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La famille apprend le décès accidentel de Yacine Ciss en voyant sa photo à la Une du journal

Les parents de la vieille femme renversée par la voiture du ministre Bacar Dia lorsque le cortège du Premier ministre traversait Rufisque, se sont enfin manifestés. N’ayant pas eu écho de l’accident, ce n’est que le lendemain qu’ils ont appris la triste nouvelle en voyant sa photo à la Une du journal. Auparavant, ils avaient effectué des recherches auprès des autres membres de la famille établis dans la ville et sa banlieue, pensant que la dame s’y était rendue sans les avertir.

Source : L’Observateur
Quartier Fass de Rufisque. A quelques encablures de la maison de Mamaya Sène. «Daara J», c’est sous cette appellation qu’est connue la maison où habite quelques petits-fils de Yacine Ciss, la défunte. C’est là qu’elle s’installait chaque fois qu’elle venait à Rufisque. Originaire du village de MontRolland, elle venait s’y installer chaque année, durant cette période, communément appelée «noor», pour vendre les fruits de ses récoltes. Bissap, kandja et autres légumes qu’elle venait proposer à la population rufisquoise, étaient récoltés dans son propre champ qu’elle cultivait durant la saison des pluies. A notre arrivée sur les lieux, les Baay Fall du Daara J étaient en train de déjeuner. Après les salutations d’usage, avant même de s’enquérir de l’objet de notre visite, ils nous introduisent avec beaucoup de courtoisie dans une chambre où la télévision était allumée. La déclinaison de notre identité ne change rien à leur attitude. Allou Diène, l’un des petits-fils qui a été entendu à la police, après l’identification de sa grand-mère et qui semble être le chef de famille était absent. Un de ses frères accepte de répondre à sa place. «Cela a été un choc terrible quand on a appris la nouvelle», lâche-t-il d’une voix basse, en baissant la tête. Ce jour-là, il s’était rendu à son chantier tôt le matin. Il n’avait même pas eu écho de l’accident qui était le sujet des discussions dans toute la ville. A 15h passées, l’heure à laquelle elle rentrait habituellement, elle n’était toujours pas là. Mais ils se sont dit, sans s’inquiéter outre mesure, qu’elle avait dû aller chez un de ses petits-fils qui avait quitté la maison pour s’installer un peu plus loin à Sant Yalla. Quand on leur a appris qu’elle n’y était pas venue, ils ont commencé à s’inquiéter. Mais comme il faisait tard, ils ont préféré attendre le lendemain pour aller voir du côté de Keur Massar où elle compte également des parents. « A cause de la coupure d’électricité qui a duré jusque tard dans la nuit, nous n’avons même pas écouté les nouvelles à la radio», explique Aïda Diène, une autre petite fille de Yacine Ciss, âgée d’une vingtaine d’années. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas entendu parler de l’accident». Aïda semble la plus touchée par cette perte brutale. «Avec elle, on ne s’ennuyait jamais. Elle avait le don de répandre la bonne humeur. Les discussions avec elles étaient très animées», ajoute-elle. Elle nous apprend que Mame Yambal comme on l’appelait affectueusement, était arrivée à Rufisque il y a un peu moins d’un mois. Contrairement aux années précédentes, elle avait pu cette fois, écouler sa marchandise assez rapidement et projetait de retourner à Mont Rolland dans les jours à venir. «Nous partagions la même chambre, confie-t-elle d’un air nostalgique. Le jour de l’accident, j’étais allée à une cérémonie et je suis rentrée assez tard dans la nuit. A cause de la coupure, poursuit-elle, il faisait extrêmement noir». Pour ne pas déranger Mama Yambal qu’elle croyait endormie, elle a regagné sa place dans le lit à tâtons, dans le noir. «Ce n’est que quelques heures après, alors que je replaçais mon oreiller, que je me suis aperçue qu’elle n’était pas sur le lit. Pensant qu’à cause de la coupure, elle s’était étendue dans la chambre des enfants, en attendant mon retour, je suis allée voir. Pas l’ombre de Mame Yambal. C’est seulement à ce moment que j’ai appris qu’elle n’était pas rentrée». Le lendemain, ils ont découvert avec horreur que la photo à la Une du journal était celle de Mame Yambal. «On l’a reconnue aussitôt. Certains d’entre nous n’ont pas voulu y croire. Mais il n’y avait aucun doute, c’était bien elle, raconte Aïda. Il ne nous restait plus qu’à nous en remettre à Dieu. Nous sommes ensuite partis à la morgue à Dakar puis à la mairie. C’est de là qu’on nous a orienté vers la police». En ce moment la famille éplorée n’attend que le corps de la défunte afin de l’acheminer vers Darou Salam à Touba où il sera inhumé.


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