Nous voulons «faire passer la justice avant les intérêts particuliers», a assuré le président de la Chine, dont l’économie tournée vers l’exportation de produits manufacturés profite en premier lieu du développement des pays du Sud.

Cette annonce, effectuée au moment où le chef de l’Etat chinois parlait pour la première fois aux Nations unies, a succédé à des critiques américaines et d’autres pays développés sur le manque d’implication de la Chine en faveur des pays les moins développés.

Les responsables chinois se sont souvent vu reprocher de focaliser leurs actions dans les pays du Sud en écartant les critères humanitaires au profit des intérêts économiques ou stratégiques de la Chine.

Les dirigeants de la planète ont adopté vendredi un ambitieux programme de développement durable, à réaliser d’ici fin 2030, promettant un monde meilleur d’ici 15 ans dans tous les domaines, éducation, pauvreté, santé, environnement. Ce sommet réunit jusqu’à dimanche plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement au siège de l’ONU.

La Chine, deuxième économie mondiale, est devenue ces dernières années le principal partenaire commercial des pays africains.

La Chine est aussi devenue le principal partenaire commercial de l’Amérique latine, le sous-continent lui fournissant matières premières et ressources énergétiques. Pékin a promis d’investir 250 milliards de dollars sur dix ans en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Xi Jinping a aussi dit que son pays allait alléger cette année les dettes qui lui sont dues par les pays pauvres, sans toutefois donner de chiffres ou préciser quels pays bénéficieraient de cette initiative.

 La Chine a été à l’initiative du lancement de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII) cet été, destinée notamment à contrer l’influence du Fond monétaire international (FMI). Celle-ci doit être opérationnelle d’ici la fin de l’année et contribuer à financer des travaux d’infrastructures en Asie, région où les investissements font cruellement défaut.

La BAII se veut de fait un contrepoids au contrôle exercé par les Etats-Unis sur la Banque mondiale (BM) et sur la Banque asiatique de développement (BAD), aux côtés du Japon.

«Il est important d’améliorer la gouvernance économique globale, d’améliorer la représentation et le poids des pays en développement et de donner à tous les pays un droit égal de participation dans le processus de décision international», a repris M. Xi.

Les promesses d’aide chinoises restent malgré tout en-deça de celles d’autres pays occidentaux: les Etats-Unis ont par exemple fourni 30 milliards de dollars d’aides en 2013, et la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne ou le Japon ont tous donné plus de 11 milliards, selon l’Organisation pour la coopération économique et le développement, basée à Paris.

AFP