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L’hommage des quotidiens dakarois à Sembene, le  »monument » du cinéma africain

Les quotidiens dakarois du lundi ont rendu hommage au cinéaste Sembene Ousmane, décédé samedi à l’âge de 84 ans, le saluant comme un  »monument » et rappelant presque tous son rôle de  »pionnier » dans la cinéma africain.

Source: Aps
‘Le magicien de l’image s’est éteint », estime Le Soleil qui, dans un hommage intitulé  »Le cinéma africain perd son doyen », écrit que Sembene Ousmane  »était un magicien du verbe et de la plume. Il croyait aussi au sortilège de l’image cinématographique ».

 »La dernière séquence de la vie de Sembene Ousmane s’est déroulée le week-end dernier, sans bruit ni fureur », écrit le commentateur du quotidien qui parle d »’une mort brusque, sur un plateau de tournage. Ou encore à sa table de travail, en train d’affiner un scénario, une nouvelle ou un futur roman dans lequel il aurait plaidé pour l’avènement d’un monde plus juste, dans lequel le pauvre ne serait pas écrasé par le riche ».

 »Aussi bien par la plume que par la caméra, il a su présenter avec beaucoup de vérité la vie africaine. Il fit grincer des dents. Certains milieux français ne lui pardonnèrent pas, par exemple, des +excès+ notés dans Camp de Thiaroye, en particulier la séquence du massacre constituée de scènes répétitives d’une boucherie à l’aide de mitrailleuses lourdes », raconte le journaliste.

Selon lui,  »on gardera en mémoire sa grosse pipe dont on se demandait si elle était allumée ou non, ses boubous et ses bonnets africains, son franc-parler et ses boutades. Une silhouette surtout qui ne gravira plus les marches des podiums ni ne hantera les coulisses des festivals ».

 »Avec la disparition de Ousmane Sembene le cinéma africain a perdu l’un de ses monuments. Son nom était tellement lié au septième art, au cinéma africain, qu’il en était devenu une icône », note le Soleil qui, tout en rappelant que le cinéaste était malade depuis le mois de décembre, ajoute :  »Ce grand réalisateur n’était pas seulement un faiseur d’images. Il était aussi un écrivain de talent, auteur de nombreux romans à succès ».

Le Populaire indique, pour sa part, que le cinéma a perdu avec la disparition de Sembene un  »monument » et il salue en l’homme  »l’un des précurseurs » du 7-ème Art africain.

Le Quotidien relève que la nouvelle de la mort de Sembene a vite fait le tour de la ville,  »malgré l’heure tardive ».  »C’est pratiquement, au moment où sa dépouille était acheminée à la morgue de l’hôpital Principal que le milieu culturel d’une manière générale se retrouvait consterné », écrit le journal.

 »Il a tari son encre et usé ses planches. Il tire sa révérence en cassant sa pipe », note encore Le Quotidien estimant que le monde de la littérature et du cinéma perd  »une de ses valeurs sûres. Depuis sa naissance, le 1-er janvier 1923 à Ziguinchor, Ousmane Sembene s’est toujours battu pour marquer son temps ».

Le Matin salue  »le roi (qui) meurt » et le commentateur du journal sous le titre  »Un passeur passe de l’autre côté », constate que finalement pour les  »fiers et impénitents mortels, tout est une histoire de passage ».  »Est-ce péremptoire de rappeler le scénario classique de la vie ? » se demande le journaliste avant de répondre :  »peut-être bien que non ».

Pour Le Matin, rien ne prédestinait Sembene à être  »un des grands noms du cinéma africain et du monde ».  »(…) Il a fréquenté le genre humain non pas dans les livres, mais en posant ses pieds dans la moisissure et la sueur, souligne le quotidien. Il n’en est jamais sorti jusqu’à son dernier souffle, loin du tumulte. Il en a gardé ces petits quelques choses qui ont forgé son caractère bien trempé. Il en a retenu également sur le tard également des concessions faites au monde, pour l’histoire qui se fait aussi dans la nuance. »

Sembene est un engagé  »dans le sens de la projection. Et par l’image », écrit encore Le Matin soulignant que le discours transversal de l’artiste était axé sur le genre humain et la situation de l’Africain dans les Etats post-indépendances.

Sud Quotidien retient la  »leçon d’engagement » de Sembene et rapporte ses  »dernières confidences » qui sonnent comme des  »révélations d’adieu ».

 »Sembene est de ceux-là qui, en ces temps de grande confusion socio-politique, auront redonné toute sa dignité au terme +responsabilité+ », note Sud. Pour ce journal, Sembene a mis  »en mots et en images ce qui émerge de nouveau, il aura été de ceux qui ont nourri le lien social, évitant que soient rejetés dans les marges ceux qui ressentent ou subissent sans pouvoir dire ».

En d’autres termes, précise le quotidien de l’immeuble Fahd,  »le +doyen+ appartient à cette catégorie qui refuse de s’adjuger l’exonération de responsabilité, conscient que de la vigilance et de la conviction de chacun sur les choix fondamentaux masqués derrière les luttes des politiques et affairistes de tous acabits, dépend le sort de la société ».

L’AS parle de la dernière séance d’un monument qui s’écroule, tandis que Thiey Le Journal note que c’est le monde du cinéma et de la littérature qui est endeuillé avec la disparition de Sembene Ousmane.


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