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La part congrue des politiques

Face aux énormes enjeux auxquels l’agriculture africaine doit faire face, il est triste de constater que sa part dans les dépenses publiques est toujours aussi confidentielle. Le débat a été à nouveau posé à Bamako, au Mali, les 30 et 31 juillet dernier, à l’occasion du séminaire de deux jours organisé par la ConfÈrence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC) à l’intention des journalistes, sur le thème des « politiques agricoles et le commerce international ».

Source : Sudonline
Après Saly Portudal au Sénégal où, du 30 août au 1er septembre 2006, dans le cadre d’un atelier international qui avait réuni producteurs, experts en agriculture, chercheurs, spécialistes en commerce international, experts en négociation, parlementaires et journalistes, la Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (CMA/AOC) a remis ça, cette fois à Bamako. Dans la même dynamique de renforcer les capacités des acteurs des médias venus du Bénin, du Sénégal, du Togo, du Niger, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Burkina Faso, en vue d’une meilleure prise en charge des questions agricoles, la CMA/AOC a, les 30 et 31 juillet 2007 dans la capitale malienne, jeté un pavé dans la marre des décideurs africains, à travers plusieurs thèmes aussi cruciaux que d’actualité, portant notamment sur la place de l’agriculture dans les économies des pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ; les processus de formulation et de mise en oeuvre des politiques agricoles ; la sécurité alimentaire ; ou encore les négociations commerciales internationales.

Des différents exposés, il ressort qu’en termes de contribution au Pib ou à la création d’emplois, mais aussi aux recettes fiscales, la place de l’agriculture dans les économies des pays d’Afrique reste prépondérante. Pourtant, au regard des résultats et des politiques qui la sou-tendent, cette prépondérance est plutôt douteuse. C’est la région au monde où la productivité agricole est la plus faible. C’est aussi la seule région du monde importatrice nette de produits agricoles, comme l’ont souligné les journalistes participants à l’atelier. Au point que certains d’entre eux se demandent même s’il ne faudrait pas plutôt se féliciter de la flambée des prix constatés actuellement dans la plupart des pays africains comme le Sénégal, étant entendu que « cela pourrait favoriser le développement de notre agriculture ».

Selon les chiffres donnés par Doudou N’Diaye, expert agroéconomiste, 32% des personnes souffrant de faim dans le monde résident en Afrique subsaharienne, par exemple, alors que le taux de croissance économique y varie entre 1 et 5,6%.

De plus, la part congrue de l’agriculture (5 à 6%) dans les dépenses publiques ne bénéficie même pas au secteur, lui-même, mais à des agents et autres individualités au niveau des administrations selon le constat qui en a été dressé.

Alors que les objectifs majeurs des politiques agricoles visent à assurer une sécurité alimentaire basée sur un développement agricole durable, les politiques agricoles entreprises butent sur une kyrielle de contraintes tout aussi majeures.

Que de contraintes

L’inadaptation des politiques agricoles au contexte socio-économique et celle de la recherche agricole par rapport aux besoins et contraintes des producteurs, ajoutées à l’absence d’une sécurisation foncière à l’effet de promouvoir les investissements productifs, sont autant d’obstacles majeurs. Comme si cela ne suffisait pas, on note non seulement un manque de professionnalisme des acteurs, mais surtout une faiblesse des financements et une inadéquation au crédit au système de production. Des contraintes de taille qui suscitent un exode rural massif entraînant une chute de la force de travail non récompensée par l’adoption de nouvelles technologies, alors que la révolution technique agricole n’est toujours pas une réalité devant des systèmes de production peu performants. Aussi, devant le faible développement des marchés agricoles est illustré par un large déficit commercial de –8,96 millions de tonnes en 2005 dans l’espace Prieca/AO contre –8,21 millions de tonnes pour l’espace Uemoa.

Au regard de ce tableau sombre en déphasage avec les aspirations des populations africaines et les ambitions face à la mondialisation, il est clair comme l’a souligné le coordonnateur général de la CMA/AOC, Baba Dioum, que « Nous ne pouvons continuer à proclamer que l’agriculture est la première priorité dans un tel contexte mais plutôt identifier les enjeux et tirer par voie de conséquence la sonnette d’alarme car les défis qui nous interpellent sont majeurs. » C’est là tout le sens, pour les responsables de la CMA/AOC, d’impliquer dans son action, les hommes des médias qui ont pris part à l’atelier de Bamako.


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