25 octobre, 2014
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L’ASSEMBLEE NATIONALE CHASSE L’ARMP :  » Ici, on n’audite pas, allez voir ailleurs « 

L’ASSEMBLEE NATIONALE CHASSE L’ARMP :  » Ici, on n’audite pas, allez voir ailleurs « 

La Représentation nationale n’aime pas qu’on fouine dans ses affaires, alors qu’elle gère des deniers publics. L’institution parlementaire a, tout simplement, rabroué l’ARMP venue l’auditer, prétextant l’article 49 de son règlement intérieur qui la soustrait des procédures de code des marchés publics.

L’institution parlementaire s’inscrit-elle dans une opaque transparence de gestion des deniers publics ou est-elle animée d’une mauvaise volonté de ne pas mettre en application les dispositions du code des marchés ? L’ARMP répondra par l’affirmative. En effet, malgré les efforts de sensibilisation et de concertation déployés par l’Autorité de régulation envers les députés, le Parlement fait montre d’une mauvaise volonté pour mettre en application les dispositions du code des marchés publics, a révélé Abdel Kader Ndiaye, lors de la présentation des rapports d’audit 2011 de l’Armp. Il soutient que le Sénégal est le seul pays dans l’espace UEMOA où l’Assemblée nationale refuse de se soumettre aux procédures du code des marchés publics. «L’assemblée nationale ne saurait faire exception. C’est inacceptable et cela pose un réel problème de moralisation de la vie politique, du moment que ce sont les députés, eux-mêmes, qui sont censés votés les lois en matière de bonne gouvernance», a-t-il martelé. Chef d’entreprise et membre de l’ARMP, M. Ndiaye dira qu’il mènera ce combat jusqu’au bout, en portant le débat sur la place publique, avec l’implication du secteur privé et de la presse pour ramener les élus du peuple à la raison. «Nous sommes dans une République et la gestion de deniers publics ne doit plus être un sujet tabou dans ce pays. Nous devons inverser la tendance de ce comportement. Il ne faut pas noyer le poisson dans l’eau», a-t-il fulminé. Lui emboitant le pas, le Directeur général de l’ARMP a expliqué que l’Assemblée nationale a été officiellement interpellée, via sa commission des finances, sur la question, mais à chaque fois, elle oppose une fin de non recevoir, arguant que son règlement intérieur prévoyait des dispositions internes pour recourir à des procédures internes de passation de marché.

«Dans la plupart des pays…»



«La Commission des finances avait accepté le principe, mais elle nous signifiait que l’Assemblée devrait prendre une loi spéciale pour l’intégrer dans le giron des marchés publics», a fait savoir Saer Niang. Toutefois, son point de vue est que l’administration de l’Assemblée nationale ne peut pas se soustraire des procédures de passation des marchés, car son budget est mis à disposition par le ministère de l’Economie et des Finances. «L’administration de l’Assemblée nationale n’étant pas les députés, donc nous ne voyons pas les raisons pour lesquelles elle devrait se soustraire du code des marchés publics et qu’il lui faut une loi spéciale pour son intégration dans le giron des marchés publics», insiste-t-il. Dans la plupart des pays, dit-il, l’Assemblée nationale est dans le giron du code des marchés publics. Tout en précisant que le règlement intérieur avait donné des indications précises sur les textes à appliquer. «Toute structure qui reçoit des deniers publics doit les utiliser dans les bonnes règles du code des marchés publics», défend-il, non sans souligner que cette application du code des marchés publics est aussi valable pour le Conseil économique, social et environnemental. Le directeur général de l’ARMP affirme avoir adressé deux courriers au président de l’Hémicycle, et dans lesquels, il lui demande d’organiser un séminaire parlementaire pour sensibiliser les députés sur le code des marchés publics et sur l’application du code à l’Assemblée nationale. «Mais, ces lettres sont restées sans suite», déplore-t-il.

Mouhamadou Ba