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La coopération internationale : un outil d’assimilation (Par Birame Waltako Ndiaye)

Faites signe quand vous trouverez la manière pour une société de se développer, d’empiler biens et bonus sans perdre son âme. À mesure que les activités économiques changent de nature et d’affluence, les liens sociaux se contractent, ne laissant de la place qu’aux futilités, frivolités et afflictions sur l’étendue des valeurs dépravées par inconvenance. Rationalisation par-ci, résolution par-là, la course au développement, effort d’adaptation au mode de vie occidental, terrifie de sa réduction des personnes en figure de producteur ou de consommateur. La classe politique sénégalaise y adhère gaiement faute d’ambition et d’authenticité.

Parti écologiste libéral, parti libéral et social, tout y passe avec ses lots d’incohérences et de burlesques. Le malaise est manifeste, l’impasse dans le déploiement hasardeux des politiques publiques l’est tout autant. Comment intéresser les investisseurs tout en ménageant les spécificités locales? Sous l’angle comptable, il est facile de répertorier les avantages et retombées qui profitent à l’économie brute. Mais, le préjudice est à trouver dans les effets irréversibles sur l’organisation sociale et sur l’environnement. En fin de compte, nous perdons au change dans la mesure où les externalités négatives nécessitent à leurs tours des moyens colossaux, sinon pour rétablir, du moins pour compenser.

L’homme politique sénégalais reste bourré de convenances et d’affinités n’usant que de caresses corruptrices des masses. Il ne projette hors de lui que son obsession au modèle pourtant forclos depuis les moult ajustements de structures et de goûts, clouant, condamnant et sacrifiant tout un peuple. Taciturne combattant en faillite, il peine à se libérer des faiblesses familières de reproduction des portraits. Le pays suffoque de l’amour amorphe de son élite; leurs contes et couplets ne rendent pas compte de la tonalité de son désir lascif. Le leader politique prometteur qui mérite respect et attention est celui-là qui s’émancipe de cette fatalité pour ne concevoir l’avenir du pays qu’en termes d’organisation inhabituelle.

Émerger par la force et la fraicheur de l’originalité en toute tranquillité railleuse de la frénésie des vis-à-vis. Privilège précieux, pouvoir particulier, paix retrouvée, l’aventure exige précisément le recouvrement de notre envieux cœur d’enfant, mixte de simplicité, d’euphorie et d’esprit. Le travail n’est pas en cause, c’est dans les habitudes de consommation que le tourment s’installe et que se dessine la pente qu’emprunte l’inféodation des sénégalais au système économique puis culturel. Rigidité insufflée de guerre lasse, le développement, promotion de l’indifférence, nous perd de ses appels absurdes au bonheur, intensité de l’abondance et carence sociale.

Le développement implique des bouleversements sociaux que nous élaguons trop vite, agités derrière les fabuleuses visées de prospérité. La croissance économique, somme des emballements individuels, sollicite une frénésie ruineuse d’humanité, consommation à la folie, consommation sans partage, surconsommation dans l’intimité. Dès lors des droits et libertés à consommer viennent réduire les rapports humains à des relations de rivalités encadrées pour faire raffinés et civilisés. Symptôme de troubles collectifs compulsifs, chaque citoyen s’apprécie en opposition de son prochain et s’évalue à mesure que l’autre bascule et libère une parcelle de débouché. Adieu foi! Au revoir la douceur!

Bien sûr que les interactions dans l’économie globalisée exigent des arrangements et des compromis, mais le pari est d’opiner s’il le faut tout en riant des prétentions affichées d’aide et d’appui. Voilà qui peut prévenir de la volonté d’ériger le continent noir en auberge de recyclage et d’expérimentation en cours. Enfer des convoitises ruineuses, plus question de nous contenter d’avoir quelquefois pleuré, plus question de souscrire à l’assurance des protecteurs sentencieux.

Birame Waltako Ndiaye : waltacko@gmail.com

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