Accueil / SOCIETE / La désillusion des émigrés en Espagne

La désillusion des émigrés en Espagne

Le voyage du ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, au Sénégal a permis, nous dit-on, de signer un accord afin de « renforcer la coopération avec le Sénégal, la gestion des frontières, de rechercher des formules d’investissement et des contrats de travail pour les Sénégalais, dans une période allant du 1er juillet 2007 au 31 juin 2008. »

Source : African Global News
Une belle initiative qui rassure beaucoup d’entre les Espagnols et les Sénégalais qui ont souffert de ce drame humain. Oui drame humain, car aux yeux des Espagnols, il n’y a que le désespoir qui peut pousser un homme à risquer sa vie au bord d’embarcations de fortune. Pour les Sénégalais vivant en Espagne, ce fut une période difficile. La honte et la gêne étaient devenues leur lot quotidien. Aucune chance d’esquiver les questions, par ailleurs pertinentes des autres.

L’immigration clandestine était devenue, à part le terrorisme, le souci numéro 1 des Espagnols, à en croire une publication du Centre de recherche sociologique (Cis) (Août 2006). A juste titre d’ailleurs, car la propagande télévisée est chaque soir au rendez-vous pour montrer les images de la honte. Des centaines de jeunes souvent à la fleur de l’âge le regard éteint, faibles à ne plus tenir sur leurs jambes, grelottant de froid enveloppés dans des couvertures de la Croix-Rouge. Des images choquantes, qui heurtent la sensibilité. L’incompréhension était sur tous les visages.

Quelle explication donner à ces personnes qui ne connaissent de notre pays que les reportages de quelques journalistes qui, après avoir visité une infime partie du Sénégal, présente son côté famélique pauvre à faire pâlir plus d’un. Le Ministre de l’Intérieur Me Ousmane Ngom a déclaré qu’en cette année 2007, il y a eu peu d’embarcations qui ont pu déjouer la vigilance du dispositif européen Frontex (de surveillance des côtes) pour lutter contre l’émigration clandestine.

Mais, cela n’est pas suffisant, il est arrivé le temps de revoir la politique en matière de visas. En fait, elle pourrait contribuer efficacement à davantage diminuer le taux élevé de personnes qui risquent leurs vies afin de rejoindre les ports espagnols.

Pour les jeunes que nous avons rencontrés, il est devenu une mission impossible d’entrer en possession d’un visa Schengen, alors s’impose « la traversée de la mort ».

Et les mafias sont bel et bien là pour aider à concrétiser ce rêve. Les candidats à l’immigration clandestine font légion, malgré un renforcement du contrôle des frontières. Ils n’attendent que leur heure et une opportunité, pour reprendre la mer qui jusqu’ici, en a enseveli des milliers.

La plupart des jeunes restent convaincus que le salut est d’émigrer, et en Espagne. Malgré les rapatriements, les difficultés éprouvées par certains qui vivent dans la misère, les explications des uns et des autres, la seule finalité est de venir en Espagne. Il est clair aussi que les mafias ne vont pas délaisser une activité aussi lucrative qui permet d’être millionnaire en un laps de temps très court.

La misère au bout… du tunnel

L’Espagne n’est pas un Eldorado ou ne l’est plus, pour paraphraser les immigrés vétérans. Les difficultés sont de plus en plus palpables tant pour les légaux que pour des clandestins et beaucoup d’immigrés pensent de plus en plus au retour. Ce ne sont pas les Sénégalais qui y vivent qui diront le contraire. Le mal vivre, le manque de travail, surtout à Madrid où la ville arbore un nouveau visage loin des bruits de plusieurs chantiers durant presque une année.

Travailler plus pour gagner moins, travailler dans deux endroits différents pour joindre les deux bouts, ou encore se compromettre dans des affaires louches, voilà le lot de la plupart des Sénégalais qui vivent en Espagne et qui ne sont pas des salariés. Ou encore, comme disait un ami, « je me débrouille comme tous les qualifiés sans profession en Espagne ». Une phrase qui laisse deviner toute la difficulté que nos compatriotes rencontrent en ce moment.

Confrontés à la rareté du travail et à la cherté de la vie, l’idée de rentrer au bercail et de mettre sur pied des projets de développement n’est plus une gageure. Cependant, pour beaucoup de ces Sénégalais, la partition du gouvernement pour faciliter cette réintégration est encore mal jouée.


À voir aussi

Seneporno- La CDP traque toujours son administrateur !

Awa Ndiaye ne lâche pas «Seneporno». La présidente de la Commission des données personnelles (CDP) …

Signature de convention entre la Sonatel, la Mairie de Yoff et Proplast

Abdoulaye Diouf SARR a présidé hier, devant sa commune, la signature de la convention entre …