parole au cours des débats sur les exceptions de nullité de la procédure, que « Khalifa Sall a pris ». « Je ne suis pas quelqu’un qui prend et je n’ai jamais pris de ma vie », a-t-il rétorqué.

« Nous n’avons touché à aucun franc de l’Etat »

Toutefois, le maire de Dakar, en s’adressant au tribunal, a voulu déchargé ses co-prévenus. « J’ai accepté de venir me défendre et défendre l’honneur de la municipalité pour que l’opinion sache qu’attraire un maire devant le tribunal, c’est du jamais vu. En 1996, quand on votait l’acte 2 de la décentralisation, c’était pour faire en sorte que la gestion de l’Etat soit mieux organisée », a-t-il dit. Avant d’enchaîner : « en 1996, nous avions décidé de consolider la démocratie en faisant en sorte que les citoyens soient au cœur du développement. Jamais nous n’avions pensé qu’un maire serait attrait ici, devant le tribunal, pour des faits aussi graves. Nous n’avons commis aucune malversation. Nous n’avons détourné aucun sou. Nous n’avons touché à aucun franc de l’Etat. Nous avons géré les fonds de la municipalité de manière transparente. Je ne suis pas quelqu’un qui prend et je n’ai jamais pris ». Selon lui, l’objet de ce procès est de mener un combat politique contre un adversaire. « Vous voyez ces messieurs et cette dame qui sont attraits devant vous, ils n’ont rien fait. Leur seul tort est d’être des collaborateurs de Khalifa Sall. Libérez-les et jugez-moi tout seul. J’assume tout ce qu’on leur reproche », a-t-il encore déclaré. C’est sur ces entrefaites que le juge Lamotte a repris la parole pour préciser que le tribunal a été saisi pour juger 8 personnes, mais pas une personne. « Donc, on ne saurait faire de différenciation. Nous ne jugeons pas des faits politiques, nous jugeons des faits précis », a dit le juge Malick Lamotte.

Cheikh Moussa SARR

À voir aussi

La mule Karim récupère ses biens

Rikle Dacleu Idrac va retrouver ses effets personnels confisqués lors de sa détention. La mule …

Karim s’est fait de nouveaux amis

Karim s’est fait de nouveaux amis   Karim Wade a lâché tous ses anciens amis …