23 septembre, 2014
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L’horreur au quartier Noflaye de Sangalkam, le père de famille asperge d’acide ses enfants et dit l’avoir confondu à de l’eau bénite

L’horreur au quartier Noflaye de Sangalkam, le père de famille asperge d’acide ses enfants et dit l’avoir confondu à de l’eau bénite

Qu’est-ce qui a bien pu prendre Saliou Ndiaye pour qu’il asperge d’acide sulfurique ses deux enfants, avant de leur en faire boire. Dénoncé par le Directeur d’Albert Royer, après le décès de l’un des enfants, le père de famille, interpellé, a soutenu qu’il a confondu le produit toxique avec de l’eau bénite. Un argument qui ne convainc pas son épouse.
C’est scandaleux ce qui s’est passé au quartier Noflaye de Sangalkam. Un enfant de moins de 5 ans est décédé des suites d’un produit corrosif que son père lui a fait boire avant de lui en asperger le visage. Le père de famille, déféré au parquet pour homicide involontaire, avait également aspergé sa fille de 8 ans avec le même produit. Tout est parti d’une lettre que le Directeur du Centre hospitalier d’Enfants Albert Royer a envoyée au commissaire Bopp du Point E, pour lui notifier le décès d’un de ses patients, en l’occurrence, Mohamed Ndiaye, âgé de moins de 5 ans. Il signale ainsi des marques de brûlures sur le visage, à la bouche et au niveau du tronc antérieur de l’enfant, suite au versement d’acide par son père. Le médecin précise que l’enfant a dû ingérer le produit corrosif, dont la présence est attestée par des lésions labiales et buccales. Il faut à ce propos signaler que le garçon n’était pas le seul à être admis dans ce centre, puisque sa grande sœur présentait les mêmes symptômes, même si elle a été finalement libérée.

Mouhamed n’était pas aussi malade que le dit son père

L’enquête ouverte mènera à l’interpellation du père de famille, Saliou Ndiaye. Entendu, ce dernier a déclaré, d’emblée, s’être trompé de bouteille en voulant laver le visage de ses deux enfants avec de l’eau bénite, pour les guérir de la maladie dont ils souffraient. A l’en croire, le jour des faits, il était à son domicile, jusqu’au moment où la femme de son frère, qui s’occupe de ses enfants, en l’absence de leur mère partie en voyage depuis un mois, lui a amené son fils dans un état pitoyable. « Il ne tenait pas debout et était presque inconscient », a dit le père de famille, qui au cours de l’enquête, a été démenti par la dame en question. Cette dernière a, en effet, déclaré devant les limiers que l’enfant ne se sentait certes pas bien, mais il marchait et il parlait correctement. Quoi qu’il en soit, Saliou Ndiaye a déclaré que face à cette situation, désemparé, il s’est saisi d’une bouteille d’eau bénite qu’il disposait à domicile pour la lui asperger. Il a également signalé qu’avant qu’il ne finisse de procéder au massage du petit Mohamed, sa fille aînée de 8 ans est apparue avec les symptômes. Là encore, il faut dire qu’il a été démenti par la femme de son frère qui soutient que cette dernière ne souffrait de rien en quittant son domicile. Selon elle, c’est lorsqu’elle est venue déposer le petit garçon auprès de son père, que ce dernier lui a intimé l’ordre de lui ramener sa fille. Ce qu’elle a fait. Poursuivant sa déposition, le père de famille a soutenu qu’après les avoir aspergé du liquide, il a constaté des brûlures au cou et à la tête de ces derniers. C’est donc à la suite de cela, dit-il, qu’il a constaté qu’il avait confondu la bouteille avec celle de l’acide qu’il avait achetée deux jours auparavant, pour les toilettes.

Saliou Ndiaye a été déféré au parquet pour homicide involontaire.

La mère des enfants : « Mon mari n’a pas dit toute la vérité… »

Guidée par l’instinct maternel, son épouse qui avait voyagé depuis plus d’un mois était subitement rentrée. Ayant trouvé ses enfants dans un état lamentable, la dame qui soutient que son mari lui a servi la même version, les a tout de suite conduits à l’hôpital Youssouf Mbargane de Rufisque, après ils ont été évacués à Albert Royer. Si la fille a été libérée le même jour, après consultation, le garçon, lui, a rendu l’âme trois jours plus tard. D’ailleurs, le certificat de genre de mort fait état d’une « mort par anémie aiguë à la suite d’une hémorragie digestive due à une ingestion de produit corrosif ». Entendue, Maty Ndiaye, la mère des enfants, a été on ne peut plus claire. « Lorsque j’ai interrogé mon mari sur l’état des enfants, il m’a déclaré que ces derniers étaient maladies, au point qu’il a jugé nécessaire de les asperger de l’acide », a dit la dame qui a également révélé contrairement aux déclarations de son époux, elle n’a jamais constaté des bouteilles d’eau bénite dans sa chambre. Et la dame toujours sous le choc, de se demander : « Comment est-ce qu’une personne de son âge peut mettre de l’acide entre ses mains, avec l’effet de la chaleur qui caractérise un tel produit, et asperger le liquide à ses enfants ». Selon elle, son mari « n’a pas dit toute la vérité sur ce qui est arrivé aux enfants… ».

Le Populaire