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L’opposition défie Wade à Guédiawaye

Guédiawaye sera aujourd’hui le point de ralliement des leaders des 15 partis signataires de la décision de boycotter les élections législatives du 03 juin. Ces derniers y tiennent un meeting pour expliquer aux populations les raisons de leur choix. La révélation a été faite hier par les plénipotentiaires du Front Siggil Sénégal, au cours d’un point de presse de lancement officiel de leur plan d’action, au siège du Parti de l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck.

Source : Le Soleil
Le meeting de Guédiawaye sera suivi d’un autre rassemblement prévu demain à Pikine. Les leaders du Front seront également à Rufisque, le jeudi, et à Dakar, au siège du Parti socialiste, vendredi. La campagne sera élargie au reste du pays la semaine prochaine. L’occasion sera donnée à l’opposition “ d’appeler les Sénégalais à se joindre à elle pour mener le combat de la sauvegarde de la démocratie ”. Le plan d’action sera aussi marqué par la confection d’un document comportant les griefs de l’opposition. Cet argumentaire sera également mis à la disposition des représentations diplomatiques et organisations parlementaires.

Selon Abdou Khadre Cissokho du Ps, le lancement solennel des activités du front prouve que l’action de cette instance “ se limite à la consolidation de la démocratie ”, rappelant les manquements notés dans le processus électoral avec notamment “ les fraudes, l’incapacité de la Cena, etc. ”. Le président du Conseil d’orientation du Ps a souligné que “ l’opposition entend développer des actions permettant aux populations de se rendre compte du vol de conscience opéré par le pouvoir ”. “ Le Sénégal était un modèle de démocratie, mais aujourd’hui, beaucoup de personnes sont en avance sur nous ”, s’est-il désolé. M. Cissokho a fait remarquer que le Front siggil Sénégal polarise 40% de l’électorat sénégalais. C’est pourquoi il trouve que le dialogue “ avec ses leaders est fondamental ”, ajoutant que “ le refus de ce dialogue n’est pas responsable ”.

Amath Dansokho, leader du Parti de l’indépendance et du travail (Pit), a rappelé que l’actuel chef de l’exécutif avait boycotté les élections locales de 1990. Il avait également boycotté les sénatoriales sous Abdou Diouf. Pour lui, “ l’opposition a bel et bien le droit de ne pas participer aux élections ”. Il poursuit que leur option a pour but de “ défendre la liberté du peuple sénégalais ”. Selon lui, si l’opposition ne se mobilise pas, “ les libéraux vont non seulement rester au pouvoir pendant 50 ans comme le souhaite Wade, mais ils dirigeront le Sénégal pendant deux siècles ”. Pour lui, le président a “ un projet de succession héréditaire du pouvoir ”, soulignant que pour la réalisation de cette ambition, “ il fait tout pour exclure l’opposition du terrain politique ”.

Sur les conditions posées par Wade avant de rencontrer l’opposition, Amath Dansokho a martelé que Me Abdoulaye Wade n’a jamais adressé une lettre de félicitations à Abdou Diouf et, pourtant, ce dernier discutait avec lui après chaque élection ”. Selon lui, le pouvoir devrait suivre les traces de l’ancien président Abdou Diouf qui, selon lui, ouvrait des concertations avec l’opposition après chaque élection. Madieyna Diouf de l’Alliance des forces de progrès (Afp) a indiqué que le boycott vise des objectifs qualitatifs et quantitatifs. “ Il y a trop de confusion sur la question. Il faut faire comprendre aux populations les raisons de notre combat ”, souligne-t-il. Et M. Diouf d’avertir : “ même si le pouvoir dit qu’il y a 80% de taux de participation, le boycott sera un fait réel ”.


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