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La masse salariale mensuelle passe de 171,8 à plus de 210,8 millions de francs Cfa

Le nombre de députés passera, dès la prochaine législature, de 120 à 150 parlementaires. Ce qui ne se fera pas sans conséquence. Rien que pour la rémunération des députés, la masse salariale passera de 171,8 à 210,8 millions de francs Cfa, tous les mois. Ceci, sans compter les autres privilèges.

Source : Le Quotidien
Pour cette prochaine législature, l’Assemblée nationale devrait revoir son budget à la hausse. Ce, d’autant qu’une loi a été adoptée pour porter le nombre de ses membres de 120 à 150 ; soit trente députés de plus. Et c’est un truisme que de dire qu’une augmentation des députés entraînera forcément une augmentation des dépenses. Des moyens seront encore déployés au profit des trente nouveaux députés. Il s’agit d’abord, des rémunérations. En effet, avec ces trente parlementaires, la masse salariale de l’Assemblée connaîtra une hausse de 39 millions de francs Cfa par mois, si ces derniers restent députés simples. Car les vice-présidents, les présidents de commission, les questeurs et les secrétaires élus sont les mieux payés dans l’hémicycle. Les huit vice-présidents de l’Assemblée nationale, les deux questeurs et les six secrétaires élus ont, chacun, deux millions de francs Cfa de salaire, 1000 litres d’essence. Ceci, sans compter les véhicules qui leur sont octroyés avec chauffeur et 500 000 francs Cfa de téléphone.

Quant aux présidents de commissions qui sont au nombre de treize, ils bénéficient mensuellement, de 1,6 million de francs Cfa. Tandis que le député simple reçoit 1,3 million de francs Cfa. Aussi la masse salariale de l’Assemblée nationale passerait-elle de 171,8 millions de francs Cfa pour flamber jusqu’à plus de 208,8 millions de francs par mois. Ceci, sans comptabiliser les autres avantages comme le carburant, les véhicules, le téléphone et les divers. Pour les véhicules, il faudra encore compter avec l’achat de 150 nouvelles bagnoles, après que le Président Wade a offert les 4×4 de la législature écoulée.

Pour Ibrahima Sène, chargé des affaires économiques au Parti de l’Indépendance et du Travail (Pit), tout cela est excessif. «On n’a pas besoin d’avoir un président et une pléthore de vice-présidents à l’Assemblée, avec rang de ministre. Un président et un vice-président suffisent largement avec comme privilèges des indemnités de suggestion qui seraient à la moyenne des indemnités de suggestion dans la Fonction publique», a déclaré M. Sène.

39 MILLIONS DE FRANCS DE PLUS

L’économiste refuse, toutefois, l’idée d’octroyer des jetons de présence aux députés. «Cela est un faux débat. En tant que représentant du peuple, le député doit être rémunéré», martèle M. Sène. Avant de s’interroger: «Mais à quelle hauteur ?» Pour le responsable du Pit, «le salaire du député ne doit pas être supérieur au salaire moyen d’un fonctionnaire de la Fonction publique. Parce que le parlementaire doit vivre les mêmes conditions que la moyenne des populations qu’il représente». De l’avis de Ibrahima Sène, les députés ne doivent non plus prétexter des bases politiques pour bénéficier de certains avantages. «Le député siège à l’Assemblée pour le compte de son peuple et non pour le compte d’une base politique», souligne le marxiste.

Contrairement à Ibrahima Sène, Seydou Guèye du Parti de la Réforme (Pr) ne trouve rien d’excessif ni dans l’augmentation du nombre de députés, ni dans leur traitement. «Je ne pense pas que cela (ndlr: augmentation du nombre de député) puisse entraîner des dépenses excessives. Cela n’entraînera que des dépenses en relation avec l’augmentation du nombre des députés. Ce n’est pas parce qu’on va passer de 120 à 150 députés que c’est excessif». Et d’ajouter : «Il ne me semble pas qu’on puisse faire avancer la démocratie, construire un pays moderne sur des bases misérabilistes. Et il ne faut pas tromper l’opinion en lui faisant croire qu’en faisant de petites économies, on va avoir une masse financière.» Quand une institution est mise en place, dit-il, «il faut lui donner les moyens de son efficacité, de son action. Le problème, c’est moins, de donner ou pas à l’Assemblée deux députés ou moins de deux députés, que de faire de cette institution un élément de stabilisation de notre démocratie, un cadre de travail. Ce qui est important, c’est que l’institution puisse délivrer le travail qu’on attend d’elle».

Dans tous les cas, par rapport aux dix précédentes législatures, la onzième avec les diverses charges qu’elle engrangera, coûtera plus chère aux contribuables sénégalais.


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