21 novembre, 2014
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L’obésité, facteur de risque d’Alzheimer

L’obésité, facteur de risque d’Alzheimer

Une étude sur la souris pointe le rôle de l’obésité sur les lésions du cerveau.

Depuis quelques années, les chercheurs ont découvert que certains paramètres, comme l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, le diabète, étaient des facteurs de risque associés à la maladie d’Alzheimer. Facteur causal ou seulement aggravant? La réponse n’est pas encore claire. Jusqu’à présent prévalait l’idée que ces risques agissaient par le biais d’une altération vasculaire du cerveau qui, combinée avec les lésions spécifiques d’Alzheimer, contribuait à une dégradation plus rapide de l’organe.

Or, l’équipe de Luc Buée (Inserm/Lille), et en particulier David Blum, vient de publier dans la revue Diabetes des résultats sur la souris montrant que l’obésité contribuait par elle-même à induire des lésions spécifiques de la maladie d’Alzheimer dans le cerveau. Des travaux qui, s’ils se confirment, pourraient indiquer une des voies à suivre pour la prévention. Avec plus de 860.000 personnes atteintes en France, Alzheimer représente la première cause de perte des fonctions intellectuelles liée à l’âge.

Pathologie aggravée

Les troubles intellectuels observés dans la maladie d’Alzheimer sont le résultat de l’accumulation de protéines tau anormales dans les cellules nerveuses du cerveau associée à la formation de plaques dites «amyloïdes» entre les neurones. L’équipe de l’unité mixte 837 de l’Inserm de Luc Buée, en collaboration avec l’unité 1011, vient de montrer, chez la souris, que les obèses souffraient d’une maladie d’Alzheimer aggravée. Pour parvenir à ce résultat, de jeunes souris transgéniques, qui développent avec l’âge une dégénérescence du cerveau, ont eu durant 5 mois un régime riche en graisse, les ayant rendues obèses. «À l’issue du régime, les souris obèses ont développé une pathologie aggravée tant du point de vue de la mémoire que des modifications de la protéine tau, explique David Blum, chargé de recherche à l’Inserm. Nos travaux renforcent l’idée d’une contribution majeure des facteurs environnementaux dans le développement de cette pathologie neurodégénérative.»

Clairement, l’obésité a participé au développement des signes biologiques caractéristiques de la maladie (c’est-à-dire à l’accumulation anormale de protéine tau dans les neurones). «On sait que le traitement des facteurs de risque pourrait ralentir la survenue d’Alzheimer, explique le professeur Philippe Amouyel (directeur du laboratoire d’excellence Distalz sur Alzheimer, Lille).

Un essai pourrait bientôt être lancé pour comparer 20.000 personnes âgées en bonne santé, les unes traitées contre le cholestérol, l’hypertension, le diabète, de manière très sévère et les autres recevant le traitement habituel. L’objectif est d’observer si, cinq ans après, les volontaires recevant le traitement le plus pointu souffrent moins d’Alzheimer que les autres.

Avec le Figaro.