POLITIQUE

La Guinée-Bissau sans gouvernement, bras de fer au sommet de l’Etat

  • Date: 14 août 2015

Bissau, 13 août 2015 (AFP) – La Guinée-Bissau a plongé jeudi dans une nouvelle crise politique après la dissolution par le président de la République, José Mario Vaz, du gouvernement du Premier ministre Domingos Simoes Pereira à la suite d’une mésentente au sommet de l’Etat.

« Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Domingos Simoes Pereira est dissous », stipule un décret présidentiel daté de mercredi soir, et reçu jeudi par l’AFP.

Le gouvernement Pereira avait été formé en juillet 2014, après la victoire de José Mario Vaz au second tour de l’élection présidentielle en mai.

MM. Vaz et Pereira sont membres du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), formation qui a dirigé la lutte pour l’indépendance obtenue en 1974 par cette ex-colonie portugaise.

Après la dissolution du gouvernement, le président Vaz doit « demander au PAIGC de lui proposer le nom du futur Premier ministre comme le veut la Constitution », a expliqué jeudi à l’AFP un juriste bissau-guinéen, Carlos Vamain.

Le PAIGC, majoritaire à l’Assemblée nationale avec 57 députés sur 102, devait se réunir jeudi pour s’entendre sur le nom à proposer, selon des sources proches de ce parti présidé par M. Pereira.

Mais le blocage pourrait être entier si le parti choisit de reconduire dans ses fonctions l’ex-Premier Pereira, selon les mêmes sources.

Dans un discours à la Nation mercredi soir, M. Vaz avait indiqué que « la crise de confiance au sommet de l’Etat », nuisant au « bon fonctionnement des institutions », n’avait pu être résolue en dépit d’efforts de conciliation de différents interlocuteurs, dont les présidents sénégalais Macky Sall et guinéen Alpha Condé.

Il avait cité plusieurs dossiers litigieux avec son Premier ministre, dont « la nomination d’un nouveau chef d’état-major des armées », « le manque de transparence dans l’attribution des marchés publics, la corruption, le népotisme, des obstructions à la justice »…

Le 7 août, M. Pereira avait déjà reconnu l’échec des tentatives de résolution de son différend avec M. Vaz et annoncé la prochaine dissolution de son gouvernement. Lors d’une conférence de presse jeudi, il a rejeté les accusations de M. Vaz à son encontre: elles « sont fausses », ce sont « des inventions ».

Il a par ailleurs indiqué que le PAIGC soumettrait son nom au président et s’est déclaré prêt à « utiliser tous les moyens légaux » pour rediriger le gouvernement. « Si le président demande que le PAIGC propose le nom du futur Premier ministre, ce sera moi.

S’il refuse, le parti lui enverra à nouveau mon nom », a-t-il soutenu. Dans un tel scénario « de statu quo, le président se verra dans l’obligation de dissoudre le Parlement et d’organiser de nouvelles élections législatives dans 90 jours », a indiqué le juriste Carlos Vamain.

– ‘Surmonter les différences’ –

Le Portugal a affirmé regretter « profondément l’aggravation de la situation de crise institutionnelle », il a exhorté « tous les acteurs politiques guinéens à dépasser rapidement leurs divergences à travers le dialogue ».

L’Union européenne (UE) a également déploré « les récents développements politiques en Guinée-Bissau ». Selon elle, ils pourraient « mettre en péril » les efforts pour la démocratie dans le pays, qui a organisé en 2014 une présidentielle et des législatives saluées après une transition ouverte par un coup d’Etat militaire en avril 2012.

Elle invite « toutes les forces démocratiques et les institutions en Guinée-Bissau » à coopérer « pour surmonter les différences » pour la bonne marche du pays. A Bissau, la situation a été normale jeudi, sans déploiement visible de sécurité, selon un journaliste de l’AFP.

« Depuis deux semaines, nous sommes en alerte mais dans les casernes. Le chef d’état-major (de l’armée, Biague Nantam, nommé en septembre 2014 par le chef de l’Etat) nous a demandé de rester hors de l’arène politique », a déclaré jeudi à l’AFP un responsable de l’armée.

Les militaires sont plusieurs fois intervenus dans des conflits entre les hommes politiques, en s’efforçant de maintenir ou d’évincer des responsables.

Depuis son indépendance, ce pays lusophone de 1,6 million d’habitants a connu plusieurs coups d’Etat – réussis ou avortés. L’instabilité politique et la pauvreté y ont facilité depuis des années l’implantation de trafiquants de drogue, avec la complicité présumée de hauts responsables de l’armée.

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