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La BAD appelle la Chine à investir ‘encore plus’ en Afrique

La Banque africaine de développement (BAD) a appelé jeudi la Chine à investir « encore plus » en Afrique, un continent où Pékin est de plus en plus actif mais aussi critiqué.
« Ce qui peut me préoccuper dans les investissements chinois, c’est qu’ils sont là, mais qu’il n’y en a pas assez! Et cela s’applique à tous les investisseurs », a déclaré le président de la BAD, Donald Kaberuka, à l’issue de l’assemblée générale annuelle de deux jours.

« Les investissements vont encore surtout dans l’industrie extractive », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Pendant deux jours, la Chine et nombre de ses partenaires africains se sont appliqués à repousser les critiques de la politique de Pékin en Afrique, où le géant asiatique a mené une véritable offensive ces dernières années, investissant dans les ressources naturelles, notamment énergétiques, et menant parallèlement une politique d’aide inconditionnelle.

C’est du Soudan qu’a émané jeudi une des plus sévères mises en garde. Le vice-gouverneur de la banque centrale de ce pays soutenu par la Chine, Elijah Malok Aleng, a averti que les investissements de la Chine dans le secteur pétrolier soudanais pourraient aggraver la crise au Darfour.

« Ils (les Chinois) peuvent avoir de bonnes intentions mais quand on exploite les ressources pétrolières, qu’on les vend et que rien ne va à la population, on finance alors la guerre », a dit cet ancien membre de l’opposition au régime de Khartoum à des journalistes, en marge des assemblées générales de la Banque africaine de développement a Shanghai.

Pour sa part, en inaugurant les travaux de l’assemblée mercredi, le Premier ministre chinois Wen Jiabao avait insisté sur la nature des liens que son pays dit entretenir avec l’Afrique: des relations basées sur le gagnant-gagnant, le bénéfice et la confiance mutuels, loin selon Pékin des accusations de néocolonialisme que lui vaut parfois sa quête de matières premières sur le continent.

M. Wen a affirmé que la Chine se tenait « aux côtés de l’Afrique pour l’accompagner dans son développement » et souligné que son pays avait « rempli ses obligations » en matière d’allègement ou d’annulation de la dette, appelant les pays occidentaux à faire de même.

Lors d’un sommet de grand relief en novembre dernier, ayant réuni 48 nations africaines à Pekin, la Chine avait promis de doubler son aide à l’Afrique et de lui offrir cinq milliards de dollars de crédits et de prêts d’ici à 2009.

Sur cette aide, les estimations varient: « Personne n’en connaît le montant exact », relève un responsable de la logistique de la BAD requérant l’anonymat.

Seule la contribution de la Chine à la BAD, dont elle possède 1,117% des droits de vote, est connue: 314 millions de dollars depuis son adhésion en 1985.

L’expérience asiatique en matière de réduction de la pauvreté était le fil conducteur des débats ayant entouré les assemblées générales du groupe de la BAD comprenant le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria, outre la banque qui est l’une des cinq grandes banques multilatérales de développement au monde.

Pour l’événement annuel, plus de 2.000 personnes avaient convergé sur Shanghai, capitale économique de la Chine et première ville asiatique hôte de la réunion.


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