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La BCEAO fait fi de la croissance économique

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), en charge de la politique monétaire de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), ‘’ne se préoccupe que de la lutte contre l’inflation et fait fi de toute préoccupation de croissance économique’’, soutient l’économiste togolais Kako Nubukpo, dans une tribune dont l’APS a obtenu copie.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de la zone Franc se retrouveront à Paris, lundi, pour faire le point sur la situation économique de la zone, quelques jours avant l’ouverture des sessions d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

‘’Pour mener à bien cette lutte, elle (BCEAO) durcit d’année en année, l’accès au crédit des agents économiques, conformément aux dogmes du monétarisme triomphant qui associe l’inflation à un excès d’offre de monnaie’’, soutient l’économiste.

Or, souligne-t-il, ‘’le problème est que l’inflation dans la zone UEMOA n’est pas d’origine monétaire (…) le principal déterminant de l’inflation dans l’UEMOA est l’inflation importée de la zone Euro, en particulier de la France, premier partenaire commercial des pays de l’UEMOA’’.

S’y ajoute aussi ‘’l’inflation par les coûts, fortement liée à la facture pétrolière’’, selon Kako Nubukpo qui indique que ‘’le troisième déterminant de l’inflation dans l’UEMOA est l’inflation issue des chocs climatiques (sécheresse, inondations…) ; ceux-ci engendrent de mauvaises récoltes qui se traduisent par des flambées de prix alimentaires’’.

Pour lui, ‘’en choisissant depuis la libéralisation financière de 1989 et l’instauration des taux d’intérêt directeurs comme instruments privilégiés de la régulation monétaire, de s’attaquer exclusivement à l’inflation, la BCEAO s’est enfermée dans une obsession anti-inflationniste d’autant plus préjudiciable à la croissance de la zone UEMOA que cette inflation n’est pas d’origine monétaire’’.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ‘’devrait opter résolument pour une réforme de son dispositif de gestion monétaire dans le sens d’un pragmatisme accru’’, préconise Kako Nubukpo, chef du pôle « Analyse économique et recherche » de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

‘’Par exemple, explique-t-il, si l’inflation dans l’UEMOA provient de l’insuffisance et de l’instabilité de l’offre agricole, il paraît logique qu’une politique de lutte contre l’inflation efficace soit une politique de lutte pour la hausse et la stabilisation de l’offre agricole’’.

Mieux, ajoute-t-il ‘’le retour de vraies politiques publiques, notamment agricoles, est impératif si l’on veut répondre durablement aux défis de l’insécurité alimentaire dans l’UEMOA.

Pour l’économiste, ‘’une réflexion d’urgence s’impose sur l’opportunité de disposer de réserves de change excessives et d’une monnaie très forte, coexistant avec un sous financement chronique des activités économiques, un faible taux de croissance économique, une pauvreté galopante et une agriculture familiale aux abois’’.

OID/AD

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