Accueil / POLITIQUE / Khalifa Sall craque devant ses co prevenus «Je préfère me suicider que… »

Khalifa Sall craque devant ses co prevenus «Je préfère me suicider que… »

Les propos de Khalifa Sall, hier, ont animé les débats au tribunal. Invité par le juge à éclaircir la lanterne du tribunal sur l’argent qu’il aurait reçu directement dans le bureau du receveur-percepteur, et qui est à l’origine d’une contradiction entre Mbaye Touré, régisseur de la caisse et le percepteur, le maire indique : « je préfère me suicider que d’arbitrer ».

Très calme et serein depuis le début de son procès, Khalifa Sall a montré, hier, une autre facette. Convoqué à la barre par le juge pour départager Mamadou Oumar Bocoum, percepteur de la ville de Dakar, et Mbaye Touré, régisseur de la caisse, par ailleurs Directeur administratif et financier (DAF) sur le payement de la caisse, Khalifa Sall s’est voulu précis. Il préfère se suicider que d’arbitrer. Auparavant, Mbaye Touré a affirmé que le maire de Dakar avaitdirectementreçu des fonds dans le bureau de M. Bocoum alors que le percepteur a soutenu qu’il ne l’a jamais fait. A l’en croire, il s’est toujours conformé à la réglementation pour décaisser les 30 millions. Invité à éclairer la lanterne du tribunal sur cette contradiction, Khalifa Sall lance : « je n’ai pas besoin d’être arbitre. Ils étaient tout le temps dans mon bureau. S’ils ne peuvent pas se regarder dans les yeux et dire la vérité, je n’ai pas ma place ici. Je préfère me suicider. Liiyefougoorla. Moi je suis dégouté ». Ainsi, le maire de Dakar est retourné s’asseoir sur le banc des accusés. Mais, ses deux collaborateurs restent toujours divisés sur la question. C’est sur ces entrefaites que le Président Lamotte a rappelé Khalifa Sall pour des éclaircissements. Le maire a campé sur sa position et enfoncé le clou : « ce qui me gêne, c’est que je ne pensais pas que ces gens-là pouvaient changer à ce point. J’ai beaucoup d’estime pour ces personnes, mais je me rends compte que je ne les connaissais pas. Je les regarde dans les yeux et je peux vous dire que j’ai été témoin de ce qu’ils disent. Mais moi, je ne les arbitre pas ».Par ailleurs, le receveur-percepteur, Mamadou Oumar Bocoum, a nié avoir aidé ou assisté ses co prévenus à détourner des fonds. Il confie au tribunal : « je suis ici en tant que receveur percepteur. Je conteste ces faits parce que je ne fais que respecter les textes. Et ceux qui m’ont précédé vous ont clairement dit que la réglementation a été respectée.

Les percepteurs ignorent l’existence de fonds politiques

En finance publique, il y a des fonctions différentes. Fonction différente, responsabilité différente. J’ai les justificatifs (factures et procès-verbal) et le mandat pour payer une dépense. Je n’avais que deux types de contrôle, la validité de la créance portant sur la justification du service fait, un arrêté de création et une décision de nomination du gérant ». Poursuivant, M Bocoum a soutenu avoir fait son travail en s’appuyant sur les mentions de l’arrêté de 2003 qui, selon lui, est valable jusqu’à aujourd’hui. « On parle de caisse d’avance sinon on n’aurait pas payé. Et ce décret ne s’applique pas aux collectivités locales. Ce décret ne s’adresse qu’à l’Etat. Pour les faits qui me sont reprochés, je n’ai jamais eu de contact dans le cadre de cette caisse avec Khalifa Sall. Notre seul contact c’est le mandat. Je ne me suis jamais réuni avec eux pour mettre en place un mécanisme sophistiqué. Je n’ai fait que respecter la loi qui parle de caisse d’avance », s’est-il justifié. Toutefois, il indique qu’il ne peut pas affirmer que c’est des fonds politiques. Même son de cloche chez Ibrahima Touré, selon qui il n’a pas reçu le rapport de l’Ige en intégralité, mais parmi les pièces dont il dispose, il n’y a aucun reproche par rapport à la réglementation de la caisse d’avance. En réponse à Mbaye Touré qui avait dit qu’Ibrahima Touré avait reçu l’ordre de son supérieur pour procéder au décaissement, il déclare : « je n’ai pas demandé d’avis à mon hiérarchie pour payer. J’ai été très regardant par rapport à cette caisse d’avance. J’ai payé parce que c’est conforme à la règlementation. On a 8 caisses d’avance et elles sont toutes payées en numéraires. Au moment de payer, je ne savais pas que c’étaient des fonds politiques. J’ai payé selon la règlementation ».

Cheikh Moussa SARR

À voir aussi

Parrainage : Aly Ngouille installe la Commission ad hoc

Partis politiques et membres de la Société civile vont se réunir ce matin au ministère …

Mort de Fallou Sène : Tanor et Aminata Mbengue dénoncent la politisation du dossier

Le secrétaire général du Ps et la présidente des femmes socialistes n’apprécient pas la « politisation » …